‹ BologneChapitre 14 sur 20 · C.irracht · texte numérisé non relu

C.irracht

; Hercule encouragé par la vertu ; fresque. Palais Sampieri.

Afin de confirmer le succès de la nouvelle école et de combattre les tentatives, toujours à craindre, des naturalistes et des idéalistes, les Carrache ouvrirent une Académie. Pour marquer leurs regrets du passé et leurs espérances actuelles, ils la nommèrent AccadcDiia dcgli Dcsidcrosi: plus tard. dcgV Incamininati, quand ils la virent en marche vers le succès; puis, après que le succès fut définitivement acquis, tout simplement V Académie des Carrache. Leur enseignement était public. Il se formait par des sortes de cours où tout ce ciui, de près et de loin, se rattachait à la peinture, formait l'objet d'expositions, de démonstrations et de commentaires. Louis avait, en sa qualité de chef, la haute main sur les études. Annibal développait les règles du dessin, de la couleur, guidait le crayon et le pinceau des débutants. Augustin s'occupait de l'histoire de l'art, parlait de la perspective, de l'anatomie, de l'architecture, sur lesquelles il composait des traités, des poèmes et des sonnets.

Parmi les œuvres d'Annibal, à Bologne, il faut citer: le Baptciiic de Jésus soies inie gloire d'anges, dans l'église Saint-Grégoire; un Christ en Croix avec la Vierge et les saints François, Jean et Pétrone, qui se voit à Saint-Xicolas. 31entionnons aussi les fresques de l'oratoire de S. Pellegrino où l'on retrouve sa manière large et abondante du palais Farnèse, et les figures, encore assez bien conservées, dans les piédouches des arcs du vieux cloître, au Collège d'Espagne. Mais c'est surtout à la Pinacothèque que 1 on pourra le mieux étudier Annibal Carrache. Trois de ses toiles sont particulièrement intéressantes. La première représente V Assomption de la Vierge. La seconde toile, a pour sujet la Madone assise sur un piédestal et caressant l'Enfant et saint Jean. Au bas du trône on aperçoit l'évangéliste Jean et sainte Catherine.

Nous donnons ci-contre la reproduction de son troisième tableau ; Madone dans la Gloire.

Parti pour Rome en 1593, Annibal ne devait plus revenir à Bologne. Après son intéressante décoration du palais Farnèse. qui lui fut paj'ée par le cardinal Odoardo d'une façon dérisoire, il passa ciuelque temps à Xaples où il peignit, entre autres œuvres, le Christ mort sur les genoux de la \ ierge, aujourd'hui au Louvre. Revenu à Rome, il y mourut à quarante-neuf ans.

Augustin est surtout connu ])ar son tableau : la Coininuniou de saint Jérôme, qui est à la Pinacothèque, et que devait faire oublier quekjues années plus tard, la toile de Dominiquin. Ses autres œuvres, à Bologne, n'ont qu'une valeur secondaire. Néanmoins, on peut croire, en considérant l'ingéniosité des scènes de cet artiste, qu'il aurait i)u

PEINTURE

acquérir en peinture une vraie maîtrise s'il ne s'était laissé détourner de cette voie par ses travaux de gravure. A cet égard, son Saint-Jérôme dans le désert, son portrait du Titien, aaPieta, d'après Michel-Ange, ne sont pas indignes de Marc-Antoine et égalent les œuvres de Bonasone et du iMantouan.

Atiiiibal Carrache : Madone dans la gloire. Pinacotlicque.

Augustin ('arrache finit sa vie à Parme où l'avait appelé le duc Ranucio 1, frère du cardinal Farnèse. 11 ne peignit plus, ne grava désormais c^ue des sujets pieux et se retira, peu avant sa mort, dans un couvent de Franciscains.

