B0NA1»A«TE
celle aHairo comme une grande reconnaissance, et les Français seraient restés encore assez forts pour ItMilr la campagne et pour tenter une nouvelle atta- (|Ue à la première occasion favorable.
Le ^encrai ll<»vnicr, n'entendant pas parler du <r(''néral Menou, se décida à faire une seconde tentalive sur Taile droile anjçlaise. Il espérait, en cas de succès, pouvoir rallier les troupes dispersées et les faire* a<^ir de nouveau. — Tandis que la division Friaiil et la 85'- marchaient à rennemi, et que l'artillerie légère avançait pour éteindre le feu des redoutes, R(»ynier se j)orta sur des mamelons voisins d(^ la grande redoute, afin de bien étudier les dispositions des enn<Muis, et devoir celles qu'il convenait de prendre* pour les attaquer avec quelque clianc** de réussir.
Dès (pie les Anglais s'aperçurent que leur droite était le but de la principale attaque, ils y envoyèrent leur rés<'rve. Lr général Ilutchinson, qui commandait la gauche y resta cependant toujours immobile avec six mille hommes, quoiqu'il n'eiit devant lui ([ue huit (M'iits hommes d'infanterie, trois cents clievaux et cent dromadaires.
Pendant tout(*s ces opérations, le général Menou s<' promenait derrière l'iimiée. — Lorsque Lanusse avait été blessé, il avait fait dire au général en clief qu'il désirait (jue le général Damas le remplaçât ; Menou n'avait rien répondu et n'avait pris aucune mesure* pour réorganiser les troupes; mais avant rcMicontré la cavalerie*, il lui donna l'ordre de charger. On cluM'clia à lui persuader que le moment
n'était pas opportun, et que c'était la sacrifier sans en espérer aucun avantage : il insista. Le général Roize, qui commandait cette cavalerie, attendit un troisième ordre pour se mettre en mouvement. Il fallut enfin obéir. Malheureusement, en passant dans les intervalles des 61® et 73'' demi-brigades, la cavalerie arrêta leur marche. Le général Reynier, après s'être convaincu qu'on ne pouvait tenter une attaque avec les seules divisions Lanusse et Rampon, revenait chercher la division Priant et la 85°, lorsqu'il trouva la cavalerie de Roize déjà sous le feu de l'infanterie anglaise. Il n'était plus temps d'empêcher cette charge déplacée ; on aurait perdu presque autant de monde en restant en place qu'en achevant de l'exécuter. Le général Reynier fit accélérer le mouvement de ses troupes, afin qu'elles pussent la protéger; mais la 61* arrivait h peine au pied de la redoute, que déjà la cavalerie, après avoir mis un moment le désordre dans la première ligne anglaise, était repoussée.
Le général Silly venait d'avoir la cuisse emportée, plusieurs chefs de corps étaient blessés. Le général Baudot l'était mortellement.
Le général Roize et tous les chefs de son corps avaient vu la faute qu'on leur faisait commettre; mais irrités par la certitude d'être sacrifiés inutilement, ils combattirent avec le plus vif acharnement. La pr<»mière ligne, commandée par le général Boiissart, et lorniéo desS*' et 14*^ de dragons chargea la pr(Mnièr(* ligne ennemie derrière la grande redoute; le 14®, arrêté par les fossés creusés sur le
Iront (lu l'iimi), fut obligé de les tourner; les soldats SI' jt'taii'iit viMitrt* à terre et se réfugiaient dans les tentes, où les olievaux s'embarrassaient. Un grand nombre (Toriieiers et de dragons ayant été tués, blessés ou démontés par le feu de flanc des redoutes et celui des secondes lignes, on fut obligé de se retirer. Le généial Houssart avait été frappé de deux balles. Tj'intanterie anglaise reprit alors l'ollensivc^ et fut renforcée par la réserve; mais dans les ellorts cpiil fit pour la rallier, le général v:i clief Abercroniby fut blessé à mort. Le général lioize avait été tué; un grand nombre d'officiers ei'.rent le même sort; d'autres furent blessés et démontés. La cavalei'ie française se retira en désordie, et lors([u\dle se fut reformée derrière Tinla ni (M'i(\ elle était diminuée de plus des trois (juarts.
La destruction de la cavalerie ôtait tout espoir (le succès. L(^ seul parti a prendre était de se retil'er poui" éviter de nouv(dles pertes et de chercher à réorganiser Larmée. Le général Reynier se rendit il [)Iusieuis reprises auprès du général Menou, pour lui d(''montrer la nécessité de cette retraite; celui-ci \\r sut à (pioi s'arrêter; les troupes restaient exj)()s<''(^s au leu des lignes et des batteries ennemies sans faire aucun mouvement, et voyait à chaque instant leuis peites s'accroître. Les munitions de railillerie élai(Mit épuisées. Les Anglais firent avancer (juel(jnes c()r])s (pii prirent en flanc la j'^ iT'nère, et la dé])us(juèrent des mamelons qu'elle )ceuj)ail. Les tirailleurs, (jui étaient sous la grande
redoute, furent aussi obligés de se retirer. Enfin, après deux heures d'indécision, le général Menou ordonna la retraite, qui se fit dans le plus grand ordre. Les Anglais n'osèrent pas quitter leurs retranchements, et l'armée française reprit, à onze heures du matin, sa position sur les hauteurs de Nicopolis.
Après Téchcc éprouvé à Alexandrie, le seul parti il prendre était de ne laisser que les dépôts en garnison au Caire et dans les places les plus importantes des cotes, d'évacuer la haute Egypte, et de marcher avec toutes les forces actives sur un point du Delta d'où l'on pût à volonté tomber sur l'armée du Vizir ou sur l'armée anglaise, lorsque celle-ci (|uitt(^rait son camp pour opérer dans l'intérieur. Mais le général Menou persista à rester devant Alexandrie. Il se borna à prescrire au général Donzelot de descendre de la haute Egypte sur le Caire, à rappeler (juelques postes peu importants, et à enjoindre aux généraux Belliard et Morand de diriger sur Rahmânyeh onze cents hommes tirés des garnisons des phices.
