‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 146 sur 199 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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HAUVKTTE. — Boecace. *"

ment du peuple l : toute forme de tyrannie lui l'ait horreur, qu'elle s'exerce au bénéfice d'un aventurier comme le duc d'Athènes *, ou pour satisfaire les appétits des parvenus qui dominaient alors à Florence. Car la forme du gouvernement n'est rien; les mœurs sont tout; et Boccace était intimement persuadé que les mœurs politiques des Florentins étaient mauvaises ; nourri de Dante, il reconnaissait partout les effets désastreux des « trois étincelles qui ont embrasé tous les cœurs », c'està-dire l'orgueil, l'envie, la cupidité3. De là viennent l'esprit d'intrigue, l'insupportable confiance en soi et le désir perpétuel de changement, chacun nourrissant l'espoir d'être à son tour appelé aux honneurs.

Boccace haïssait ces marchands enrichis, qui, délaissant du jour au lendemain les vertus populaires, imitaient l'insolence des grands 4. Son épitre à Messer Pino contient de vigoureuses attaques contre ces citoyens malhonnêtes : « Soucieux de leur intérêt particulier et non du bien public, ils ruinent et asservissent cette ville que nous appelons la nôtre, mais dont nous finirons, si elle ne s'amende pas, par ne plus vouloir être appelés citoyens. » Que dire des goinfres, des ivrognes, des

1. « Sotto legge plebea » (Amcto, p. 181 de l'éd. Moutier). On trouvera dans Hortis (Studi, p. 140-145) de nombreux textes de Boccace relatifs à cette question. F. Macri-Leone a également consacré une étude à La Polltica di G. Boccaccio (Giorn. stor'uo, t. XV, p. 79).

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