‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 145 sur 199 · Decam., VI · texte numérisé non relu

Decam., VI

3. La date 1366 pour l'églogue XVI est à peu près certaine; voir Giorn. storico, t. XXVIII, p. 164-165, et O. Hecker, Boccaccio-Funde, p. 69, n. 1. En tout cas l'églogue a été composée à Certaldo.

BOCCACE A CEHTALDO 385

(Silvanus) ne cessait de lui renouveler S il s'écriait : « Que deviendrais^] e si Silvanus me traitait de même? La mort ne vaudrait-elle pas mieux? C'est folie de tenter les dieux! » — paroles injustes pour Pétrarque, comme on l'a remarqué avec raison2, mais qui reflètent bien l'état d'esprit dont s'inspirait la lettre à Messer Pino. A ce moment, le programme de Boecace, pour jouir pleinement des douceurs de l'amitié, se résume ainsi : faire quelques visites à Pétrarque, correspondre beaucoup, penser constamment à lui.

Sur un autre point encore, l'épitre à Pino dei Rossi apporte quelques précisions touchant les sentiments de Boecace : il s'y exprime très librement sur les hommes qui gouvernaient Florence. Le conteur avait toujours dénoncé avec indignation la turbulence de ses concitoyens, au point que, dans la Fiammetta, il avait exalté, en face du régime démocratique, les bienfaits d'une monarchie comme celle de Robert d'Anjou3. Mais cette boutade, bien naturelle de la part du jeune poète qui avait savouré à la cour de Naples ses plus brillants succès, n'exprime pas, tant s'en faut, le dernier mot de ses préférences politiques. Au fond, Boecace resta toujours, ce qu'il était par la naissance, un « popolano » ; un des lieux communs qu'il a développés, en latin et en italien, avec le plus d'insistance et de conviction, est l'absurdité du préjugé nobiliaire : le mérite personnel est la seule noblesse devant laquelle il s'incline. Un de ses héros favoris est le plébéien Marius. Boecace est l'adversaire des grands, et il est fier que Florence ait atteint un si haut degré de prospérité sous le gouverne-

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