Fouis devait survivre de dix-huit ans à Augustin et de dix ans à Annibal. Ses œuvres à Bologne sont les plus nombreuses. Contentonsnous d'insister sur quelques-unes, et d'abord sur la Miulonr des Pauvres, considérée avec raison comme son chef-d'œuvre, et qui se voit à la

Pinacothèque. Ce tableau se ressent fortement de l'influence du Corrège. Un autre, daté de 1588, également à la Pinacothèque, montre la Madone ass/se sur un trône et serrant son fils contre son cœur ; deux saints et deux saintes sont à genoux sur les degrés; trois gracieux petits anges jouent des instruments; quelques-uns, les ailes éployées, répandent des fleurs, brûlent de l'encens et tiennent une couronne; dans le lointain on aperçoit Bologne.

Une toile qui rappelle la manière de Paul Véronèse est la Prcdication de saint Jean dans le désert (Pinacothèquei .

Parmi les œuvres de Louis Carrache disséminées dans les églises, le Martyre de sainte Ursule^ à Saint-Léonard, est malheureusement noirci; mais cette composition se ressent de la triiile influence des stj'les vénitien, lombard et de l'école romaine. On trouve, à Saint-Georges (chapelle majeure), une gracieuse Annonciation que n'aurait pas désavouée Raphaël, et, au Corpus Domini, une toile représentant les Apôtres aiitonr du tombeau de la Vierge montée au eiel, qui offre une parenté étroite avec l'œuvre d'Augustin à la Pinacothèque. Deux belles œuvres encore : Pierre avec la Vierge pleurant la mort du Christ (sacristie de Saint-Pierre), le Paradis, église vSaint-Paul. 31entionnons aussi : saint Rocit infirme consolé par l'ange, église Saint-Jacques; saint Raymond voguant sur la mer dans son manteau, et quelques nivstè/'es du Rosaire, à Saint-Dominique.

Louis mourut à Bologne à soixante-quatre ans.

L'école des Carrache fut continuée par des peintres de talent. PlusicurN (1 entre eux, commi^ Tiarini, Cavedone, Doinenico Zampieri, Guido Reni, Albane, Guerchin laissèrent un renom mérité.

Alessandro Tiarini (1577-1668) qui avait été d'abord l'élève de Prospère Fontana et Cesi, puis celui de Passignano à Florence, devint lun des disciples les mieux doués des Carrache.

Si l'on veut avoir une idée précise de sa peinture, qu'on regarde la Déposition du Christ, à la Pinacothèque. L'n autre tableau ayant pour sujet la Résurrection d' un en/'ant par saint Dominique, dans la chapelle du saint, église .Saint- 1 )oniiiiii[ue, et la ccjlossale composition de la Nativité, à .Saint-Sauveur, transept gauche, méritent une mention élogieuse. Personne d'ailleurs n'excelle comme Tiarini à traduire la tristesse. La Piefa de la Pinacothèque en est un exemple. .Mais il sait aussi composer des scènes plus gracieuses. Les fiançailles de sainte Catherine

PEINTURE

(Pinacothèque) le prouvent. Parmi les plus belles œuvres de ïiarini il faut nommer: à Saint-Etienne Trinita, saint Martin ressuscitant un enfant, composition magnifique et qui dans l'ensemble rappelle la manière vénitienne; à Saint-Vitale et Saint-Agricola la précieuse et originale fuite

Louis Carrache : Madone aux saints. Pinacothèque.

en Egypte; les deux toiles représentant ï Annonciation, et sainte Catherine en prison convertissant Poiplivrr et la femme de Maximilieu, église Saint-Léonard; la toile où sont figurés les saints Alban. Charles et autres personnages, dans la 6'" chapelle de l'église Saint-31artin. Le tableau d'une des chapelles de Saint-Philippe et Saint-Jacques, ■ayant pour sujet saint Antoine de Padouc et saint Dominique baisant

le rosaire que lut présentent la Vierge et l'Enfant, a été malheureusement fort endommagé par des retouches qui lui enlèvent tout intérêt. Un des meilleurs talents de l'école qui nous occupe est certainement

Dominiquin : Martyre de sainte AgiK-s. Pinacothèque.