Le o'énéral Hutchinson avait succédé à Abercrombv dans \c commandement de l'armée
anglais(\ Il fut rc^jolnt, le 30 mai, par le capitanpaeha, débarqué à h\ Maison-Carrée avec six mille Albanais, et souî^ra aussitôt à étendre le cercle des hostilités. Il marcha d'abord sur Rosette, dont il s'empara le 18 avril. La garnison, composée de (juatrc c(Mits hommes, s<* retira sur la rive droite (hi Nil, laissant dans le lort JuUien une garnison de cent cin([nant(* invalides.
r»20 BONAPARTE
Pour rcMilorcor sa position, Hutchinson fitpasser l«*s «'aux (lu lac Ma'dyeh dans le bassin du lac Mare'otis, en coupant la digue qui les séparait, afin d<' pouvoir y Taire circuler des canonnières. I/inondation (Mi<rl()utlt les terres de trente villages et réduisit à la misère plusieurs milliers de Fellahs.
(it's évrneuKMits auraient dû engager le général Monou à conccMitrer ses forces sur Rahmânyeh pour s'()j)j)os«M' il Hutchinson qui, après Toccupation de l{osctt<\ n'osa pas marcher en avant, et resta plus de vingt jours campé à El-Hamed. — Le 9 mal, le général anglais reçut d'Europe un renfort de ti'ois nulle hommes, et prit la résolution d'avancer sur Rahmânyeh. Toutefois, il ne le fit qu'en hésitant, et laissant dans le camp d'Alexandrie six mille hommes sous h's ordres du général Coote. Le général Lagrange, cpii s'était replié sur Rahmânyeh, vit (ju'il ne [)ouiralt résister aux forces ennemies, et opéra dans la nuit sa retraite sur le Caire, abandonnant sa flottille avec les vivres et les munitions qu'elle portait.
L(^s mauvaises dispositions prises par le général en chef et les événements qui en avaient été la suite, jetèrent la consternation dans Alexandrie; toute l'armée fît entendre des murmures. Ces nîar([ues d'un mécontentement unanime firent craindre à Menou que les troupes ne lui ôtassent 1(^ commandement pour le déférer à Reynier qui, par suite do diverses tracasseries, avait renoncé à commander sa division et s'était retiré a Alexandi'ie, où il ne prenait plus aucune part aux opéra-
EN ÉCiYPTE 521
lions. Menou le fit arrêter et le renvoya en France, ainsi que Tancien chef d'état-major de Kleber, le général Damas.
La peste, qui avait fait de grands ravages dans Tarmée ottomane, ayant cessé, le Vizir réunit environ vingt milles combattants qui, divisés en trois colonnes, passèrent le désert successivement, du 8 au 23 avril, et débouchèrent sur Qatyeh.
A l'approche des deux premières divisions conduites par Taber-Pacha et par Méhémed-Pacha, les garnisons de Sûlheyeh et de Belbeys se retirèrent sur le Caire. Le 30, le Vizir arriva à Salheyeh, et détacha Ibrahim, pacha d'Alep, avec deux mille hommes pour prendre possession de Damiette et de Lesbé, qui avaient été évacuées par les Français. Il vint ensuite camper à Koraïm.
En apprenant son mouvement, Belliard fit aussitôt revenir six mille hommes qui, d'après l'ordre du général Menou, descendaient h Rahmanyeh; il rappela Donzelot, et alla s'établir entre Boulaq et le Caire avec environ deux mille cinq cents hommes. Quelque temps auparavant, il avait Invité Mourad- Bey h venir le joindre, mais ce chef était mort de la peste, le 22 avril, k Beny-Soueyf.
Lagrange arriva, le 13 mai, au Caire. Belliard, qui eut alors près de neuf mille hommes à sa disposition, résolut de faire une grande reconnaissance, d'attaquer l'armée turque s'il en trouvait l'occasion, et de la rejeter dans le désert. Ce mouvement eut pu réussir, grâce à la lenteur du général Hutchinson, qui était encore à deux journées
P<mr irnl'orccr sa position, Hnti U's .'iiiix (hi liic Ma'dyeh dans f Miiri'otis, <'ii coupant la digne q
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Ci's (■vruemcnts auraient dû en Mfiiou à concentrer ses forceSBar s'o|)posi'r à llntchinson qui, aprii Kosclto, n'osa pas marcher en avi de vinjrt jours campé à El-Hamed.
géniVal anglais loçut d'Europe trois mille hommes, et prit la rés sur Kahmâiiyeh. Toutefois, il ne le J et laissant dans le camp d'Alexi hommes sous les ordres du généra rai Lagranffe, qui s'était replié i vit qu'il ne pourrait résister aux I l't opéra dans la nuit sa retraite SU donnant sa flottille avec les vivres qu'elle portait.
Les mauvaises dispositions pris< en chef et les événements qui en suite, jetèrent la consternation di toute l'armée fit entendre des marques d'un mécontentement craindre à Menou que les troupes le commandement pour le déférei par suite de diverses tracasseries, commaitder sa division et s'était dric, oti il ne prenait plus aucune
et ^«* ' V VV^* V^*
yil BONAPARTE
(Ir HahniAnycli. Il aurait fallu que le général français opérai avec toutes ses forces; mais Belliard, n'osant |)as [)ren(lrc sur lui rabandon de la capitale (le TK^rypte, v laissa une partie de ses trou- |)es et en partit, le 15 mai, avec cinq mille cinq cents hommes seulc^ment, dont neuf cents de cavalerie; il avait en outre vingt-quatre pièces de campagne.
