I.K CRIME
Le Bvmbardciiient
Le 31 mars, dès le point du jour, les divers corps composant la garnison de Valparaiso étaient échelonnés derrière les cntropôls de la douane et dans diverses positions plus on moins abritées, prôts à voler au-devunt de l'ennemi, s'il (entait uu débarquemenl. La ligne de défense se divisait en trois sections : la première, depuis les magasins de la douane jus(]u'à lu place DEL OUDEN, SOUS le commandement du colonel Juslo Arteaga ; la seconde, depuis la dite place jusqu'à celle de la VICTOIRE, sous les ordres du colonel Ërasmo Escala, et la troisième, depuis la place de la Vic- TOinE jusqu'à la station du ebemin de fer de Santiago, sous les ordres du lieutenant colonel Victor Borgono. Tous ces chefs, ainsi que le commandant général, colonel Vicente VilJalon, accompagnés de leurs aides de camp, visitaient, sans relftche, depuis le matin, les àWex» tsmi'çetReQSs..
La garnison de Valparaiso se composait des troupes sui- *-^--vântes : t
Bataillon n© 1 de ligne, do 10 d«
Brigade de marine.
Bataillon civique de \alparaiso.
do d** no 1, de Santiago.
Volontaires (rifleros) de Valparaiso.
Volontaires (pompiers armés) de Santiago.
Artillerie de ligne.
Artillerie civique de Valparaiso.
Chasseurs à cheval.
Cavalerie civique de Valparaiso.
Brigade de police de Valparaiso.
Formant un total de plus de 4,000 hommes.
M. Errazuriz, ministre de la guerre par intérim et l'Intendant de la province parcoururent à cheval, durant tout le jour, la ville et les hauteurs qui Teuvironnent.
Depuis la veille, on avait assigné aux compagnies de pompiers de Valparaiso et de Santiago les postes qu'elles devaient occuper, et, dès le matin, ces nobles défenseurs de la propriété s'y trouvaient avec leur exactitude habituelle.
Les soldats do la police, en grande tenue, avec leurs aruîes^ el sacs au dos^ étaient postés, de distance en distance, dans toute la ville.
Les autres habitants, qui n'avaient pas de devoirs à rempKr, pour la défense de la ville ou pour le maintien de l'ordre, se gro«f|)aieDt sur les hauteurs, principalement sur les morRes Alègre et de la ConceptioDi. Sur le premier flottait le pavillon de M* It ministre des États-Unis, général Kilpatrick, qui se . treuyait logé dans une des maisons de l'esplanade.
AvaDl sept heures du malin, les frégates de s, M. B.Sulieç' tcartf/er abandonnèrent leur mouillage et disparurent, sedii ^eant vers le sud ; mais elles revinrent bientôt dans la haie prirent position dans le groupe de prises et de transports ennemis, mouillés en face de la VinadelMar, où se trouvaient déjà le ponton Neretis et la Décastatlon.
Le ponton fran(;ais Egérie avait été conduit aussi au même mouillage.
Les navires do guerre américains furent les derniers à se retirer : la lenteur de leurs mouvements révélait le dépit et la mauvaise volonté de leurs marins. Quand i'beure du crime sonna, seulement alors, ils firent route vers la partie nordouest de la haie et se placèrent à l' arrière-garde de la ligne espagnole.
Maîtres absolus du mouillage, les navires ennemis coi mencèrent à se mouvoir lentement. La JVumanda, la flesolucion, la VUla de Madrid, la Blanca, la Vencedora, el l'aquele
;haloupc de \a Numancia. ^c Vvti'4N\i\*i,A^ «ij^^
vapeur. La Berenguela et les autres petits navires étaient mouillés dansb groupe des prises.
Un peu avant huit heures» la Numancia passa lentement deviint le débarcadère et alla se placer au milieu de la baie. A huit heures dix miuuteSi'elle tira les deux coups de canon qui devaient servir de dernier avertissement : une heure après on allait commencer le feu contre la ville.
A ce moibent, le pavillon national» qui avait été hissé à mimât, au fort Saint-Antoine, fut arboré en tète du mât. Des milliers do spectateurs couvraient les montagnes qui dominaient la ville, altendanti pleins d'émotion^ le moment solennel et terrible du bombardement.
Les frégaLes espagnoles prirent leurs disposition de COMBàT, j iiiDsi qu'il suit :
La Bésoluaon, en face de la station du chemin de fcr.j central;
La Villa de Madrid- et la Blonca, à 3 ou 'iOO mètres v vis les magitsins du fisc;
La Vencedora vint plus lard s'i placer en face de la lU' Caho, assez près de terre.
Quant à la Aumancia, elle resta un peu éloigijéo de la ligne, pendant tout le temps du coJIBiT, envoyant ses ordres autres navires, ot comme veillant à l'exécution de ceux la reine Isabelle II.
A 9 heures 8 minules, la Blanca ouvrit le feu contre l'] tropôt de la douane, au cri do Vive la reine! et ai Villa de Madrid l'imita. 11 paraît que cet honneur nvail été réservé, comme une 6n7/an(e revanche, aus. héros du comiiat d'Abtao,
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La Blanca ne tarda pas à foudroyer la bourse, Tinteadance et les édifices voisins.
Les Espagnols s'acharnèrent aussi contre le drapeau national. Son mât fut écharpé, ses cordages rompus par une pluie de balles creuses, pleines ou coniques, mais le noble drapeau tricolore resta debout, comme un glorieux symbole de l'invincible énergie du peuple chilien,
La Resolucîon commença son feu contre la station du chemin de fer, ou plutôt — telle était la maladresse de ses artilleurs, — contre le quartier populeux du Baron. Le résultat ayant été presque nul, la Resolucion inonda de boulets le quartier de TAlmendral, envoyant des bordées entières dans cette direction. L'hôpital, l'hospice et beaucoup de bâtiments publics et particuliers, quoique les premiers eussent arboré \è pavillon blanc, conserveront longtemps les marques des bourreaux espagnols.
L'œuvre qu'entreprit, peu après, la corvette la Vencedora, ne fut pas moins glorieuse. Placée à très-peu de distance de la rue du Cabo, elle tira sur quelques-unes des élégantes maisons particulières situées du côté de la mer, spécialement sur celle de M, Agustîn Edwards.