INTRODUCTION XIII
et que, par suite, il estime scientifique, du suffrage universel. « S'il y a sept millions de chevaux en France, ces sept millions ont le droit de disposer de ce qui leur appartient. Qu'ils gouvernent et choisissent mal, n'importe. Le dernier butor a le droit de disposer de son champ et de sa propriété privée. Pareillement une nation d'imbéciles a le droit de disposer d'ellemême, c'est-à-dire de la propriété publique. » Vingt-neuf ans plus tard, le même Taine écrivait, résumant le résultat de ses longues recherches sur les origines de la France contemporaine : «Jusqu'à présent, je n'ai guère trouvé qu'un principe, si simple qu'il semble puéril. Néanmoins, je m'y suis tenu, car tous les jugementsqu'on va lireendérivent, et sa vérité assure
leur vérité. Il consiste tout entier dans cette remarque qu'une société humaine, surtout une société moderne, est une chose vaste et compliquée. Par suite, il est difficile de la connaître et de la comprendre. C'est pourquoi il est difficile de la bien manier. Il suitde là qu'un esprit cultivé en est plus capable qu'un esprit inculte et un homme spécial qu'un homme qui ne l'est pas. »Ce