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viveur mourut de misère. Boileau, dans sa première Satire , a fait son oraison funèbre en douze vers ;
Saiut-Amaut n'eut du Ciel que sa veine en partage. L'habit qu'il eut sur lui fut son seul héritage ; Un lit et deux placets ^ composaient tout son bien ; Ou, pour en mieux parler, Saint-Amant n'avait rien. 'Mais quoi? las de traîner une vie importune, Il engagea ce rien ' pour chercher la fortune , Et, tout chargé de vers qu'il devait mettre au jour, Conduit d'un vain espoir il parut à la Cour Qu'arriva -t- il enfin de sa muse abusée?
Il en revint couvert de honte et de risée ; Et la fièvre, au retour, terminant son destin, Fit par avance en lui ce qu'aurait fait la faim.
Quiille avait été l'occasion de cette brusque disgrâce ? Dans un poème intitulé la Lune parlante, il avait cru faire sa cour en vantant l'adresse du Roi à nager, parce que le Roi , en sa jeunesse, étant à Saint -Germain, s'exerçait dans la Seine. Ce genre de louange déplut au Roi ; les bavardages indiscrets de la Lune parlante firent congédier le pauvre poète. Au reste, quoi qu'en dise le satirique, a le bon gros, gras, gris Saint- Amant », comme on l'appelait, — gris surtout, c'était là son ordinaire, — mourut plutôt de ses excès et de ses « crevailles i> , que de faim. Mais il est bien possible