11 se mettait en mouvement, le 16, à la pointe (lu jour, lorsqu'on apcr(Hit, près du village d'El- /onainelï, un coips ennemi d'environ neuf mille hommes, tant infanterie que cavalerie, appuyé par ein(| ccMits Anglais qui dirigeaient l'artillerie. — Les troupes fran(;aises s'avancèrent sur les hauteurs ([ui terminent le désert, à l'est d'El-Menayeh. L'inlanterie en carré forma les deux ailes; le centre «luit occupé par la cavalerie. — Le feu de l'artillerie française eut bient(U éteint celui de l'artillerie ennemie. La cavalerie chargea sur les pièces, en [)i il deux et mit en fuite l'infanterie turque et la cavalerie anglaise; mais elle ne put pas les poursuivre, parce qu'en s'éloignant de l'infanterie, elle p;)uvait être écrasée par la cavalerie du Vizir, bien su|)('rieure en nombre, et qui entourait déjà les troupes Irancaises. Les Turcs tentèrent quelques char^^(^s contre les cairés; mais l'expérience des campagnes précédentes leur ayant démontré qu'il était irnpossi])l(* de h^s lompre, ils n'osèrent s'abandonner à toute leur impétuosité, et le feu de l'artillerie siilfit pour l(^s éloigner.
A uK^sure ([ue les L^ancais avan(jalent, les enne-
EN é(;ypte 523
mis cédaient du terrain. Depuis plusieurs heures que CCS escarmouches se prolongeaient sans résultat, les soldats, qui souffraient d'une chaleur excessive et surtout de la privation d'eau, commençaient à être accablés par la fatigue et par la soif; ils firent halte à des puits près d'El-Zouameh. — Pendant cet instant de repos, l'armée du Vizir, qui arrivait de Belbeys, se répandit autour d'eux; ils se mirent en mouvement pour attaquer les Turcs, mais ne purent engager un combat décisif. Quelques corps de cavalerie paraissaient dans l'éloignement prendre la route du Caire. On devait craindre qu'ils ne parvinssent à y pénétrer, ou que les démarches du Vizir, qui évitait un engagement, n'eussent pour but de laisser aux Anglais le temps d'y arriver et de s'en rendre maîtres. Belliard jugea qu'il était urgent de se rapprocher de cette capitale; les troupes y rentrèrent, le 17, et furent réparties de manière à en défendre toutes les avenues.
La position des Français était critique : disséminés dans tous les forts et sur tous les points de l'enceinte immense du Caire, de la Citadelle, de Boulaq, du Vieux-Caire et de Gyzeh, ils avaient à défendre une ligne de douze mille six cents toises, de développement. Il fallait à la fois résister aux attaques extérieures, et contenir à l'intérieur une popùhu'o nombreuse et fort mal disposée.
11 n'y avait aucun espoir de battre les ennemis sous les murs du Caire. — La retraite surDamiette, où il eût été possible de trouver des ressources et de prendre une position défensive, n'était plus pra-
lioal)le, depuis que cette ville et Lesbé étaient, occupées par les Turcs. On ne pouvait pas songer il se rallier aux divisions restées avec le général Meiiou; les troupes auraient eu beaucoup de peine à y parv(»nir, môme en abandonnant au Caire tous leurs é(|ui[)a^es, et elles auraient accéléré la reddition d\\lexandri(% en contribuant a Tépuisement des niafçasins. Il ne restait d'autre parti, si on abandonnait le (laire, que de se retirer dans la haute Kgypte, mais il aurait fallu pouvoir y transporter des munitions, et presque toutes les barques avaient été perdues à Rahmanyeh. Et quelles ressources espérer dans une contrée où la peste la plus affreuse dévorait les habitants?
D'ailleurs les approvisionnements étaient en mauvais étal, les caisses vides, les magasins de l'art lllerie épuisés; la peste s'était déclarée au (laire, quelque temps avant la campagne; le nombre des malades qui entraient au lazaret s'élevait jus- (|u'à cent cinquante par jour.
Dans cette triste position, et après avoir pris l'avis d'un conseil de guerre, Belliard proposa, le 21 juin, une suspension d'armes; les conférences (luièrent jusqu'au 26, et enfin le 27, il signa un traité d'évacuation, dont voici les principales conditions :
(( I^vacuation de toute la partie de la haute et moyenne l^gypte occupée par les Français au monKMit (lu traité; transport des troupes en France av(U' armes, bagages et munitions, aux frais de l'ennemi et au plus tard dans cinquante jours ; subsis-
tances fournies par les Turcs jusqu'à rembarquement, et par les Anglais jusqu'au débarquement; escorte fournie à l'armée pour garantir sa sûreté et son libre retour en France ; échange des prisonniers aussitôt après la ratification. »
Le général Menou jeta les hauts cris à la nouvelle de la capitulation du Caire ; il refusa d'abord de la ratifier; mais il finit par céder, et les troupes de Belliard s'embarquèrent, emportant avec elles les restes du général Kleber, que l'armée avait tant de sujet de regretter, et qu'elle ne voulut pas laisser exposés aux outrages d'une population fanatique.
De toute l'Egypte, il ne restait aux Français que la seule place d'Alexandrie; la brillante armée d'Orient était réduite à un seul corps de quatre mille cinq cents hommes campé sur les hauteurs de Nicopolis, et qui ne pouvait résister longtemps à des forces décuplées. Une clause du traité du Caire rendait la capitulation commune à la place d'Alexandrie, si le général Menou le jugeait convenable, mais celui-ci, qui espérait de prochains renforts, refusa de profiter de cette clause. Cependant aucun mouvement n'avait lieu : les Anglais restaient immobiles dans leurs lignes, et Menou passait tout son temps à réparer les fortifications de la ville et à hérisser de retranchements inutiles les hauteurs de Nicopolis.
