‹ Boileau et Silvie; Mlle de Bertouville et les PoncherChapitre 9 sur 9 · I. Laurent-François, Rodolphe · texte numérisé non relu

I. Laurent-François, Rodolphe

père de M"» sans postérité connue. Poncher de Bertouville

Denise, ép. en 1655 Nicolas Poyrel de Grandval,

Marie ép. un baron de

(Silvie)

huissier du cabinet

de la reine,

mort en 16^4.

Caule (?),

Catherine,

Charles P. de Grandval,

ép. en 1680, Pierre Dufort,

del

huissier du cabinet a reine, fermier général.

maitre des Comptes, mort en 1692 sans enfants.

ép.

en 1664 Marg. Lecourt, meurt en 1716.

Elisabeth, P. de G.

Marie- An ne-Thérèse P. d

le G.,

ép. en 1694 Jean Dufort, neveu de Pierre,

ép. Jean Dupuis, trésorier de la

maître des Compte;

maison du roi.

mort en 1743.

mort en 1724.

Joseph-Pierre Dufort, Elisabeth-M

arie.

Dupuis de Valière

maître des Comptes, dite M"» Dufort, ép. en 1729 Agnès- morte Françoise Soullet, en 1745.

ép. M. A. C.

Ruau du Tronchot,

meurt en 1745.

Jean-Nicolas Dufort,

Dupuis de Marcé,

deux filles

comte de Cheverny,

cons.

conseiller

introducteur des ambassadeurs

(17JI-1802), ép. en X75S A. M. E. Le Gendre

au Parlt

de grand chambre, guillotiné en 1794.

1649, mourut en 1654], et de son mariage sortit un fils, qui fut fermier général.

« Cet homme vertueux [Charles, précité] et de premier mérite, extraordinairement religieux,, . fonda la prière de sept heures dans la paroisse de Saint-Roch, où notre sépulture, derrière l'autel, a servi jusqu'à la dissolution des cultes, la dévastation de l'asile des morts,

« Pierre Dufort, beau-frère de ce M. de Grandval, engagea son frère, vivant à la Gorse, à lui envoyer son fils unique [Jean], le fit pourvoir d'une charge de maître des Comptes [1692], et le maria dans l'année [en 1694 seulement] avec M"® de Grandval [Catherine], fille aînée du fermier général, et sa propre nièce. C'est de ce mariage qu'est sorti mon père, Joseph-Pierre Dufort. Je suis arrivé au monde quatre ans après la mort du dernier Grandval, [Jean-Nicolas, l'auteur des Mémoires, est né en 1731, donc quinze ans, et non pas quatre, après la mort de Charles de Grandval], J'ai vu encore les traces de leur opulence et de leur modestie ; j'ai vu l'appartement d'honneur de Mm» de Grandval, fille Pencher [Denise, fille d'Abraham], femme qui paraissait fort attachée à sa naissance [sachant mal en ce cas l'histoire de sa branche], et l'estrade antique sur laquelle était son lit de parade [exhibition d'un luxe sans doute récemment acquis].

« La seconde fille de M. [Charles] de Grandval [Marie-Anne-Thérèse], épousa M, Jean Dupuis [trésorier de la maison du roi, mort en 1724, elle en 1734], dont est sorti M. Dupuis, président au Grand Conseil, qui. . . eut deux fils et deux filles, avec qui j'ai été élevé. L'aîné [Dupuis de Valière], conseiller au Parlement, est mort sans enfants ; le second, Dupuis de Marcé, d'abord officier aux gardes, ensuite conseiller de grand-chambre, a péri à la Révolution sur l'échafaud ».

Voici enfin un passage où Dufort déclare qu'il a épuisé l'histoire de ceux qu'il appelle sans distinction les Poncher.

