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MONARCHIE ET RÉPUBLIQUE

Je fais profession de respecter tous les gouvernements qui conservent Dieu et l'homme : je conviendrai, si l'on veut, que, si l'existence d'une nation est plus assurée dans une monarchie, le sort de l'individu

(i) Joubert a dit excellemment : « Toute autorité légitime aime son étendue et ses limites. »

(2) Ibid.

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est quelquefois plus heureux dans les républiques,

qui procurent à l'homme, en bien-être et souvent en

licence, ce qu'elles lui ôtent en liberté. La république

est comme un homme d'un tempérament faible, qui

vit de rég-ime ; et trop souvent la monarchie est un

homme d'une constitution vigoureuse qui se permet

des excès.

Le régime républicain peut convenir au petit nombre des citoyens, comme le despotisme au nombre excessif des sujets. Mais ni l'un ni l'autre ne convient à la nature des sociétés : car la nature ne veut pas qu'une société soit oppressive, et qu'une autre soit opprimée ; elle ne veut pas que l'une soit trop puissante pour être contenue, et l'autre trop faible pour pouvoir se défendre : la nature veut que les sociétés soient libres et indépendantes sous l'empire des lois fondamentales, comme elle veut que l'homme soit libre et indépendant sous Tempire des lois religieuses, politiques et civiles.

Dans la monarchie, tout est social, religion, poi^voir, distinctions.

Dans l'Etat populaire, tout est individuel ; chacun a sa religion, chacun a son pouvoir ; chacun veut se distinguer ou dominer par ses talents ou par sdiforce.

Dans la monarchie, parce quele/^//z^6'/r est social, sa limite est dans les institutions sociales.

Dans la démocratie, parce que \ç^ pouvoir est individuel, sa limite est dans l'homme.

La monarchie considère l'homme dans la société, ou membre de la société, ou l'homme social.

La république considère l'homme hors de la société ou l'homme naturel.

Et comme la société est faite pour l'homme, et l'homme pour la société, la monarchie qui considère l'homme dans ses rapports avec la société, convient à l'homme et à la société.

Et la république, qui considère l'homme sans rapport avec la société, ne convient ni à la société ni à l'homme (i).

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