Domenico Zampieri (i 582-1641). dit le iJnminiquin, dont on voit, à Bologne, des œuvres d'une valeur au moins égale à la Coniininiion de saint Jérôme, du Vatican.

Après plusieurs années passées à Rome où il donna, entre autres travaux, à Saint-Louis-des-Français, des fresques figurant la vie de sainte Cécile, Dominiquin fut appelé à Bologne pour peindre^ à la demande

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d'une famille Ratta, la célèbre \'/rrgc du Rosaire, jadis à S. Giovanni in 3Ionte, aujourd'hui à la Pinacothèque. Cette œuvre, malgré une certaine obscurité de composition, est d'autant plus digne d'intérêt qu'elle reste unique dans la vie de 1 artiste. Nous voulons dire que ni la toile voisine du Martyre de sainte Agnès, ni celle de Saint-Pierre martyr, et encore moins la Communion de Saint-Jérôme, du Vatican, n'offriront de sujets aussi symboliques.

Passons à l'étude d'un des plus illustres peintres de Bologne. Il s'agit de Guido Reni (1575-16421.

Il subit d'abord l'influence de Calvart jusqu'au moment où l'école naissante des Carrache l'attira.

Comme ses prédécesseurs lointains, les bons peintres Vitale Cavalli délie 3Iadonne, Lippo di Dalmasio, Francia, Guide eut le culte de la beauté féminine dans toute sa pureté idéale. Nous trouvons chez Reni deux types de femmes fort différents. L'un, provenance directe de l'antiquité, émanalion de la Xiobé, qu'il avait dû dessiner et redessiner avec amour dans l'atelier de Calvart, fort bien fourni en moulages antiques. On en peut voir un modèle dans la mère attérée et les yeux levés de la belle toile du Massacre des Innocents ; un autre dans la Vierge tournant son visage vers le Christ mourant sur la Croix; un autre encore dans ÏAddolorata du grand tableau de la Pie ta : ces trois œuvres, à la Pinacothèque. Mais le plus parfait exemple en ce genre est la Madeleine, dite des Corsini, dont la sacristie de S. .^lichele in Bosco contient une copie, par Domenico Canuti.

. Le second type de femme de liuide est plus éthéré, plus serein, plus

Dominiquin : Saint Pierre martyr. Pinacothèque.

original; un peu mièvre peut-être, mais tel qu'il pouvait plaire à ce siècle dévot et galant.

La Vierge de l'église Saint-Barthélémy, et \a S ai nte- Ma delei iic qui, les cheveux et les vêtements en désordre, embrasse [la ^croi.\, dans le

tableau du Christ déjà indiqué en sont les exemples probants.

N'oublions pas sa fresque de la Gloire de saint Dominique, k l'église du nom ; et, dans un ordre d'idées tout différent, ce Samson de la Pinacothèque, qu'on peut rapprocher de la fameuse A tir or e au corps souple, à l'altière beauté, qui semble illuminer de sa grâce le plafond du palais Rospigliosi.

à Rome.

Au nombre des imitateurs de la manière de (juide, — car si Reni ne fut pas fondateur d'école, il eut des copistes de son style — les artistes qui suivent ne sont pas sansmérite : Simone Cantarini (i6 12-16481, surnommé le second Guide; Lorenzo Pasinelli j 629- 1648]; Francesco Gessi (1588-1649); Giacomo Sementi (1580-1610); P. F. Cittadini ; Ercolino Ruggieri ; Michèle Desubleo; Randa;'^Canuti; enfin toute la famille Sirani, dont un membre, Élisabetta (1665), a laissé de nomlireux travaux et une élève : Ginevra Cantofoli, dont on voit un tableau à Saint-Jacques-le- JMajeur.

Une des remarquables compositions artistiques d'Flisabetta Sirani est le Baptême du Christ, à la Chartreuse. La Pinacothèque contient plu-

Guido Keni : iMass-icrc des Innocciils. Pinacotlicque.

sieurs toiles de cette artiste : une Marie-Madcleiiie d'une suave expression; \xn Saint- Jérôme dans le désert et V Apparition de VEnfant Jésus à saint Antoine, œuvre charmante.

