LÉGATION DES ÉTATS-UNIS AU CHILI
Valparaiso, 28 mars 1866.
Le soussigné, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire des États-Unis, a l'honneur d'accuser réception de la note que lui a envoyée Son Excellence M. le commandant en chef de l'escadre de S. M. C. dans le Pacifique, le 27 courant, accompagnant un manifeste adressé par Son Excellence aux représentants des nations étrangères résidant au Chili. Dans ce document, Son Excellence veut bien consigner les motifs qui, dans son opinion, justifient l'emploi d'hostilités extrêmes contre le port de Valparaiso et autres ports de la côte du Chili, par les forces placées sous ses ordres, accordant un délai de quatre jours, pour mettre en sûreté les vieillards, les enfants et les infirmes.
Le soussigné a envoyé copies du manifeste mentionné à ses collègues du corps diplomatique. En ce qui le concerne, le soussigné ne se croit pas autorisé à analyser les causes de la présente guerre, ni l'insuccès des efiForts tentés jusqu'à présent pour la terminer par des moyens de conciliation ou par la force des armes ; mais il se considère autorisé à faire de vives remontrances et à protester solennellement contre la destruction d'un port purement commerçant, appartenant presque exclusivement à des neutres inoffensifs.
Son Excellence expose que le Jblocus des côtes du Chili a été conduit avec indulgence, et que les neutres ont été courtoisement traités ; que, trouvant ce moyen sans efficacité pour obtenir du Chili la réparation désirée, les forces qu'il commande ont fait deux tentatives pour obtenir, en
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ilja.ltanl, k satii^facLLun ijuu l'E^po^'iie iliiniaiiili-. ni liiialenipnL
pas pa y parvenir, à cause d'obstacles insurmontables, il est de
son devoir de faire subir au Chili conséquent, il dirigera le feu de s tout autre port, à sa convenance, légitime, par les raisons oi-dessus
ts rigueurs de la guerre, et que, par s vaisseaux sur Valparaiso. ou sur comme un acte terrible d'hostilité indiquées, lesquelles feront peser
bt responsabilité de tous les mau\ qui en résulteront sur le gouvernement lia Chili exclusivement.
Ces raisons ne parviennent pas à satisfaire le soussigné, Gomme elles ne parviendront pas à salisfaire le» nations civilisées, aux yeux desquelles Son Excellence prétend se justifier, si elle a recours à un genre d'hostilité que Son Excellence elle-même qualifie, avu'c la plus grande raison, de terrible, dans le butde punir un ennemi, qu'il serait bien loin, ainsi, de châtier par les moyens légitimes de la guerre. Quoique le droit des belligérants permette d'user de moyens aussi extrêmes, dans le but d'activer de légitimes opérations militaires, il n'implique point la nécessité de distraire la propriété privée, quand l'on ne peut olit*nir ainsi nul résultat avantageux pour le» fins d'une guerre loyale.
La loi internationale excepte expressément de la destruction les populations purement commerçantes, telles que Valparaiso, et le soussigné supplie Son Excellence de considérer trSs- sérieusement l'immense perte que vont subir les résidants neutres et rimjiossibilité où ils se trouvent de mettre àcouvert, dans le court délai qui leur est acnnlé, leurs meubles, leurs efTets et leurs marchandises. .
Cependant, si Son Excellence persiste ilans son projet de bombarder le port de Valparaiso, malfré les sérieux aver lissera en ts qu'il vient de lui faire, il ne reste plus au soussigné qu'à réitérer, au nom de son gouvernement, sa très -solennel le protestation contre cet acte inusité, inutile, l'onlraire aux loi» et aux coutumes des nations civilisées ; laissant ii son iioiivernement le droit, dp (suivre la marche que, selon les précédents, il croira opportune.
Le soussigné a l'honneur de renouveler â Son Excellence le commandant en cliefdes forces navales de Sa Majesté Catholique dans le Pacilique, et snn pléni(>otentiaire, l'assurance de sa considération Irès-distinguée.
J. KlLPATniCK.
A Son Ereeltence le eommandani ett chef des forcn nivaUs de Su Ka- I jesti Catholique dam te i'acijSqwf, eU., «ftj..
