‹ Bobinette, vaudeville en 1 acteChapitre 87 sur 106 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

HENRI, LA COMTESSE puis MAXIME.

LA COMTESSE & elle-mAme.

Maxime n’épousera point Geneviève ! Allons, c’est une partie perdue! Soif, j'inventerai autre chose.

HENRI

Voilà un petit monsieur que je châtierai !...

* LA COMTESSE^ irooiqae.

Oh! taisez vous, n’avons-nous point assez de notre guerre à nous î

HENRI, raillenr.

Eh bien! cette guerre-là?

LA COMTESSE, froDÎqne*

Elle commence mal, baron.

HENRI

Alors, malgré l’aide du commandant, vos batteries ?

LA COMTESSE

Éteintes.

HENRI

Vous en avez d’autres, certainement.

LA COMTESSE

Vous n’en doutez pas.

HENRI

Redoutables?

Je 1 espère.

HENRI

Alors, hâtez-vous de les démasquer. Je vais, dès aujour- • d’hui, demander franchement à M. Letourneur la main de sa fille.

LA COMTESSE

M. Letourneur doit à cette heure vous chercher pour vous l’ofifrir.

LES INGRATS

HENRI

En vérité, vous poussez l’anjabilité jusqu’à m’indiquer... C’est donc une trêve?

LA COMTESSE

Une suspension d’armes : on relève les morts.

HENRI

Les vôtres?

LA COMTESSE

Les miens. (Sileoce. Elle ra pour s’éloigner.)

ün mot encore, je vous prie, comtesse.

LA COMTESSE

Si vous aviez à me parler, vous pouviez le faire pendant le temps que vous venez de dépenser à essayer la portée de vos railleries.

HENRI

Un peu de poudre perdue, je le sais. Je n’étais cependant point fâché de vous faire entendre que votre ennemi, puisque nous sommes ennemis, se souciait fort peu de vos attaques et continuait à marcher droit à son but, malgré vous.

LA COMTESSE

Je sais qu’il est difhcile de vous faire perdre contenance. Votre père lui-méme, tout à l’heure, ne l’a pas pu.

HENRI

Vous voyez donc bien que vous devez rendre les armes.

LA COMTESSE

Un mot de cet homme, un seul, et vous baissiez le front comme sous une main de fer.

HENRI

Pourquoi ces menaces? Ce mot, le commandant Herbaut, ne le dira pas.

LA COMTESSE

Non, peut-être, mais quelqu'un à sa place pourrait...

HENRI, Iroidemtnl.

Vous, comtesse ? Je l’ai en effet redouté un moment. Ré-

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flexion faite, je suis rassuré. — Vous ne ferez pas cela. — Non pour moi je le reconnais, mais pour le commandant.

LA COMTESSE

Savez-vous que vous êtes effrayant? Avec une étonnante lucidité, vous comprenez ce qui est bien, et avec une terrible audace, vous faites ensuite...

HENRI

Ce qui est mal ? CVst qu’il faut s’entendre sur les mots. Le bien I Le mal ! Il y a aussi l’utile, ne l’oublions pas.

LA COMTESSE

Et le sens moral.

HENRI

Vous étés dure. Mais j’aime mieux vous voir sévère que maladroite. (MooTemeiit de la comtesse. )Oui, j’appelle maladresse, par exemple, la campagne engagée par vous contre moi, pour ce monsieur Latrade... Cela est médiocre. Comment ! la comtessede Rigny, une femme supérieure, déploie tout son esprit pour favoriser quoi? Le mariage d’un jeune... constructeur avec la fille d’un banquier! Sans flatterie, vos aptitudes sont au dessus de telles intrigues !... Fi I Vous aspirez à descendre !

^ LA COMTESSE

Non ! Mais je m’aperçois depuis longtemps que je suis tombée.

HENRI

Tombée ?

Avilie à mes yeux depuis que j’ai pu croire qu’il pourrait y avoir en vous autre chose qu’une âme de boue!

HENRI, après nn mouvement de Colère.

Un jour, comtesse, je vous ai déjà fait observer qu’une femme ne doit insulter un homme que lorsqu’elle a quelqu’un qui puisse répondre de ses injures. Eh bien ! désormais à la première parole outrageante, au premier mot de vos lèvres, j’irai droit à celui sur lequel vous appuierez votre bras et s’il

LES INGRATS 105

peut tenir un pistolet ou une épée, je lui demanderai s’il sait défendre la femme qui est à ses côtés.

LA COMTESSE

Et si celui-là est le commandant Herbaut?

HENRI

Ce ne sera pas le commandant Herbaut, vous le savez bien.

LA COMTESSE

Que voulez-vous dire ?

HENRI

Ce sera l’homme pour lequel vous mettez en jeu toutes les souplesses de votre esprit, toutes les ressources de vos inventions féminines, tous les désirs de votre vengeance.

LA COMTESSE

Taisez-vous ! Vous insultez deux êtres à la fois : un homme qui vous domine de tout son honneur et une femme qui n’a d’autre remords que celui de vous avoir rencontré. — Vous êtes un lâche!...

Malheureuse!... Eh bieni celui qui paiera vos injures, ce sera l’homme qui sans doute a pris ma place dans ce cœur ardent à me haïr, celui que je retrouve partout comme un rival, ce sera...

MAXIME, qai esteatré 8or le> deruièrei paroles. '

Que voulez-vous dire, monsieur?...

LA COMTESSE

Maxime, pas un motl

MAXIME

Vous, indignement insultée I

HENRI

Allons donci Enfin, j’ai devant moi un homme!

MAXIME

Et qui vous châtiera, vous qui outragez une femme.

HENRI

Le châtiment? Celui qu’il atteindra, c’est vousi... Vous êtes le champion de celle qui m’a traité de lâche. Eh bien t son injure, c’est votre sang qui la paiera!

LES INGRATS

MAXIME

Plutôt que d’insulter une femme, ce sang, je le verserais jusqu’à la dernière goutte.

Il E it R I, arant de aortir.

Vous serez à mes ordres.

MAXIME, oettemeDt.

Quand vous vpudrez ! (Heori son.)

LA COMTESSE

Maxime 1

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