SCÈNE IX
HERBAÜT, LETOüRNEüR, MAXIME,
LA COMTESSE. '
MAXIME, A LetounMar*
Je n’ai pas recherché cette union... vous m’expliquerez au moins...
LETOUBNEUR.
C’est tout expliqué. Je t’adore. Patiente un peu, que diable I voilà tout, (a Herbaot.) Mon cher commandant, je ne m’attendais pas à la bonne fortune de vous voir ici.
HEBBAUT.
Je venais remercier le ministre de l’accueil réservé par lui à une communication que j’avais pris la liberté de lui faire.
LES INGRATS
LGTOURNEUB.
Vous commandant I Nous ne sommes pourtant pas ici au ministère de la guerre ?
HERBAUT
Aussi ne s’agit-il point d’une affaire militaire, mais de minéralogie Jout simplement...
LE TOURNEUR
" De minéralogie, il y a peut-être là une affaire ?
LA COMTESSE'
L’instinct !
LETOVRNSCR.
Le flair !
HERBAUT
J’avais toujours, étant en Afrique, étudié l’Algérie sous un point de vue assez inconnu... le sol; eh bien! un jour d’expédition, le hasard m’a fait découvrir...
LETOURNEUR
Une Californie ?
HERBAUT
Non, mais une mine de plomb argentifère qui enrichira ceux qui l’exploiteront.
LETOURNEUR
Et la mine n’est pas concédée ?
HERBAUT
Elle est ignorée I
LETOURNEUR
Une mine argentifère ! autant dire de l’argent monnayé ! Mais alors, commandant, il y a en effet là une affaire superbe !
HERBAUT
Oui, en employant les indigènes à l’extraction du minerai, en établissant des comm.unicalions... un chemin de fer... ce serait fort cher!
LETOURNEUR
Bah 1 le prix n’y fait rien ! il y a toujours des actionnaires ! Combien voulez-vous de votre découverte?
LES INGRATS
HERBAUT
Moi ! rien du tout. Si elle est bonne, l’État, auquel j’en ai fait part, l’exploile^'a comme il l’entendra, et s’il y trouve son profit, tant mieux pour nos caisses publiques, si elle est mauvaise, il ne s’en occupera plus et tout sera dit.
' Et tout sera ditl Vous ôtes étonnant, vous! Mais qui sait si ce n’est pas le Potose de votre idée. 11 y a là une fortune.
HERBAUT
Eh! bien, ramassez-la! fit remoale an (ond.)
LA COMTESSE
Vous partez, commandant ?
HERBAUT
Oui, bientôt.- Maxime, votre bras, un tour encore et je m’éloigne, (ils sortent. A LetoarneorI) Ramassez-la!
LETOURNEUR
La ramasser ! Mais certainement. Mais ce serait par trop bétel... On donnera le chemin de fer à l’État, moyennant la concession qu’il nous accordera! Allons bien! (Ine nouvelle demande à faire ! L’oreille du ministre! Il me faudrait les deux oreilles I... Ah ! M. de Bersacl...