SCÈNE VII
GRIVOT, puis GOULET.
GRIVOT.
Eli bien! en v’Ià de l’ouvrage! Et ce pauvre Goulet qui va savoir... J’ai envie d'aller le trouver... Mais comment lui faire avaler ça?..
GOULET, entrant A droite A reculons.
Voyons! Francine... (lo porte se referme brusquement). Oh I là là! mon nez! Eh bien! me v'ià gentil! Qu’est-ce que GrivOt va dire ? (tous deux se promènent en fredonnant l'air précédent . Ha se rencontrent et s’arrêtent sans rien dire*.)
GRIVOT.
'Tiens I te v’ià?
GOULET
Me v’ià. Te v’ià donc aussi?
* Grivot, Gonlet.
GRIVOT.
Comme ca-'-
GOULET
Nous v’ià tous les deux, alors.
GRIVOT.
C’est une occasion de boire un coup, (a p«n.) Ça m’aidera à lui faire couler la chose!...
goulet, à part.
Je vais pouvoir lui faire gober ça !
GRIVOT. Ils s'asseyent.
Tu viens donc de causer avec ta femme?
GOULET
Oui, j’y ai causé un brin.
GRIVOT.
C’est une bonne femme, ta femme.
Üh 1 bonne ! la tienne, à la bonne heure !
GRIVOT.
Je suis sûr que lu l’aimes bien.
GOULET
La tienne ?
GRIVOT.
Non. Francine. Je suis sûr que tu as confiance on elle, et que si on venait te raconter des bêtises sur son compte. . .
GOULET, à part.
Mais c’est qu’il ouvre le bec.. Si je pouvais y couler ça en douceur...
GRIVOT, à part.
Ça mord!... (Haut.) Il y a des imbéciles, des fois, qui croient tout ce qu’on leur dit.
GOULET
Heureusement, il y en a d’autres aussi...
GRIVOT.
Et tu es de ceux-là.
GOULET
Oh! moi, on viendrait me dire que, quand il pleut, il tombe de l’eau, je u’en croirais pas un mot.
Tout ça, c’est des cancans.
GOULET
Des ragots.
GRIVOT.
Sans compter que, 'dans les bavardages, on en met... haut comme les maisons.
GOULET
El que souvent il y a bien peu de chose...
GRIVOT, so levant et passant à droite*.
Rien du tout des fois. Et puis, quand il y aurait quelque chose, qu’est-ce que ça fait ? »
GOULET, so levant aussi.
Je le le demande.
GRIVOT.
V’ià-t-il pas une affaire! Ainsi une supposition qu’on danse avec une dame.
GOULET
Oui.
GRIVOT.
Il fait chaud, ou va prendre le frais... sous les arbres.
GOULET
Ou ailleurs.
* Goulet, Grivot.
a*) BOBINETTE.
GBIVOT.
On rigole, n'cst-ce pas ? on lui chippc son fichu du cou.
GOULET
Ou son ruban de ceiniure.
GBIVOT.
Ott son..... l’as bien dit ça. Et puis après?
GOULET
On sait bien que c’est pour rire.
GBIVOT.
Et qu’on ne veut pas lui en faire tort, pas vrai?
GOULET
Bien sûr !
GBIVOT.
El à preuve, on n’a qu’à le rendre. Voilà.
GOULET
Voilà. (Tous deui tirant un ruban de leur poche «t le présentent à l'autre, en détournant les yeux ) Quoi que c’cst qUC ça ?
GBIVOT.
Mais c’est le ruban rose de Basticnne!
GOULET
Le ruban bleu de Francine! (Éclatant en aangiou.) Canaille ! GRIVOT.
Tu m’as fait ça, toi, un ami I
GOULET
Il n’y a pas d’amis. Je vas te casser les reins, (ii se jette
Snr lui.)
GBIVOT, le ropouisant.
Tout à l’heure. Faut réfléchir.
GOULET
Tu m’us blessé dans mop houueur. Je suis uu iiotnnic dés Iionoré, à c'te Jieure.
GRIVOT.
l'h bien I et moi doue?
Nous somme:) deux hommes déshonorés.
GBIVOT.
C'est ça qu’il faut empêcher.
GOULET
N’y a qu’un moyen. Je vas te casser les reins, (il se préii
pile sur loi.)
GRIVOT, le repoussent.
Attends donc! comme tu es pressé ! Si on ne savait pas ce qu’il y a eu... c’est comme si que ça ne serait pas.
GOULET
Mais elle, elle le saura toujours bien... Pour Francine, je ne serai jamais qu’un...
GRlVOT.
Peut-être pas. J’ai une idée.
GOULET
Moi aussi. Je vas te les casser, (ii se jette sur lui.)
GRIVOT, l'arriUnt.
Eh I oh là I Drrr !