CONSENTEZ A CE QUE LE- COMBAT AIT LIEU A DIX MILLES EN
» FACE DE VALPARAISO ; Tescadre chilo-péruvienne se rendra » immédiatement vers ce point. Quant à tout le reste, les dé- » tails du combat seront réglés par le commodore Rodgcrs, » commandant les forces des Etats-Unis, qui veut bien con- » sentir à être juge du combat.
» Le résultat de ce combat décidera de la fin de la guerre. » Si TEspagne désire sérieusement la paix, si le chevale- » resquc esprit dont elle s'enorgueillit n'est pas un vain » mot, M. Mendez Nunez ne peut refuser ce duel inter- )) national, conforme à la loyauté avec laquelle la guerre doit » être conduite entre nations civilisées, et qui répond aux » intérêts de la paix et de l'humanité .
» Cette proposition permettra à M. Nunez de ne pas con- » sommer l'acte odieux qu'il se dispose à commettre, en x> howhardanX Valparaiso. »
Je viens de reproduire textuellement la proposition que j'avais ordre de vous faire parvenir. Je vous prie de vouloir bien me transmettre la prompte réponse qu'exigent les circonstances actuelles.
J'ai l'honneur lion, etc.
d'être, avec la plus grande considéra-
VICENTE VILLALON.
L'amiral Nunez a répondu à cette proposition par un simple refus.
NAVIRES QUI EUSSENT PRIS PART AU COMBAT Du cûti» (le l'Espagne» :
Les frégates .
Villa de Madrid .
50 canons.
Blanca
Resolucion . . .
Les corvettes
Berenguela. . •
Vencedora . . . .
2 raves.
164 canons.
u côté du Chili et du Pérou :
La frégate . . Apurimac 40 canons.
Les corvettes Union. 20 >»
» La Esmeralda. . . 14 »
America 2u »
Cavadonga, . . .
99 canons.
L'amiral Nuiiez, au lieu d'acceçVci \ïu e.^tc^\\i^Vs>JtJ^^ ^ ^^"^^-
Kféxé bombarder tout à son aîso une ville qui no pouvait ji
Valparaiso est unti ville chilienne, mais elle est en mëtno l temps UQ grand centre de spéculations, où tous les citoyens de l'univers, commerçants, industriels et artisans ont toujours Évécu paisiblement sous l'égide des lois libérales qui régissent notre République. Le peuple et le gouvernement du Cbîli l'ont jamais voulu que ce magnifique port cosmopolite devînt I place forte, afin que ses résidents, nationaux ou élran- Bgors, ne fussent point exposés aux risques et périls que doi- ■Vent nécessairement courir les villes qui offrent de la résis- ■tance à l'ennemi. Les étrangers, en apportant à Valparaiso, Fleurs marchandises et leurs industries, nous aidaient aussi à ' construire, pour eux et pour nous, de magnifiques édifices. Il s'établissait ainsi un pacte d'alliance entre le peuple chilien et tous les peuples de la terre : le Chili déclarait tacitement qu'il ne combattrait jamais, à Yulparuiso, et les autres peuples prenaient l'eugagement moral d'épargner les horreurs de la guerre à la pacifique et bospitalièvo cité.
Aujourd'hui le, pacte ast rompu : une escadre espagnole a incendié Valparaiso!...
Don Casto Mendez Nu.NEZ a bombardé, au nom de sa reine CATUUlIQUE, des églises, des hôpitaux, malgré les signes misé-
ricordieux qui dovaîunl préserver de l'oalnigo et do la destruction ces asiles sacrés.
Le homhardenient do Valparaiso n'est mémo pas un fait de guerre : c'est un acte inouï do stupide et inutile cruauté, c'est le plus lâche des attentats!
L'Espagne a contracté envers le Gliili une dette impie dont elle ne s'acquittera ji:mais. En attendant qu'il se fasse justice par lui-même, le Chili se doinande ce que diront le peuple et le congrès des États-Unis? Que dira le parlement anglais? ■ Que dira l'Europe?
L'Espagne scra-t-elle mise au lian des nations civilisées? ] >>'i! en était autrement, que deviendraient les rapports de l'ancien et du nouveau monde? Fourraient-ils s'appuyer désormais sur cette lettre morte que l'on appelait autreTois 1q droit international?
Le nouveau mondp devra-t-il désormais suivre d'autres voies ijuB celles de la civilisation? Devra-t-il s'appuyer sur d'autres principes que ceux qui portaient autrefois les nouis de justice et d'humanité?. ■.
Maintenant, nous nous croyons autorisés à demander aux grandes puissances s'il existe deux droits des gens ; l'un pour le fort, l'autre pour le faible. L'Araéritiuc du Sud a besoin de tyoir à quoi s'en tenir,