MEETI^U DES RÉSIDANTS ANGLAIS, A VAH^AHAISO
Valparaiso, 29 niarn.
Les résidants anglais au Chili, indignés de la conduite de leur ministre et du Commodore Denman, qui commande l'escadre anglaise, se sont réunis en meeting, avant le bombardement, et ont adopté les résolutions suivantes :
» 1*" Que le compte rendu des faits, lu dans l'assemblée de ce jour par M. Hugue, est approuvé comme vrai et impartial ;
» 2* Que le présent meeting ne saurait blumer trop sévèrement la conduite pleine d'hésitations du vico-amiral Denman, lequel, après avoir donné aux résidants anglais de Valparaiso l'assurance positive qu'il interviendrait au besoin par la force, pour empt^cher un bombardement général, a manqué à sa parole et leur a fait ainsi perdre un temps précieux» qu'on eût pia einployer avec avantaore à sauver l'existence et les propriétés des habitants de Valparaiso ;
» 3** Que ce mt^mo meeting ne peut que condamner la conduite du viceamiral Donman comme incompatible avec une juste appréciation de cette neutralité quil lui éUit enjoint d'observer strictement, a-t-il déclaré, d'autant plus que, tout en refHisant à ses compatriotes de Valparaiso la protection des forces qu'il commande, il n'a point hésité à détacher un deg vaisseaux do son (îscadro pour proU^ger les commissaires espagnols, qu'on devait cependant considérer comme conln»bande de guerre dans les eaux péruviennes, quand iU sont partis de Valparaiso pour le Nord ti» le suawer de la malh, h 17 mtm :
■ 1° IJul lixtu-e luniife par le \iLt aiuiml Ueiiinan, que les forces dont il dispose étaient msutfisantos pour s opposer aux Espagnols esi. auEGi humiliante puur ei'^ compatriotes qu inexcusable, attendu que la coopération de 1 escadre d un |miBvant Etat lui d été offerte avoc insistanctpar ses commandanttî : la présente as^semblee ne peut exprimer en termes agseï vifs son indignation qu'une atrocité pareille à ce bombardement d'une villesans défense, ayantune [population de 80,000 habitante, aitété i^oufTerl en présence d'une escadre anglai'^e
•I 5*" Que lo manque d instruclioni prennes du cou\ernement anglais, relativnmont au bombardempnt diinonc ne peut s L^pliquer que par la ïuppositJon Ile sa part, que nos embarra'- < taietit Lnit c6 qui l'enj^ageait à. laisser la solution descompli étions ]iiiprp\ut>i m bon «ens de son représentant, lequel, au pranil le^ret de i e mettiaq, semblerait considérer les ili'voirs de neutralité cummf mi ompaiibli s avie «ne tction quelconque en Taveurde ces intérêts que nous avioni -ipecialemFnt confiés k ita protection, et qui, dans les circon-tinres pii-nn'"' tron nt si sérieusemeni ''ompromis ;
» 6" Qu'il est vraiment regrettable qu'eiitro le chargé d* affaires anglais et les résidants anglais de Valparaiso, il ait depuis longtemps existé une sorte d'élolgnement, par suite duquel ce fonctionnaire est devenu incapable de représenter leurs intérêts, et que, dans les eireoJislancVs actuelles. les préjudices en résultant ont été augmentés nncuri' pur sa soumission passive aux abus de l'escadre espagnole, tandis ijue d'autret* résidants neuiree ont été placés dans une situation do bmii''inii> plus favomb aux efforts de leurs représentant» :
'< 7° Il ost réAolu. l'n outre, iiu'nnit iléputatiou sera elioiide jiunr présenter ehox le niinîstie des Ktats-l'nis, fiéiiériil Kilpalrick, rC fliwe le .;Onimodr)ve Rodgers et leur exprimer, au nom do ce meeting, sa naissnnct! de leurs elTorts pour empêcher, par leur coopération avi forces anglaises, le bombardement de !•<■»>■ ville et le profond refi cet eRbrls aient été inutiles :
■■ 8» Que les résolution» ri-dessus i-i, les ilocuments quelles i eVrontmis sous len vkuv du puMii- «Miilitih^. ..
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