‹ BoccaceChapitre 34 sur 112 · SOURCES DE LA THÉSËIDE · texte numérisé non relu

SOURCES DE LA THÉSËIDE

acheté un exemplaire qu'il s'était péniblement efforcé de déchiffrer'. Boccace s'est également inspiré de Y Enéide et souvent de la Divine Comédie ; parfois il la copie et parfois la paraphrase 2 ; il faut lui rendre cette justice qu'il choisit les morceaux où sont les vers les plus charmants3; la métaphysique du roman est empruntée à Dante.

i. Lettre Sacra: f amis, écrite « sub Monte Falerno » : * Nam cum pridem casu fortuitu pervenisset ad manus meas liber pulcerimus fraternas acics et Tcbanorum conflictum suis metribus demostrantem, emi pro pretio competenti

sed cum sine magistro vcl glosis intellectum debitum non attingam •* —

G. Traversari, Le Lettere autografe, p. 72. Pour le parallèle entre la Thcbaïde et la Théséide, voir Crescini, Contributo, App. au chapitre îx, p. 23o.

2. 11 emprunte à Dante la charmante comparaison des fleurs s'ouvrant au soleil levant. Dans le Filostrato, il l'avait copié textuellement :

(Dante, Inferno, chant 11. v. 127.)

Quali i fioretti dal notturno gelo Chinati e chiusi poi ch'l sol gl' imbianca, Si drizzan tutti aperti in loro slelo.

(Boccace, Filostrato, chant m, st. i3.)

Corne fiorctto dal notturno gelo

Chinato e chiuso, poi che il sol l'imbianca

S'apre e si leva dritto sopra il stelo.

Cf. chant 11, st. 47.

Dans la Théséide, Boccace amplifie le texte de Dante : « Telles les fleurettes fermées dans les prés parla froidure nocturne s'ouvrent toutes tant qu'elles son-t quand le soleil les réchauffe et font rire les prés par leur belle apparence, mêlées aux herbes vertes, se montrant joyeuses à ceux qui les regardent.... » Schmidt fait très judicieusement observer que l'onpeut déduire de cette double comparaison l'antériorité de Filostrato ; Boccace a sûrement commencé par l'imi tation littérale.

3. La Théséide a été traduite en grec moderne vers le commencement du xvi« siècle. — Voir J. Schmidt, La Théséide [Bibliothèque de l'École des Hautes- Études, fasc. XC1I (1892), p. 279].

On a vu aussi des ressemblances avec le Roman de la Rose; mais ce ne sont, ce semble, comme la description de la beauté d'Ëmilia, que des traits communs à tous les romans chevaleresques de l'époque'.

En revanche, Boccace, à son tour, a inspiré Chaucer, qui, dans ses Canterbury Taies, a arrangé l'aventure d'Ëmilia et de ses deux amants et, dans son Assembly of Foules, a copié mot pour mot sa description du temple de Vénus ; son conte intitulé : Queen Annelida and false Arcite n'est pas sans parenté non plus avec la Thésêide ; plus tard Dryden a fait sien le poème de Boccace dans Palemon and Arcite.

Fiammetta fut-elle réellement frappée, comme le dit le poète, « de la force d'amour qui était dans les héros » du poème3 et en sut-elle quelque gré à Boccace, il ne le semble pas.

Boccace ne se contentait pas de traduire ses sentiments dans des romans ; il s'épanchait en vers tels que ceux-ci :

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