SCÈNE VU
Les Mêmes, BASTIENNE, FRANCINE.
FRANCINE, entrant de droite et les séparant *,
Goulet ! moQsieur Grivot, ne lui faites pas de mal.
BASTIENNE, entrant par le fond **.
Eh bien I qu'^est-ce qu’il y a ? on se chamaille ?
GRIVOT.
Mais non, c’est pour rire, nous jouons, (a Goulet, bas.) Viens donc et écoule, (lls remontent.)
BASTIENNE, i Francine.
Eh bien ?
FRANCINE
Il a du chagrin ; tout ça finira mal. Ils s’expliquent déjà tous les deux.
BASTIENNE
Plus vile que je ne croyais. Mais j'ai encore un moyen pour ça. Tu verras. D’ailleurs ils ont l’air d’accord.
GRIVOT, è Goulet.
Filons doux, et dis comme moi. (a Francine.) Vous avez fait ' de la peine à votre mari, madame Goulet.
GOULET, A Bastienne.
Il parait que vous avez bousculé ce pauvre Grivot. Vous avez joliment. . ,(se reprenant.) Vous avez eu joliment tort.
Vous trouvez, vous !
* Goulet, Grivot, Francine.
** Goulet, Grivot, Baslicnuc, Francine.
(;bivot.
Faut pas être si dur au pauvre monde, surloul quand on est fautif soi-méme.
FRANCINE à part.
Comme il me dit ça 1
GRIVOT, i part.
Filons doux. (Bas à Goulet.) Dis comme moi *.
Air : Ah ! mon parrain ! (Jolie parfumeu e.)
Faut avoir do l’ indulgence Pour les gens qu’ont des remords.
GOULET
Pour les gens qu’ont des remords.
GRIVOT.
Quand ça n’serait que pir prudence. . .
Qu’osl-c’ qui n’a pas ses p’iils torts ?
GOULET
Qu’est-c’ qui n’a pas ses p’tits torts ?
GRIVOT.
Quand on veut fair’ de l’esclandre ; El j’tcr des pierr’s au prochain. . .
GOULET
Et j’ter des pierr’s au prochain. . .
GRIVOT.
Il faudrait au moins les prendre Ailleurs que dans son jardin.
GOULET
Ailleurs que dans son jardin.
BASTIEXNE **.
(Parlé.) Qu’est-ce que ça veut dire, tous ces mols-là ?
A Bastienne, Goulet, Grivot, Francine.
** Bastienne, Goulet, Francine, Grivot.
GHlVOTj contmuanl l'air.
Oh mou chouchou I
COULUT
Mon gros loulou 1 ENSEMBLE.
MonlrC'loi donc gentille et bonne.
Oh ! mon chouchou !
Mon gros loulou !
fardonncz, pour qu’on vous pardonné. (Ter.)
BASTIENNE
Paraonner 1
FHANCINE.
Jamais I
BASTIENNE
Comme ça, tout de suite ! plus souvent I
GRIVOT.
Vous serez bien forcées de reconnaître notre innocence.
BASTIENNE
Je voudrais bien voir ça.
GRlVOT.
Tu vas voir. Mais d’abord, laisse-moi rire un peu; c’est si drAlel
BASTIENNE
Drôle, votre conduite ?
Je te dis que c’est à crever de rire. Demande plutôt à Goulet. Il 8c tord.
GOÜLET.
Je me tords, c'est le mot.
Il est si gai 1
FRANCINE
BASTIENNE
Mais parlez donci
Digltized by
GRIVOT.
Dire que vous avez cru!... oh! mais c’étail une gausscrie.
GOULET
C'élail pour voir.
GRIVOT.
Pas au Ire chose.
BASTIENNC.
Alors vous n’avez pas donné de rendez-vous.
Si.
FRANCINE
Alors vous n’y éles pas allés ?
GOULET
Si.
GRIVOT.
Seulement... voilà la farce, (ii rit.) Vous allez voir. BASTlENNa.
Eh bien?
Voilà la chose.
GRIVOT.
Même air.
C’était pour vous faire accroire.
Chacun d’ nous vous en contait
GOULET
Chacun d’ nous vous en contait.
. GRIVOT.
Mais j'avais, dans la nuit noire Cédé ma place à Goulet.
BASTIENNE
(Parlé.) llcin?.., oh!
El Grivoi me remplaçait.
FRANCINE
(pmié.) Oh ! mon Dieu !
CRIVOT.
C’élait une p’iile épreuve.
FRANCINE
Ah ! vous n’avez pas fait ça l
GRIVOT ET GOULET.
Si fait! nous avons fait ça.
BASTIENNE
Non, ce n’est pas vrai 1 La preuve?
GRIVOT, tirant le ruban.
La preuve? liens! la voilà.
BASTIENNE
(Parlé.) Plus de doule!
GOULET, même jeu.
(chanté ) Tiens ! la preuve, la voilà.
FRANCINE
(Parlé.) GVlait vrai!
GRIVOT.
Oh ! mon chouchou !
GOULET
Mon gros loulou I