Au nombre des brillants représentants de l'école des Carrache, il faut compter P'rancesco Albani '1578- 1660).

Son talent a deux côtés bien distincts : il est tantôt profane et tantôt religieux

Comme artiste profane, personne n'excelle, à cette époque, à traduire comme lui la beauté, la volupté des formes. Bologne peut se vanter, avec raison, d'avoir en Albane un peintre des Grâces et des Amours égalant presque Corrège et le Parmesan.

Ses compositions lui méritèrent le surnom d'Anacréon de la peinture.

Albane ne voyait dans la femme qu'un prétexte à composition d'une sensuelle préciosité. Le talent de ce peintre était en accord parfait avec son temps. Il en traduisait exactement les goûts.

De là le grand succès de ses compositions auprès de ses contemporains. Il eut à répéter sans cesse les Vénus, les Herminies, les Dianes, ou ces tableaux dans lesquels on aperçoit des Amours se jouant dans les flots d'un lac limpide, tandis qu'une jolie n}'mphe s'amuse à leur jeter des gouttes d'eau à reflets argentés; ou encore ces gracieuses farandoles d'Anges, dont l'une, connue entre toutes, jadis à Bologne au palais Sampieri, est maintenant au Musée de Milan : tous sujets que personne n'excellait à traiter comme lui et que maints amateurs désiraient posséder dans leur galerie.

Mais si Albane laissa dans ses fresques du palais l'ava, et ses tableaux de la galerie Sampieri à Bologne, ou au plafond du ])alais Verospi à

Guido Reni : I.ii Crucifixion. Piiiacotlièque.

Rome, des modèles, pour ainsi dire classiques, de sa manière profane, il sut aussi traduire des scènes d'un véritable sentiment religieux.

A la Pinacothèque, son Baptême du Christ, dont l'esquisse se trouve dans la sacristie de l'église Saint-Georges, et sa Vierge à V Enfant entourée de Jean-Baptiste, François d'Assise et Vcvangélistc Luc. ainsi que ses belles compositions d'une des chapelles de la 31adona di Galliera, en sont des preuves incontestables.

Une autre œuvre, plus appréciée encore, d'Albane, est l'Annonciation de légiise Saint-Barthélem)'. Elle efface par sa beauté les deux autres compositions du peintre, la Naissance de Jésus et le Songe de saint Joseph (1633), dans le même lieu. Le divin messager, un des plus beaux qu'ait jamais représentés pinceau humain, a valu à ce tableau le surnom d'Annonciation au bel Ange.

Au nombre des élèves de François Albane, Cignani et Lucio 31assari (1568-1633^ représentés à la Pinacothèque, à S. Michèle in Bosco, à rOsservanza, aux églises Saint-Paul et Saint-Barthélémy, par des œuvres soignées, occupent le premier rang. Après eux, il convient de citer G.-B. Albertoni, A. Catalani, Cremonini, Luigi Ouaini, Pancotto.

Avec Gio. Fr. Barbieri '1592-1666), dit le Guerchin à cause de son strabisme, nous avons à nous occuper dun important continuateur de l'école éclectique. Ses œuvres les plus réputées sont : saint Bruno et ses compagnons dans le désert (Pinacothèque) ; la Vision de saint Bruno dont nous donnons la gravure.

Citons ensuite, toujours à la Pinacothèque, ses trois tableaux : Saint- Pierre; Saint-Jean-Baptiste; Saint-Joseph; une Sainte-Cécile, un peu maniérée mais jolie, au Palais Public (salle du Conseil communal) ; une très belle composition : Saint-Grégoire montrant aux âmes du Purgatoire Dieu le Père, le Christ et la Vierge, dans le transept de l'église Saint-Paul : le Saint-Thomas d'Aquiu de l'église Saint-Dominique. Enfin, comme sujet profane : sa fresque Hercule écrasant Antée. au Palais Sampieri.

