LES SOCIALISTES DEFIENT LES BOLCHEVISTES
Le 13 juillet, 1918, le parti des Socialistes-Révolutionnaires et le Parti ouvrier Social-Démocratique Eusse ont lancé un appel aux Socialistes d'Europe et proposé l'envoi en Russie d'une commission socialiste internationale chargée d'y faire les investigations nécessaires pour répondre aux questions suivantes:
1. — Avons-nous raison, oui ou non, de dire que le gouvernement boîehéviste a dégénéré en un instrument réactionnaire qui, bien que se couvrant des mots "la volonté des ouvriers et paysans", n'hésite pas à adopter les mesures d 'oppression les plus extrêmes et les plus violentes contre ces mêmes ouvriers et paysans *
2. — Avons-nous raison de dire que le gouvernement boîehéviste n'a pas maintenant d'autre but que de se maintenir à tout prix au pouvoir et que, pour atteindre ce but, il est prêt à sacrifier toutes les conquêtes de la Révolution, et se retranche derrière un système de terreur dirigé non contre la bourgeoisie, mais contre les autres partis socialistes et la masse du prolétariat et des paysans représentée par ces derniers, et que, finalement, pressé de se justifier aux yeux du vainqueur étranger, il n'a pas hésité, au sujet de l'incident de Mirbach, à étaler à ses pieds les cadavres de 200 de ses propres compatriotes socialistesrévolutionnaires ?
3. — Avons-nous raison de dire que le bolchévisme n'a rien fait pour appliquer les principes socialistes et n'a réussi seulement qu'à ruiner l'industrie et à produire le chômage et la famine universels!
4. — Avons-nous raison de dire que le gouvernement boîehéviste nous interdit toute possibilité de discuter librement et de lutter pour ce que nous considérons la seule chance de salut de la Kussie, c'est-à-dire, la convocation d'une Assemblée Constituante et la restauration du mode populaire d'administration locale — l'administration aux mains du peuple?
5. — Les bolchévistes ont-ils raison d'affirmer que tous les autres partis socialistes russes ne cherchent pas à délivrer les classes ouvrières de l'oppression despotique d'une petite minorité, mais que, de concert avec les bourgeois et les éléments monarchistes, ils veulent provoquer dans le pays une contre-révolution?
Cet appel fut signé, pour le parti Socialiste-Révolutionnaire, par Nicholas Rusanev, et, pour le parti Social-Démocratique, par Axélrod, deux chefs vétérans du mouvement révolutionnaire en Russie.