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CATHOLICISME ET MONARCHIE

Larelig-ion chrétienne est unesociété monarchique, où \ç. poi^voïr , le ministre, le sujet sont personnes distinctes l'une de l'autre, où le ministère universel, devenu pouvoir et fondateur de la société chrétienne, juge et combat suivant les fonctions que nous avons assignéesaupouvoirdanstoutesociété. Aussi, dans le livremystérieux de la religion chrétienne, le VerbeAç, Dieu, ou son ministre, sort ^^onr juger et combattre ; K< et cum justitia jîtdicat et pugilat . » (Apec., xix, 11.) Les ministres qu'il a institués, comme tous les ministres des autres sociétés, ont, sous les ordres et la direction du pouvoir, la double fonction de ^<9;/j'<?/7 dans les assemblées générales de l'Eglise ou ses conciles, et de service dans tous les temps, pour combattre et repousser l'erreur.

(i) Théorie du p07ivoir, part. I, liv. V, chap. iv.

C'est cette identité parfaite de principes et de constitution, entre la monarchie religieuse et la monarchie politique, qui a fait la perfection et la véritable force, la force de conservation ou de restauration des Etats catholiques (i).

En supposant l'existence des êtres sociaux, Dieu et l'homme intelligent physique, tel qu'il a été et tel qu'il est, le gouvernement monarchique royal et la religion chrétienne catholique, sont nécessaires, c'està-dire tels qit'ils ne pourraient être antres qu'ils ne sont y sans choquer la nature des êtres sociaux, c'està-dire la nature de Dieu et celle de l'homme en société (2).

On a trop séparé, jusqu'à présent, la politique de la religion. Quelques écrivains, qui n'étaient que

(i) Principe constitutif, chap. xix.

(2) TItéorie du pouvoir, part. II, liv. VI, Conclusion. — Balzac aussi faisait du catholicisme et de la royauté « deux principes jumeaux. » (Avant-propos de la Comédie hztmaine .) — Si respectable que soit le sentiment de ceux qui, aujourd'liui encore, veulent solidariser leur foi catholique et leur fidélité à la monarchie, il est théologiquement inexact que celle-ci tienne à celle-là par un lien quelconque de dépendance. Une encyclique fameuse de Léon XIII a dénoncé ce malentendu. Notons, d'ailleurs, que Bonald lui-même, tout en professant que les divers systèmes politiques ne se prêtent pas également à la religion catholique, a reconnu que «la religion catholique se prête à toutes les formes de gouvernement ». {Principe constitutif, chap. xxi.)

théologiens, n'ont pas assez considéré la société relig-ieuse dans ses rapports avec la société politique ; d'autres écrivains, qui n'étaient pas même politiques, ont considéré la société politique sans aucun rapport avec la société religieuse. Quand on traite de la société civile, qui est la réunion de la société politique et de la société religieuse, il faut, sous peine de s'égarer, considérer la société politique sous le point de vue de la religion, et la société religieuse sous le point de vue du gouvernement politique ; traiter, pour ainsi dire, la politique en théologien, et la religion en politique (i).

Qu'on ne m'accuse pas de faire de la religion une affaire de politique, dans l'acception qu'on donne communément à cette expression. vSans doute, je fais de la religion une affaire de politique, et même la première et la plus importante affaire de la politique, parce que je fais de la politique une grande et importante affaire de la religion. Je ne considère la religion en homme d'Etat, que parce que je considère la politique en homme religieux, et que, regardant la religion comme le pouvoir suprême (par ses lois et non par ses prêtres), et le gouvernement comme son ministre, je pense qu'ils doivent être indissolublement unis, comme l'époux et l'épouse (2).

(i) Jhid., part. I, liv. IV, chap. iv. — C'est là un principe cher à Bonald. Il y a insisté maintes fois. On le retrouvera dajis les Pensées, libellé en maxime.

(2) De l'unilc religieuse en Europe.

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