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Lettre en date du 12 décembre i35i

(IOI)

qu'il franchît les Apennins et craignirent d'être livrés à ses entreprises sans pouvoir se défendre. Or Charles IV venait avec l'assentiment et l'appui du pape ; on le surnommait « l'empereur des prêtres » ; les Florentins ne virent donc d'autre recours dans leur extrémité que de s'adresser au pape, « leur unique et singulier refuge », disaient-ils maintenant, et de l'assurer que jamais leurs sentiments n'avaient varié à son égard, et ce fut, par un choix singulier, Boccace qui alla lui porter ces assurances que sa récente ambassade auprès du Bavarois devait pourtant assez démentir'.

On peut présumer que cette ambassade ne donna aucun résultat, car, six mois après, quand Charles IV se trouvait déjà à Udine, le notaire Dietifece di Michèle Gangalandi fut envoyé à Avignon avec des instructions identiques. Celui-ci rapporta à tout le moins une lettre du pape assurant les Florentins que l'empereur venait en Italie seulement en vue d'y établir la paix.

Mais l'illusion ne dura guère, et ce dut être pour le patriotisme de Boccace une dure épreuve que de voir Charles IV vendant aux cités leur liberté, trafiquant de leur indépendance et s' enrichissant aux dépens de l'Italie.

i. Lettre de la Commune accréditant à Avignon « Jean de Certaldo», en date du 28 avril 1354.

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