Dans les premiers jours d'août, après l'embarquement des troupes du général Belliard, Hutchinson, qui venait de recevoir d'Europe un renfort de deux régiments, prit le parti de forcer les positions du
ticable, d«»piiis que cette ville et Lesbé étaient, (K'ciipc(*s par les Turcs. On ne pouvait pas songer il se rallier aux divisions restées avec le général Mcnou; l<'s troupes auraient eu beaucoup de peine à y parv<*nir, même (mi abandonnant au Caire tous leurs é(|uipan^es, et elles auraient accéléré la reddition d'Alexandri<», en contribuant à l'épuisement des magasins. Il ne restait d'autre parti, si on abiindonnait le (iaire, que de se retirer dans la haute Kgypte, mais il aurait fallu pouvoir y transporter des munitions, et presque toutes les barques avaient été perdues à Rahmanyeh. Et quelles ressources espérer dans une contrée oii la peste la plus allVeuse dévorait les habitants?
D'ailleurs les approvisionnements étaient en mauvais état, les caisses vides, les magasins de l'artillerie épuisés; la peste s'était déclarée au (lairc, ({uelque temps avant la campagne; le nombre des malades qui entraient au lazaret s'élevait jus- ([ul\ eent cinquante par jour.
Dans cette triste position, et après avoir pris l'avis d'un conseil de guerre, Belliard proposa, le 21 juin, une suspension d'armes; les conférences (lurèreiit jusqu'au 26, et enfin le 27, il signa un traité d'évacuation, dont voici les principales conditions :
(( I^vacuation de toute la partie de la haute et moyenne Mgypte occupée par les Français au monicMit (lu traité; transport des troupes en France av(H' armes, bagages et munitions, aux frais de l'onneniictau plus tard dans cinquante jours; subsis-
tances fournies par les Turcs jusqu'à rembarquement, et par les Anglais jusqu'au débarquement; escorte fournie à l'armée pour garantir sa sûreté et son libre retour en France ; échange des prisonniers aussitôt après la ratification. »
Le général Menou jeta les hauts cris à la nouvelle de la capitulation du Caire ; il refusa d'abord de la ratifier; mais il finit par céder, et les troupes de Belliard s'embarquèrent, emportant avec elles les restes du général Kleber, que l'armée avait tant de sujet de regretter, et qu'elle ne voulut pas laisser exposés aux outrages d'une population fanatique.
De toute l'Egypte, il ne restait aux Français que la seule place d'Alexandrie; la brillante armée d'Orient était réduite à un seul corps de quatre mille cinq cents hommes campé sur les hauteurs de Nicopolis, et qui ne pouvait résister longtemps à des forces décuplées. Une clause du traité du Caire rendait la capitulation commune à la place d'Alexandrie, si le général Menou le jugeait convenable, maivS celui-ci, qui espérait de prochains renforts, refusa de profiter de cette clause. Cependant aucun mouvement n'avait lieu : les Anglais restaient immobiles dans leurs lignes, et Menou passait tout son temps à réparer les fortifications de la ville et à hérisser de retranchements inutiles les hauteurs de Nicopolis.
Dans les premiers jours d'août, après l'embarquement des troupes du général Belliard, Hutchinson, qui venait de recevoir d'Europe un renfort de deux régiments, prit le parti de forcer les positions '^^
liral>le, (l«»piiLs que cette ville et Lesbé étaient, orciipées par les Turcs. On ne pouvait pas songer il sr rallier aux divisions restées avec le général Mciiou; les troupes auraient eu beaucoup de peine il y parv<Miii', même en abandonnant au Caire tous leurs é([uipan^«'s, et elles auraient accéléré la reddllion d'Alexandri(% en contribuant à l'épuisement des magasins. Il ne restait d'autre parti, si on abandonnait le (laire, que de se retirer dans la haute Kgypte, mais il aurait fallu pouvoir y transporter des munitions, et presque toutes les barques avaient été perdues ii Rahmanyeh. Et quelles ressources espérer dans une contrée où la peste la plus affreuse dévorait les habitants?
D'ailleurs les approvisionnements étaient en mauvais état, les caisses vides, les magasins de rartillerie épuisés; la peste s'étaît déclarée au (laire, quelque temps avant la campagne; le nombre (les malades qui entraient au lazaret s'élevait jus- (|u'ii cent cinquante par jour.
Dans cette triste position, et après avoir pris l'avis d'un conseil de guerre, Belliard proposa, le 21 juin, une suspension d'armes; les conférences durèrent jusqu'au 26, et enfin le 27, il signa un traité d'évacuation, dont voici les principales conditions :
(( Kvacuation de toute la partie de la haute et moyenne Mgypte occupée par les Français au moni(Mil (lu traité; transport des troupes en France avec aimes, bagages et munitions, aux frais de ['(Minenii et au plus tard dans cinquante jours ; subsis-
tances fournies par les Turcs jusqu'à rembarquement, et par les Anglais jusqu'au débarquement; escorte fournie à l'armée pour garantir sa sûreté et son libre retour en France ; échange des prisonniers aussitôt après la ratification. »
Le général Menou jeta les hauts cris à la nouvelle de la capitulation du Caire ; il refusa d'abord de la ratifier; mais il finit par céder, et les troupes de Belliard s'embarquèrent, emportant avec elles les restes du général Kleber, que l'armée avait tant de sujet de regretter, et qu'elle ne voulut pas laisser exposés aux outrages d'une population fanatique.
De toute l'Egypte, il ne restait aux Français que la seule place d'Alexandrie; la brillante armée d'Orient était réduite à un seul corps de quatre mille cinq cents hommes campé sur les hauteurs de Nicopolis, et qui ne pouvait résister longtemps à des forces décuplées. Une clause du traité du Caire rendait la capitulation commune a la place d'Alexandrie, si le général Menou le jugeait convenable, mais celui-ci, qui espérait de prochains renforts, reiusa de profiter de cette clause. Cependant aucun mouvement n'avait lieu : les Anglais restaient immobiles dans leurs lignes, et Menou passait tout son temps à réparer les fortifications de la ville et à hérisser de retranchements inutiles les hauteurs de Nicopolis.