Un disciple indirect de l'école éclectique est Jacques Cavedone (1577- 1660). Son œuvre comprend: d'abord, le Martyre de saint Pierre frappé par le bourreau, d'une belle expression, à la Pinacothèque; puis une toile placée contre une des parois de l'Oratoire de S. 3laria délia Vita et figurant le bienheureux Riniero guérissant les pestiférés; enfin le Saint-François d'Assise de l'église de l'Observance, et le Saint-Etienne de la chapelle S. Maria Labarum Cœli [la Baroncella).

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Comme peintre d'un talent agréable voici Giovanni Andréa Donducci, dit il Mastelleta (i57 5- 1655), a laissé quelques travaux de mérite, parmi lesquels la Résurrection du Christ, œuvre dramatique à nombreux personnages et pleine de hardiesse, à Saint-Sauveur, et d'autres peintures dans les églises Saint-Jean-Baptiste des Célestins, vSainte- Marie de la Paix, Saint- Dominique, Saint-Paul, Samt-Petrone et Sainte- Klisabeth.

C'est le moment de mentionner Leonello Spada (i 576-1621) et ses fresques du rortile de S. 31ichele in B(jsco. d'un naturalisme qui rappelle la manière de .Michel- Ange de Caravage.

dont il fut l'élève. Comme peintre de tableaux. Spada a donné, dans l'église de la .Madone des Pauvres, une composition représentant saint Dominique cl saint François priant la Vierge, et à l'église Saint- Dominique, dans la cha- ])elle du Saint, un Doiiiiniijiir brûla ni les livres lu'rélujiies (iui mérite une mention sj^éciale.

1,'ami et en même temps le disciple de Sjiada, Pietro Dcsani 1^1595-1657) suivit Leonello à Reggio quand il tut cliargé de décorer l'église de Notre-Dame. On voit

GuiJo Reni : Pieta avec les patrons de Bologne :

saint Charles Borromée, saint François, saint Dominique,

saint Pétrone et saint Proculus. Pinacothèque.

de lui une assez bonne fresque : le cardinal Britaïuio giuri pnr saint Roch. dans l'oratoire supérieur de l'église de ce nom.

Un peu plus nombreuses sont les œuvres de Lorenzo Ciarbieri 1580- 1654). qui peignit deux bonnes fresques à S. Michèle in Bosco : Sainte Cécile s'apprêtant an martyre, et le Paysan, prisonnier des soldats des Goths, délivré par saint Benoît.

GuiJo Reiii : Samson. Pinacothèque.

Un autre peintre, Valesio. est l'auteur d'une série de travaux qui subsistent encore : à S. -^laria dclla Pieta. Saint-Grégoire, Saint-Xicolas. Saint-Roch.

Arrivons à Angelo .Michèle Colonna (1600-1687), qui peut être considéré comme l'un des meilleurs peintres de fresques qu'ait eus Bologne.

Ce maître, né à Côme, après avoir reçu les premiers préceptes de son art dans l'atelier de Bagnacavallo, habita Parme, JVlodène et Rome où il

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exécuta de nombreux travaux. En compagnie de Giuseppe Mitelli (i6og- 1650), son condisciple et son collal)orateur habituel, il partit pour Madrid, sur les instances de Philipjie IV. (>t ils décorèrent avec le jilus ^rand

Guercliin : Vibion de saint Bruno. Pinacothéqu

succès le L'alais Koyal, celui de P)el Ritiro, ainsi que la \-a>le église des Pères de la Merci.

A Bologne, outre les priiilurrs d'une îles salles du ]ialais Cloetta et du palais l'"(di(ini (|ui lui luérilèrent la haute approbation de tiuide, on peut voir de lui, dan^ le transe])l de l'église Saint-Paul, au dessus des

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tribunes taisant tace à l'orgue, deux fresques murales où l'effet de la perspective est heureusement ménagé.

