‹ BoccaceChapitre 49 sur 112 · AMBASSADES · texte numérisé non relu

AMBASSADES

étaient précisément en hostilité avec l'archevêque de Milan; le pape, dont ils s'étaient flattés d'avoir l'appui, les avait abandonnés et, moyennant deux cent mille florins d'or, il venait de donner pour douze ans la ville de Bologne à Visconti '. Les Florentins alarmés se tournèrent alors vers le duc de Bavière, Louis de Brandebourg, devenu récemment seigneur du Tyrol, et qui, peu aimé dans son pays, fort besogneux, excommunié d'ailleurs, accepta avec empressement leurs avances. Ce fut Boccace que l'on choisit cette fois encore comme négociateur ; il reçut une lettre pour Conrad, duc de Teck, lequel était venu à Florence en 1341*. La négociation s'engagea favorablement, et un des familiers du prince, Diapoldo Katzensteiner, vint à Florence pour la poursuivre ; mais telles furent les exigences allemandes que rien ne put être conclu. Force fut donc aux Florentins d'en venir à un accord avec Giovanni Visconti (paix de Sarzana, avril 1353). Ils s'engageaient à ne pas intervenir dans le Milanais, moyennant quoi le seigneur de Milan prenait un engagement réciproque en ce qui concernait la Toscane. Mais cet arrangement tourna contre eux quand l'empereur Charles IV descendit en Italie pour se faire couronner à Rome ; ils se trouvèrent empêchés de mettre obstacle à sa marche avant

1. Muratori, R. Italie. Script., XIV, 162. La comtesse de Turenne fut intéressée à la négociation. M. Villani parle longuement de la grande puissance du seigneur de Milan (Ibid., p. 91); il en est de même de Pogge dans son histoire de Florence. At. de Hortis, Boccaccio Ambasciatore in Avignone, Trieste, 1875.

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