Dans les premiers jours d'août, après l'embarquement des troupes du général Belliard, Hutchinson, qui venait de recevoir d'Europe un renfort de deux régiments, prit le parti de forcer les positions du
.MC, DON APARTE
cette airaîro comme une grande reconnaissance, et les Français seraient restés encore assez forts pour tenir la campagne et pour tenter une nouvelle atta- ([Ue h la première occasion favorable.
\jV «rrnrral lleynier, n'entendant pas parler du «rénrral Menou, s(» décida à faire une seconde tentativi* sur Taile droite an<rlaise. Il espérait, en cas de succès, pouvoir rallier l(»s troupes dispersées et les faire a<^ir (h^ nouveau. — Tandis que la division Friant et la 8.V marchaient brennemi, et que l'artillerie légère avançait pour éteindre le feu des redoutes, Reynier se porta sur des mamelons voisins de la grande redoute, afin de bien étudier h's dispositions des ennemis, et devoir celles qu'il convenait de ])rendre pour les attaquer avec quel- (pie cliunce de réussir.
Dès ([ue les Anglais s'aperçurent que leur droite était le but de la principale attaque, ils y envoyèrent leur rés<'rve. Le général llutchinson, qui commandait la gauche y resta cependant toujours immobile avec six mille hommes, quoiqu'il n'eût devant lui ([ue huit cents hommes d'infanterie, trois cents chevaux et cent dromadaires.
Penchint toutes ces opérations, le général Menou s<' promenait derrière l'armée. — Lorsque Lanusse avilit «'lé l)lessé, il avait fait dire au général en ('h(*f qu'il désirait (jue le général Damas le remplaçât ; Menou n'avait rien répondu et n'avait pris aucune mesure pour réorganiser les troupes; mais avant rencontré la cavalerie, il lui donna Tordrcde charger. On chei'cha à lui ptM'suader que le moment
n'était pas opportun, et que c'était la sacrifier sans en espérer aucun avantage : il insista. Le général Roize, qui commandait cette cavalerie, attendit un troisième ordre pour se mettre en mouvement. Il fallut enfin obéir. Malheureusement, en passant dans les intervalles des 61® et 73*^ demi-brigades, la cavalerie arrêta leur marche. Le général Reynier, après s'être convaincu qu'on ne pouvait tenter une attaque avec les seules divisions Lanusse et Rampou, revenait chercher la division Priant et la 85®, lorsqu'il trouva la cavalerie de Roize déjà sous le feu de l'infanterie anglaise. Il n'était plus temps d'empêcher cette charge déplacée ; on aurait perdu presque autant de monde en restant en place qu'en achevant de l'exécuter. Le général Reynier fit accélérer le mouvement de ses troupes, afin qu'elles pussent la protéger; mais la 61® arrivait à peine au pied de la redoute, que déjà la cavalerie, après avoir mis un moment le désordre dans la première ligne anglaise, était repoussée.
Le général Silly venait d'avoir la cuisse emportée, plusieurs chefs de corps étaient blessés. Le général Baudot l'était mortellement.
Le général Roize et tous les chefs de son corps avaient vu la faute qu'on leur faisait commettre; mais irrités par la certitude d'être sacrifiés inutilement, ils combîittirent avec le plus vif acharnement. La première ligne, commandée par le général Boussart, et lormée des3° et 14° de dragons chargea la première ligne ennemie derrière la grande redoute; le 14®, arrêté par les fossés creusés sur le
7)1 s BONAPARTE
Iront (lu rani]), fut obligé de les tourner; les soldats ^r 'H'tiiii'iît vtMitn» à terre et se réfugiaient dans les Inilcs, où 1rs ehevaux s'embarrassaient. Un grand nombre (rolfioitM's ot de dragons ayant été tués, I)lrssrs oud^'uioiUés par le feu de flanc des redoutes rt ci'lui (les secondes lignes, on fut obligé de se rclirrr. Le général Houssart avait ét(î frappé de <I<Mix balles. L'infanterie anglaise reprit alors l'oirensive l't fut ienl()rc('»e par la réserve; mais dans l(*s eilorts (ju'il fit pour la rallier, le général v':j clu^f Abercroinbv fut l)lessé à mort. Le général lîoizc avait v[r lu('* ; un grand nombre d'officiers curriil Ir nirnie sort; d'autres furent blessés et (IcnionU's. La cavalci'ie française se retira en désor- <li«', <'t lors([u'rlle s(* fut reformée derrière Tinr:inl(M'i(\ ('11(' «Hait diminuée de plus des trois (juarls.
La destruction de la cavalerie ôtait tout espoir (!(' succî's. Le seul parti à prendre était de se retirer |)()ui' éviter (le nouv(*lles pertes et de chercher à I ('organiser l'arniée. Le général Reynier se rendit il [)InsitMirs reprises auprès du général Menou, pour lui (h'-niontrer la nécessité do cette retraite; celui-ci iK' sut à (|U()i s'îirrôler; les troupes restaient e\j)()S(''es au feu (l(»s lignes et des batteries ennemies sans faire aucun mouvement, et voyait à chaque instîHil leurs ])ertes s'accroître. Les munitions de rarllllerie étaient éj)uisées. Les Anglais firent avancer ([uel([ues corps (|ui prirent en flanc la V h'nère, et la (lé])us(|uèrent des mamelons qu'elle nceupail. Les t iiailleurs, (jui étaient sous la grande
redoute, furent aussi obligés de se retirer. Enfin, après deux heures d'indécision, le général Menou ordonna la retraite, qui se fit dans le plus grand ordre. Les Anglais n'osèrent pas quitter leurs retranchements, et l'armée française reprit, à onze heures du matin, sa position sur les hauteurs de Nicopolis.
