MEMBRE DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE
« Cher et illustre citoyen, « Mon nom est réellement porté sur les listes électorales. Des clubs, des assemblées préparatoires, me
Indigné de cet échec, il secoue aux portes de Rouen, son ingrate patrie, la poudre de ses bottes, laisse reposer jus-
demandent, selon l'usage, une profession de foi. Vous savez que je suis prêt à donner ma vie pour la République; cela ne suffit pas pour entrer à l'Assemblée nationale. J'ai beaucoup lu, beaucoup vu, mais je n'ai pas assez approfondi les grandes questions qui vont être agitées. Vous le savez aussi, jusqu'à dix-huit ans j'ai été ouvrier tisserand à Rouen, ma ville natale. A cet âge seulement je suis sorti des ateliers, et, pour ma nouvelle profession, pour l'art si difficile du théâtre., j'ai, selon mes forces, étudié le cœur humain. Ce livre-là prenait lout mon temps.
(( Vous me connaissez peut-être mieux que je ne me connais moi-même. Croyez-vous que mon énergie, mon simple bon sens, une probité bien éprouvée, une volonté ferme d'appliquer maintenant toutes mes facultés, toutes mes heures, à l'étude de la science politique et sociale, puissent être utiles, au sein de la Constituante, à cette République que j'ai tant désirée? Votre décision sera ma règle. Si vous dites oui, fort de cette approbation, j'AccEPTEiui celle du pays; sinon je continuerai à suivre la République dans le silence de mon obscurité.
« Respect et dévouement.
• « Bocagl. »
BOCAGE Tî
qu'à nouvel ordre l'espoir des dignités républicaines que lui promet son étoile, et