XXX INTRODUCTION
pages pareilles que l'on découvre ce qu'il y a de si concret, de si direct dans cet écrivain si souvent abstrus, si recouvert parfois d'une phraséologie difficile. Dès qu'il énonce, et c'est le cas presque à chaque page, quelque réflexion suggérée par la vie, sa phrase se ramasse, se contracte, se durcit comme un muscle qui se tend pour frapper. On sent, à le lire dans ces moments-là, que le système n'est chez lui qu'un procédé surajouté et que les matériaux ainsi mis en œuvre ontétéprisà même l'observation la plus exacte. La preuve en sera donnée et surabondante par les extraits recueillis dans ce volume. Mais surtout dans le chapitre ii intitulé Philosophie et sociologie expérimentales le caractère si moderne de la pensée de Bonald se trouvera vérifié. Ce chapitre explique, c'est le dernier point sur lequel il convient d'insister, comment celui que son plus éloquent adversaire peignait « marchant à reculons vers l'avenir » , a été tout au contraire le visionnaire le plus lucide de cet avenir, pour une raison qu'il exprimait lui-même, quand, répondant à ce reproche, il