Après Téchec éprouvé h Alexandrie, le seul parti à prendre était de ne laisser que les dépôts en garnison au Caire et dans les places les plus importantes des côtes, d'évacuer la haute Egypte, et de marcher avec toutes les forces actives sur un point du Delta d'où l'on pût à volonté tomber sur l'armée du Vizir ou sur l'armée anglaise, lorsque celle-ci ([uittorait son camp pour opérer dans l'intérieur. Mais lo général Menou persista à rester devant Alexandrie. 11 se borna a prescrire au général Donzelot de descendre de la haute Egypte sur le Caire, à rappeler quelques postes peu importants, et à enjoindre aux généraux Belliard et Morand de diriger sur Rahmanyeh onze cents hommes tirés des garnisons des places.
Le général Hutchinson avait succédé h Abercrombv dans le commandement de l'armée anglaise. Il l'ut rejoint, le 30 mai, par le capitanpacha, débarqué à la Maison-Carrée avec six raille Albanais, et soncfea aussitôt a étendre le cercle des hostilités. Il marcha d'abord sur Rosette, dont il s'empara le 18 avril. La garnison, composée de quatre cents hommes, se retira sur la rive droite du Nil, laissant dans le fort Jullien une garnison (le cent cinciuante invalides.
r)2<) BONAPARTE
Pour rtMiforcer sa position, Hutchinson fitpasser h's (»aiix (lu lac Ma'dyeh dans le bassin du lac MaiM'otls, en coupant la digue qui les séparait, afin de pouvoir y faire circuler des canonnières, l/inoiulation (Migloutit les terres de trente villages 4'l réduisit à la misère plusieurs milliers de Fellahs.
(les événements auraient dû engager le général Menou à concentrer ses forces sur Rahmânyeh pour s'opposer à Hutchinson ([ui, après l'occupation de l{os(»tle, n'osa pas maicher en avant, et resta plus d(* vingt jours campé à El-Hamed. — Le 9 mai, le général anglais n^cui d'Europe un renfort de trois milh» hommes, et prit la résolution d'avancer sur Kalimànveh. Toutefois, il ne le fît qu'en hésitant, et laissant dans le camp d'Alexandrie six mille hommes sous les ordres du général Coote. Le général Lagrangi», qui s'était replié sur Rahmànyeh, vil (|u'il ne {)ourrait résister aux forces ennemies, el opérîi dans la nuit sa retraite sur le Caire, abandonnant sa flottille avec les vivres et les munitions (pielle portait.
Les mauvaises dispositions prises par le général en chef et les événements qui en avaient été la suite, jetèrent la consternation dans Alexandrie; toute l'armée fit entendre des murmures. Ces marcjues d'un mécontentement unanime firent erîândre à INÏenou que les troupes ne lui ôtassent 1(^ commandement pour le déférer à Reynier qui, par suite de diverses tracasseries, avait renoncé à commander sa division et s'était retiré à Alexandrie, où il ne prenait plus aucune part aux opéra-
EN é(;ypte 521
lions. Meiioii le fit arrêter et le renvoya en France, ainsi que l'ancien chef d'état-raajor de Kleber, le général Damas.
La peste, qui avait fait de grands ravages dans l'armée ottomane, ayant cessé, le Vizir réunit environ vingt milles combattants qui, divisés en trois colonnes, passèrent le désert successivement, du 8 au 23 avril, et débouchèrent sur Qatyeh.
A l'approche des deux premières divisions conduites par Taber-Pacha et par Méhémed-Pacha, les garnisons de Sâlheyeh et de Belbeys se retirèrent sur le Caire. Le 30, le Vizir arriva à Sâlheyeh, et détacha Ibrahim, pacha d'Alep, avec deux mille hommes pour prendre possession de Damiette et do Lcsbé, qui avaient été évacuées par les Français. 11 vint ensuite camper à Koraïm.
En apprenant son mouvement, Belliard fit aussitôt revenir six mille hommes qui, d'après l'ordre du général Menou, descendaient a Rahmânyeh; il rappela Donzelot, et alla s'établir entre Boulaq et le Caire avec environ deux mille cinq cents hommes. Quelque temps auparavant, il avait invité Mourad- Bey à venir le joindre, mais ce chef était mort de la peste, le 22 avril, à Beny-Soueyf.
Lagrange arriva, le 13 mai, au Caire. Belliard, qui eut alors près de neuf mille hommes à sa disposition, résolut de faire une grande reconnaissance, d'attaquer l'armée turque s'il en trouvait l'occasion, ot de la rejeter dans le désert. Ce mouvement eut pu réussir, grâce à la lenteur du général llutchinson, qui était encore a deux journées
."i22 BONAPARTE
i\v H;ihin;uiy4*h. Il aurait fallu que le général français oprràt avec toutes ses forces; mais Belliard, n'osant |)as prendre sur lui Tabandon de la capitale (le rKgypte, y laissa une partie de ses troupes et en partit, le 15 mai, avec cinq mille cinq e(Mits hommes seulement, dont neuf cents de cavalerie; il avait en outre vingt-quatre pièces de eampa<j;ne.
Il se mettait en mouvement, le 16, à la pointe (lu jour, lors([u'on aperçut, près du village d'EI- /ouameli, un corps ennemi d'environ neuf mille hommes, tant infanterie que cavalerie, appuyé par ciiKi cents Anglais qui dirigeaient Tartillerie. — Les troupes françaises s'avancèrent sur les hauteurs (jui terminent le désert, à l'est d'El-Menayeh. L'inlanterie en carré forma les deux ailes; le centre «lait occupé par la cavalerie. — Le feu de l'artillerie française eut bientôt éteint celui de l'artillerie cnneniie. La cavalerie chargea sur les pièces, en prit deux et mit en fuite l'infanterie turque et la cavalei'ie anglaise; mais elle ne put pas les poursuivre, parce cpi'en s'éloignant de l'infanterie, elle p;)uvait être écrasée par la cavalerie du Vizir, bien supérieure» en nombre, et qui entourait déjà les Iroupes irancaises. Les Turcs tentèrent quelques charges contre les carrés; mais l'expérience des cainpa|^nes précédentes leur ayant démontré qu'il élail iin])ossil)le de les rompre, ils n'osèrent s'abandoiinei" il loute leur impétuosité, et le feu de l'artillerie suKit jiour les éloigner.
