‹ BoccaceChapitre 41 sur 112 · Della Torre, La Giovine^a di G.Boccaccio, chap. X · texte numérisé non relu

Della Torre, La Giovine^a di G.Boccaccio, chap. X

vendit 300 florins d'or par acte du 5 novembre 1339 passa entièrement à désintéresser ses créanciers. La dot que lui avait apportée sa femme Margherita était dissipée ; sa famille se trouva réduite à un état voisin de la misère. Boccaccino dut suspendre les subsides qu'il envoyait à son fils, et celui-ci se vit contraint de quitter le séjour de Naples pour une habitation située dans la campagne, au pied du mont Falerne ; il se trouvait là tout près du tombeau de Virgile1, en un lieu que lui-même décrit comme d'un aspect charmant : « Le sommet du mont, dit-il, était une prairie revêtue de fleurs et de plantes charmantes à voir 2 » (Filocopo, II, 23.) Mais Boccace s'y sentait en exil. Dans une lettre écrite précisément sub monte Falerno3, il se plaint de vivre au milieu des ronces et des exhalaisons des cavernes voisines, de manger la même nourriture que les paysans et de ne voir que de la boue. Ses amis n'étaient plus là pour le réconforter. Acciajuoli, dont l'exemple l'avait conduit à Naples et qui s'y était acquis rapidement richesses et honneurs, avait dû partir pour la Morée, où l'appelaient les intérêts d'une femme dont il était le tuteur et avait été l'amant (10 octobre 1338). Un autre de ses amis l'avait

1. Lettre adressée au duc de Durazzo, le 3 avril i33g : « Data sub Monte Falerno, apud busta Maronis Virgilii ». Autre lettre dont on ignore le destinataire, en date du 28 juin i33g. — G. Traversari, Le Lettere autografe, p. 55 et suiv. Ces deux lettres sont souvent classées parmi les apocryphes.

2. Dans le Dictionnaire géographique, il dit: « Falernus Campaniœ mons est optimi vini ferax. » Pétrarque parle de même. [Famil., Y, .4.1

3. Lettre sans date : « Cuidam viro militi ». iCorazzini, p. 45i.)

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vilainement trahi, s'il faut en croire le texte d'ailleurs obscur d'une lettre adressée à un inconnu et qui, au surplus, n'est peut-être pas authentique '.

Sur ces entrefaites, la femme de Boccaccino, Margherita, mourut ; les enfants qu'il avait eus d'elle étaient morts également, à l'exception d'un seul, Jacobo, en sorte que le vieillard « chargé d'ans, privé d'enfants et sans espérance d'en avoir jamais », se trouva tout à fait seul. Il appela auprès de lui son fils. Boccace, s'il raillait son père sur son appétit du lucre, n'en était pas moins un bon fils et devait écrire plus tard dans les Infortunes des Hommes Illustres : « Sachons endurer le joug de nos pères, honorons avec une extrême révérence leur tremblante vieillesse2. » Il partit tout aussitôt, en novembre ou en décembre 1340 3, bien qu'il lui fâchât fort de quitter un lieu où tout était « beauté, noblesse, exquise bonne grâce, amour », pour aller vivre dans « la mélancolie et la tristesse » et s'enfermer en une maison « obscure et muette, où l'on ne riait jamais ou presque jamais ». (Ameto.) Autant Naples était calme et gaie, autant Florence était

1. Lettre Nereus amphitritibus. — G. Traversai»!, Lettere..., p. 55.

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