‹ Bombardement de Valparaiso (documents officiels) suivi du Combat du CallaoChapitre 23 sur 32 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

18 mai.

Pavlemeiil d'Angleterre. ^ Interpellation snr le bombardement «le

Valparaiso.

Le bombardement de Valparaiso excite en ce moment une indignation aussi profonde qu'universelle.

Précisément parce que l'on se trouve, peut-être, à la veille d'une guerre générale, on veut que la guerre elle-même se civilise. On ne veut pas qu'il dépende d'une puissance de troisième catégorie de nous ramener aux horreurs du moyen âge. Ce sentiment a été exprimé d'une manière trèsvive, par lord Houghton, à la chambre des lords, à la fin de la séance de mardi soir.

L'orateur a rappelé que, lors de la guerre de Grimée, les puissances alliées ont donné une preuve de modération que l'Espagne aurait dû suivre. Les flottes de France et d'Angleterre n'ont pas détruit des places inoff ensives, elles ont réservé leurs boulets ou4eurs obus pour les villes de guerre.

Ce discours n'a point été inutile, car il a obligé le duc de Somerset à

donner lecture d'instructions ultra-pacifiques données à l'amiral Dennfian.

Il est clair qu'un officier qui a les mains liées do la sorte n'a guère besoin

U'aro/r de cmions. Il lui suffirait i'un manche h, balai pour pronwînfr le

pavillon de la notton, a dit plaisamment un t!e» orateurs de la chambre des lords.

C'est surtout aux communes que la discussion a été instructive. Trois membres sont successivement venus k la charge et ont arracha au gouvernement des révélations curieuses qui ont merveilleusement complété celles qu'ils ont commencé par faire eux-mêmes.

M. Polk. a insisté avec raison sur une circonstance capitale que Dout bvans deja signalée

Non seulement 1 amiral anglais ne se crut pas en droit d'agir, mais il alla même juaqu à refuser sa coopération à l'amiral américain. Cependant, 1 amira! amériiâm n était poussé que par un sentiment d'humanité. L'Amenque ne se trouvait pas, comme l'Angleterre, impliquée dans des négocialion'i peu honorables pour l'Espagne, romme l'aveu d'un ministre anglais va noua le montrer tout à l'heure.

Un second orateur a aggravé la situation moi-ale du ministère britannique en rtMiant un fait surprenant. 61 la vil!e de Valparaiso s'est trou- \{b ii%\oséù sans défense aux brutales attaques des Espagnols, la faute en est au minislre anglais. En effet, ce diplomate avait conseillé aux auloriteh cbdiennes. do s en rapporter a la foi pubh [ue ixix ri-ntatives de mé tiation a la civilisation du dix neuvième siech

M. Layard, sous secrétaire dea ailles étrangères n a pu cacher à la Chambre qu'il partageait linlignation des orateurs Los détails qu'il a donnés sur les tentati\es de ne,ociation ne sontpas denatureà diminuer l'i'tfet produit par les exploits dos Hottes de Sa Majesté Catholique.

La Chili et l'Espagne avaient accepté l'un et l'autre la médiation de la

i''rance et de l'Angleterre. Mais lorsque les propositions îles puissances

médiatrices arrivèrent à Santiago, le Chili avait un allié, un confédéré. Il

fallait consul terle Pérou; ce qui demanda alors forcément quelques

vdélals. Ce sont ces délais qui fournirent à l'Espagne le prétexte de retirer

■l parole.

V Pendant que ces événements diplomatiques se passaient dans l'autre iiémisphère. les puissances emvpëennes redoutaient le bombardement de Valparaiso, ville où les intérâta commerciaux de la France et de l'Angleterre sont si richement représentés. Mais toutes les tentatives faites aujirês du cabinet de Madrid, pour olitenir une promesse rassurante, l'-chouttirnt, Un n'arrachait aux ministres de Ha Majesté Catholique que det rtiKHiMS érafiiveB.

Heureusement la reine d'Espagne n'a point hérité de la puissance de Charles-Quint ou de Philippe II, car la politique de ces princes est encore à Tordre du jour à l'Escurial.

M. Layard a annoncé que le gouvernement du Chili n'avait point encore demandé le rappel du représentant de l'Angleterre. Mais qui aurait le droit de se plaindre de cette grave mesure, si les choses se sont réellement passées comme M. Layard a été obligé de les raconter ?

W. DE FONTVIKLLE.

Page 1