A mesnr(» ([uc les l'^i'ancais avançaient, les enne-
mis cédaient du terrain. Depuis plusieurs heures que ces escarmouches se prolongeaient sans résultat, les soldats, qui souffraient d'une chaleur excessive et surtout de la privation d'eau, commençaient à être accablés par la fatigue et par la soif; ils firent halte à des puits près d'El-Zouameh. — Pendant cet instant de repos, l'armée du Vizir, qui arrivait de Belbeys, se répandit autour d'eux; ils se mirent en mouvement pour attaquer les Turcs, mais ne purent engager un combat décisif. Quelques corps de cavalerie paraissaient dans l'éloignement prendre la route du Caire. On devait craindre qu'ils ne parvinssent à y pénétrer, ou que les démarches du Vizir, qui évitait un engagement, n'eussent pour but de laisser aux Anglais le temps d'y arriver et de s'en rendre maîtres. Belliard jugea qu'il était urgent de se rapprocher de cette capitale; les troupes y rentrèrent, le 17, et furent réparties de manière à en défendre toutes les avenues.
La position des Français était critique : disséminés dans tous les lorts et sur tous les points de l'enceinte immense du Caire, de la Citadelle, de Bouhui, du Vieux-Caire et de Gyzeh, ils avaient à défendre une ligne de douze mille six cents toises, de développement. Il laHait à la fois résister aux attaques extérieures, et contenir à l'intérieur une populace nombreuse et fort mal disposée.
11 n'y avait aucun espoir de battre les ennemis sous les murs du Caire. — La retraite sur Damiette, où il eut été possible de trouver des ressources et de prendre une j)osition défensive, n'était plus pra-
''2i DON A PARTE
tir-jhle. ili'iniis que cette ville et Lesbé étaient, • Mcup»>fs j»ar les Turcs. On ne pouvait pas songer ;i s«- liillitT îMix ilivisions restées avec le général Mt-nmi: l»-s troupes auraient eu beaucoup de peine a V paivi-nir. même tMi abandonnant au Caire tous ii-urs i'ijui|)iiirfs, et files auraient accéléré la reddition d'Alexandrir, eu contribuant a Tépuisement lies niiijT;isins. Il no restait d'autre parti, si on ;ib;indonnnit le (laire, que de se retirer dans la haute K^rypte. mais il aurait fallu pouvoir y transporter des munitions, et presque toutes les barques avaient été perdues à Rahmànyeh. Et quelles res- >ouri't's espérer dans une contrée où la peste la plus aflVeuse dévorait les habitants?
D'ailleurs les approvisionnements étaient en mauvais état, les caisses vides, les magasins de 1 artillerie épuisés; la peste s'était déclarée au (laire, quelque temps avant la campagne; le nombre des malades qui entraient au lazaret s'élevait jus- (ju'à cent cinquante par jour.
iJaiis celte triste position, et après avoir pris l'avis d'un conseil de guerre, Belliard proposa, le 21 juin, une suspension d'armes; les conférences ilui'i'rent jusqu'au 26, et enfin le 27, il signa un tiaité d'évacuation, dont voici les principales con- (lilions :
(( l^vacualion de toute la partie de la haute et m()y(Mine l^^gypte occupée par les Français au moiiKMil (lu traité; transport des troupes en France avec armes, bagages et munitions, aux frais de r(Minoini et au plus tard dans cinquante jours ; subsis-
tances fournies par les Turcs jusqu'à rembarquement, et par les Anglais jusqu'au débarquement; escorte fournie a l'armée pour garantir sa sûreté et son libre retour en France ; échange des prisonniers aussitôt après la ratification. »
Le général Menou jeta les hauts cris à la nouvelle de la capitulation du Caire ; il refusa d'abord de la ratifier ; mais il finit par céder, et les troupes de Belliard s'embarquèrent, emportant avec elles les restes du général Kleber, que l'armée avait tant de sujet de regretter, et qu'elle ne voulut pas laisser exposés aux outrages d'une population fanatique.
De toute l'Egypte, il ne restait aux Français que la seule place d'Alexandrie; la brillante armée d'Orient était réduite a un seul corps de quatre mille cinq cents hommes campé sur les hauteurs de Nicopolis, et qui ne pouvait résister longtemps à des forces décuplées. Une clause du traité du Caire rendait la capitulation commune a la place d'Alexandrie, si le général Menou le jugeait convenable, mais celui-ci, qui espérait de prochains renforts, refusa de profiter de cette clause. Cependant aucun mouvement n'avait lieu : les Anglais restaient immobiles dans leurs lignes, et Menou passait tout son temps à réparer les fortifications de la ville et a hérisser de retranchements inutiles les hauteurs de Nicopolis.
Dans les premiers jours d'août, après l'embarquement des troupes du général Belliard, Hutchinson, qui venait de recevoir d'Europe un renfort de deux régiments, prit le parti de forcer les positions du
:)2r» BONAPARTE
(riu'ral Menoii. Pour investir la place et couper 1rs vivit's aux. Français, il suffisait de s'emparer (Ir la laiiiTii'' <1^ l«M re où est situé le fort du Maral)()ul. \'A\ consrciuonc*», le général anglais fit préparer sur le lae Maréotîs une flottille de quatre riiils l)àllinenls (le tout(» espèce, et yfit embarquer ([uatn» mille hommes aux ordres du général Coote. I.r 17 août, (loole se diiigea entre le Marabout et nie Maryout, pendant (jue Ilntohinson, à la tète i\r la majeure partie de ses troupes, faisait une lausse atta([ue sur les retranchements de Nicopolis.
