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CHAPITRE III

PROBLEMES OUVRIERS ET LEUR SOLUTION

|jj OUS connaissez maintenant les horreurs sanglantes du bolchévisme. Elles prouvent que la tyrannie est rendue possible par la faiblesse morale de l'homme. Ce fléau général a été dénoncé par le Congrès International socialiste et travailliste qui a eu lieu à Berne, Suisse, en février dernier, auquel j'avais l'honneur d'assister comme l'un des délégués du Congrès des Métiers et du Travail du Canada. Pendant que le radicalisme outré projetait la désorganisation sociale, le syndicalisme ouvrier, au lieu de pousser à la rébellion, cherchait à supprimer le bolchévisme en essayant de s'interposer entre les deux dictatures, celle du travail et celle du capital, pour obtenir la coopération des deux.

Le bolchévisme fera peu de progrès dans l'esprit de l'ouvrier organisé s'il n'est pas exploité et que sa vie vaille la peine d'être vécue.

Il faut que toutes les classes envisagent carrément le problème, c 'est la révolution ou la réforme sociale. En dissimuler les terreurs serait extrêmement insensé ; atténuer les conditions qui existent non seulement en Europe mais ici même serait pure démence.

Ouvriers, financiers, capitalistes, patrons, rois (et ils sont aujourd'hui rares), premiers ministres, présidents, publicistes, membres du clergé, tous cherchent la solution du problème lorsque cette solution nous l'avons sous la main.

Le problème est d 'éliminer le parasite. L 'oisif ne vaut pas mieux qu'un mort, tout en prenant plus de place. Celui qui vit du travail des autres est une menace pour la société et pour lui-même, et le chef de famille qui travaille de ses mains et de sa tête doit être allégé de son fardeau.

C 'est le capital — non pas le TRAVAIL ORGANISE — qui a semé ce qui produit aujourd'hui le malaise et le mécontentement. Les problèmes que nous avons à résoudre sont considérables, d'une importance vitale et de solution difficile. Nous ne pouvons pas espérer les résoudre par des efforts intermittents ou par une rébel-

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lion insensée. Le bolchévisme qui empoisonne actuellement le monde et qui pousse les hommes à la folie et au désespoir n'accomplira rien; c'est le travail qui triomphera par l'union persévérante qui conduit au succès. ,

Pour éviter l'esprit de révolte et la terreur qui menacent partout et ici même, il faut d'abord faire disparaître l'irritation dont se nourrit le mécontentement, et appliquer au travail de construction l'énergie tentée de se manifester par la violence et par la destruction.

Cette force constructive, c'est le grand mouvement "tradeunioniste" international. Il est opposé au bolchévisme du patron aussi bien qu'au bolchévisme de l'ouvrier. Il représente vraiment le travail et ce qu'il y a de meilleur dans la société. Il défend la liberté, la justice et la démocratie contre le terrorisme, l'injustice et l'autocratie. Le plus tôt les patrons réactionnaires de tous pays — et du Canada en particulier — le comprendront, le mieux ce sera pour tous les intéressés et pour le pays en général. La plus grande partie du désordre provient du fait que quelques-uns sont trop imbus de leur conception particulière et ne veulent pas se soumettre au verdict de la majorité. Le "radical" comme le "réactionnaire" est impatient, et, presque toujours intolérant.

Le fait que des hommes mêlés au mouvement ouvrier depuis des années n'acceptent pas d'emblée des innovations qui ébranlent profondément l'organisation à laquelle eux et leurs camarades doivent tout, n'a rien d'extraordinaire. Ils ont tant vu de leurs compagnons durant la dernière décade se bercer si souvent d'illusions pour revenir ensuite aux méthodes simples et pratiques de chaque jour, qui produisent des résultats, qu'ils réfléchissent, non seulement une fois mais plusieurs fois, lorsqu'on leur demande d'accepter quelque doctrine nouvelle qui doit conduire l'ouvrier dans le Nouvel Bden du jour au lendemain. La plupart des syndicalistes — et je suis moimême de ceux-là — qui ont été dans le mouvement un certain nombre d'années ont passé la période des illusions. On trouvera ici leurs conclusions, résultat de la dure et froide expérience, qui est la 1 1 MEILLEURE ECOLE DU MONDE".

Résoudre tout le problème ouvrier est certainement une grosse tâche, mais elle peut être accomplie avec la coopération de tous ceux qui ont à coeur le bien-être et l'intérêt du peuple. L'un des plus

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efficaces moyens de coopération est de prêcher l'adoption par tons les pays civilisés de la nouvelle charte internationale du Travail rédigée et complétée après de longues heures d'études et de longjours passés à coordonner les meilleures idées modernes en matière de législation sociale, au Congrès Syndicaliste International, à Berne, Suisse, en février dernier, et adoptée ensuite par la Conférence Socialiste et Ouvrière Internationale au même endroit.

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