« Ce fut vers ce temps [de 1764 à 1787, à l'estime de l'éditeur des Mémoires], qu'il fut mis dans les Affiches de Paris [où je ne l'ai pas retrouvé] un avis conçu à peu près en ces termes : « On désirerait savoir s'il reste des descendants de la « famille Grandval, dans laquelle s'est fondue la maison des Poncher, pour une 0 succession qui s'est ouverte à l'instant », [Dufort et son cousin germain Dupuis de Marcé se présentent]. Voici ce qui était arrivé : M. le baron de Caule venait de mourir à Loudun [rien ne constate son décès à l'état-civil de Loudun, ni sa succession au bureau du contrôle], âgé de soixante ans, laissant une veuve avec ses droits. Pour les assurer, il fallait qu'elle fit constater qu'il n'existait pas d'héritiers directs. Or, Mme de Grandval, Poncher [Denise] de son nom avait une sœur mariée à un baron de Caule, la succession nous revenait donc directement ».

Une sœur de Denise ? Nous l'avons vue, c'est Marie : nom ignoré de Dufort et de son commentateur. Mais une fille d'Abraham de Poncher, sœur de M"»» de Grandval, que nous savons s'être mariée en 1633, n'a pas pu épouser elle-même un homme qui mourut un siècle et demi après. Les prétendues explications de Dufort escamotent cet intervalle : que l'on compte les générations écoulées de Denise à Dufort de Cheverny ; c'est d'un pareil temps qu'il faudrait nous rendre

compte. J'avoue n'être pas en mesure de combler cette lacune ' . Conclusion de l'incident enfin, sous la plume de Cheverny : v Nous donnâmes nos procurations à nos gens d'affaires, qui se transportèrent à Loudun. Tous frais faits, et après avoir comblé la veuve de procédés, il nous revint une trentaine de mille livres à chacun. Mais ce que nous avions intérêt surtout à constater, c'est que l'ancienne maison de Poncher, les titres, les armes, le reste de la fortune étaient passés dans nos deux familles, comme héritiers directs de leur rang, sans que qui ce soit y pût prétendre. Un conseiller d'État et un évêque, qui avaient changé leur nom de Ponchet en Poncher par la transformation d'un / en r, avaient élevé des prétentions ; mais elles se sont évanouies, n'ayant pas laissé d'héritiers ».

Dufort ignore à un point incroyable l'histoire de ces Poncher, dont il a réclamé « les titres, les armes », et dont il obtint, pour sa part, « le reste de la fortune ». Les Ponchet se transformant en Poncher sont purement imaginaires. Le conseiller d'État qu'il allègue ne peut être que Claude-François, que nous avons rencontré au chapitre précédent, sous le nom très authentique de Poncher, parmi la souche parisienne. Je rappelle qu'il mourut en 1768. Quant à l'évêque, comme il ne peut s'agir d'un des trois prélats tourangeaux du xvio siècle que l'on a vus, je ne sais l'identifier. Cependant la dernière remarque de Dufort est juste : la recherche par la voie de la publicité des héritiers de la « maison des Poncher » n'a fait surgir, en dehors de lui et de son cousin, aucun prétendant sérieux ; donc, Sauf cette exception, ni le rameau loudunois ni le rameau parisien des de Poncher, qui avaient continué la souche des de Ponchier avec la brisure dite, n'avaient plus de représentants. Comment finirent les descendants de cet Anselme qui faisait reconnaître sa noblesse en 1714? due devinrent Claude et Rodolphe, le frère et l'oncle de Silvie ? Nous ne savons où leur jeter une dernière pelletée de terre.

(i) Je n'ai pas retrouvé cette famille. Caule, géographiquement, peut être un hameau des Landes, de la commune de Saint-JuIien-en-Bom ; ou Caulle-Sainte-Beuve, une commune de la Seine-Inférieure. Ange de Caule, banquier lucquois est signalé par Lefeuve (Les Anciennes Maisons de Paris, V, 42), comme locataire de la maison des Patriarches, au Champ d'Albiac, vers le milieu du xvi* siècle. Enfin j'ai eu connaissance d'un inventaire du 6 mai 1613 (Minutier de M. Ch. Chanipetier de Ribes notaire à Paris) fait après la mort de « Louis Morel, baron de CauUe, grand prévôt de la connétablie et maréchaussée de France», et où figure, parmi ses héritiers, Mlle «Emonde Morel», sans doute sa petite fille, « demeurant ordinairement à Caulle ».

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