Ameto
un ornement indispensable de la femme autant que les beaux vêtements, les pierreries étincelantes, les joyaux ; sans cette parure, une femme ne saurait passer pour véritablement belle. » On sait, au reste, que les Italiennes cultivaient déjà l'art de se blondir. Il ajoute que les sourcils doivent être noirs, bien arqués, assez rapprochés, les yeux graves, longs, de couleur sombre, les joues pleines sans être grosses ; il veut que le menton soit « creux au milieu », rond et pas proéminent, la poitrine blanche. Dans la Thêséide, comme on le verra, l'héroïne a les cheveux blonds, les cils noirs, les yeux brillants comme des étoiles, graves et longs, la bouche rieuse, encline au baiser, les lèvres fines, les dents de perle petites et bien rangées.
Si l'on dresse un tableau des attraits attribués aux sept nymphes de YAmeto, on trouve qu'ils sont les mêmes pour chacune : cheveux d'or relevés sur la tête et ceints d'une guirlande, sourcils déliés et bien arqués, nez aquilin, bouche vermeille, dents d'ivoire, poitrine large, épaules droites, doigts effilés '.
C'est là, au surplus, le type de la beauté que l'on retrouve partout, et l'on est en droit de se demander si Boccace ne l'a pas adopté, non en souvenir de sa belle, mais simplement pour se conformer aux idées courantes. Il est vrai que l'on peut supposer aussi que, si Maria d'Aquino a séduit Boccace et ses rivaux, c'est
i. Voir le tableau synoptique dressé par Travcrsi dans sa traduction de Landau. — Cf. H. Cochin, Boccace, p. 49.