Les fresques du pourtour et de la voûte, d'une des chapelles (la 19^) de Téglise Saint-Dominique, dues à la collaboration de Colonna et de Mitelli, datent de 1656; celles de la nef majeure de l'église Saint-Barthélémy furent faites, en 1667. par Ange-iMichel. assisté de G. Alboresi; et c'est vraisemblablement de la même époque qu'il faut dater l'exécution, par ces deux artistes, des peintures murales de la sixième chapelle, à Saint-Jacques-le-Majeur.

Mitelli travailla, parfois, seul et les quelques compositions qui restent de ce peintre n'en sont que plus intéressantes.

A Bologne, on trouve sur deux piliers de la troisième chapelle de l'église des Servi une Sainte-Agathe et une Sainte-Lucie d'une suave expression ; il peignit aussi, dans une lunette de la voûte de cette église, un épisode de la vie de saint Philippe Beni\i '1683J. Quant aux //■esç^e.y de la vingt-septième chapelle, même édifice, elles ont été restaurées du tout au tout et dune manière fort ingénieuse par F. Santini.

L'art de la fresque décorative, si habilement cultivé par Colonna et 31itelli, trouva des continuateurs habiles dans la personne de Baldassare Bianchi (1614-1679' ; Domenico vSanti, surnommé le Mengazzino (1621- 1694); les frèVes Hafner. Antonio 1640-17021 et P'nrico 1654-1732} ; Andréa Seghizzi ; Gioacchino Pizzoli.

Dix-huitième siècle. — C'est alors le triomphe définitif de la composition baroque, avant tout décorative, les œuvres des perspectivistes que nous venons de passer en revue en sont déjà la preuve. Ayant exploré tous les- abîmes du ca:»ur humain, la peinture avait soif de fantaisie. ]'!lle pouvait utiliser les conquêtes triomphales que les siècles avaient accumulées, et les exemples de ^Lichel-Ange. « Toute liberté doit être laissée à la fantaisie, avait dit le grand génie, et le pinceau avide de mouvement, peut toucher le sommet de la vie. »

Au nombre des représentants de la peinture baroque, nous ne devons omettre ni Fr. Camullo, ni A. Provaglia, ni S. Razali, tous trois auteurs de fresques dans l'oratoire supérieur de Saint-Roch ; ni les Galli Bibbiena : Giovanni-.^laria (1625-1665J ; Francesco (1659-1739); Antonio (1700-1774;, qui formèrent, à eux seuls, tout une dx'nastie d'artistes, d'architectes, de peintres, de scénographes, d'ornemanistes pour cérémonies publiques ou pour fêtes privées et dont on a trouvé aussi des fresques dans divers palais et églises de Bologne ; ni G. M. Crespi

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(1665-1747), surnommé Spagnoletto, ayant des œuvres à la Pinacothèque, au palais Montanari, dans l'église Saint-Sauveur (sacristie), à Saint-Paul; ni surtout M. A. Franceschini (1648-1729) qui fut le rival des plus grands décorateurs baroques. Pour comprendre combien ce peintre est victime d'un injuste oubli, il n'est que de regarder ses fresques des églises Saint-Barthélémy et Corpus Domini. Le martyre et les miracles de saint Barthélémy, qu'il peignit dans la première (chapelle majeure), témoignent d'une singulière habileté de main et d'une véritable maîtrise d'exécution. Dans la peinture de la voûte du Corpus Domini, le pinceau a suivi, avec une grande fidélité, l'imagination grandiose du maître glorifiant Catherine de' Vigri.

Il faut mentionner aussi son Saint-Thomas d'Aqiiin, exécuté à la détrempe sur les murs d'une chapelle, à Saint-Dominique; V Immaculée Conception et la Trinité, à Sainte-Marie du Bon Pasteur; la remarquable Annonciation, de la Madone de Saint-Luc. PInfin deux toiles : l'une à la Pinacothèque, V Annonciation, l'autre, la Vierge, saint Jean-Baptiste, saint Luc et saint Pierre Célestin, dans la chapelle majeure de l'église Saint- Jean-Baptiste des Célestins, permettront de juger le mérite comme peintre de tableaux, d'un des plus granils décorateurs de l'Italie, au xvui" siècle.

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