[NI^Miou, au lieu de rentrer dans la place, afin
d être en mesure de diriofer toutes ses forces con-
Ire l'ai taquin du o<''néral Coote, ce qui eût prolongé
lu défense, n'envoya sur le Marabout que cinq a
six eents hommes commandés par le général Ep-
plri', (lélaehement trop faible pour empêcher le
(h'l)ar([uenient. Coote opéra donc sa descente sans
opposition, mit le siè^e devant le Marabout, qui
capituln h^ 21, et la ligne anglaise, renforcée de
deux mille Tures, aux ordres du capitaii-pacha,
chassa l'.ppler du poste qu'il occupait, pendant
(juc le capitaine Cochrane pénétrait dans la vieille
lade d'Alexandrie avec septsloopsde guerre, etse
plaçai I lièrement en bataille devant les frégates
Irancaises.
Alors m«''me, le général Menou ne comprit pas la nécessite'' de concentrer ses moyens de défense; trois jours après, le général Coote, qui ne s'occupait (ju'à bon] barder le fort Leturcq, s'aperce-
BN EGYPTE 527
vaut de la faiblesse des postes qu'il avait devant lui, tenta dans la nuit un coup de main sur la place. Les avant-postes français furent surpris, et un bataillon de la 18® demi-brigade fut presqu'entièrement détruit. Cependant les Anglais, n'ayant pas poussé avec assez de vigueur leur attaque de gauche qui eût décidé du sort de la ville, ne retirèrent d'autre fruit de cette expédition nocturne, que la possession de quelques monticules près de la mer, où ils établirent de l'artillerie pour battre le fort en brèche.
Les jours suivants, le général Coote dirigea toute son artillerie contre le fort Leturcq, et réduisit bientôt les batteries françaises au silence.
Les vivres de la place touchaient à leur fin ; les hôpitaux, dépourvus des objets les plus nécessaires, étaient encombrés de deux mille malades ou blessés, et l'on pouvait à peine réunir deux mille cinq cents hommes en état de se battre. Dans cette extrémité, les généraux, prévoyant qu'il faudrait toujours en venir à une capitulation et qu'une plus longue défense ne servirait qu'à en rendre les conditions plus dures, se réunirent pour faire sentir au général Menou la nécessité d'entamer des négociations. Ce général écrivit à Hutchinson pour lui demander une suspension d'armes de trois jours, k l'effet de traiter de la reddition de la place.
Le général ennemi accueillit avec empressement cette ouverture, et après quelques débats, la capitulation définitive fut signée, le 31 août. On convint que l'armée française serait transportée en France
r)2S BONAPARTE
avcr armes, bagages et dix pièces de canon seulement.
Ine clause du traité portait que les collections particulières, les plans, dessins et manuscrits de la (Commission des arts, resteraient au pouvoir de rélat-major anglais. (Cet article fut à peine connu, (juo celle» (lommission députa vers le général Hutchinsoii trois do ses membres chargés de lui déclarer (jiie, s'il persistait à exiger la remise de leurs dessins, manuscrits et collections, ils les jetteraient à la mer, et dénonceraient à TEurope Todieuse violence qui frappait en eux le monde savant. (l(»tte noble démarche eut un plein succès, et les admirables travaux de la Commission d'Egypte furent conservés à la France.
L'ennemi trouva à Alexandrie quatre cent cin- (|iiante pièces de canon sur les batteries de terre, quatre-vin<i^ts sur les bâtiments, deux cents milliers (le pondre, huit cents chameaux, trois cents chevaux, des magasins considérables de riz, de café (M d'huile.
Le chef de brigade du génie, Bertrand, refusa d'adhérer à la capitulation; c'est en vain qu'on lui représenta que toute défense était désormais inutile ; (pie Ta mirai Ganteaume, qui avait tenu la mer pour tenter d'introduire des secours dans lu place, était rentré à Toulon ; il répondit (( Que les vues d'un gouverneur de place et du conseil de guerre ne devaient pas s'étendre au delà (les renij)arls : avait-on des vivres? était-on menacé d être enlevé d'assaut? c'étaient ces deux
BIT mz fiSI9
seules questions qu^il fallait traiter; que les mala*" dies faisaient de grands ravages dans les campsanglais; que les derniers bâtiments qu'on ai reçus d'Europe faisaient connaître qu'on traitait de la paix; qu'en mettant toutes ces considération» de côté, rhonneur des armes voulait que la défense fut prolongée jusqu'au dernier jour; que, déjii,' l'acquisition de l'Egypte avait été trop facile aux '', ennemis; que* peut-être on pouvait prolonger la défense encore de deux mois, et que, si au bout de^ ce temps on était obligé de se rendre prisonniers de guerre, on n'en rentrerait pas moins dans la .1; patrie, avec plus de gloire et plus de considération que par une capitulation pareille à celle d'El-A'rycb ; que les capitulations où les intérêts étaient stipulés avec le plus d'avantage n'étaient pas les plus, honorables. »
« Si le général Menou, a dit plus tard 'Napoléon» eût pu se maintenir dans Alexandrie jnsqpi'«tl 15 novembre, il eût été délivré par les préliim-^' naires de Londres, et sa position eût été consi^ dérée pour quelque chose dans les conditions définitives de la paix d'Amiens. »
:)'2l) BOXAPAllTE
Pour r«Milorc(M* sa position, Hutchinson Gtpasser 1rs «'aux (lu hu* Ma'clyeh dans le bassin du lac MîiiJ'otis, rn coupant la digue qui les séparait, afin dv pouvoir y l'aire circuler des canonnières. I/iiiondation (Mî<^loutit les terres de trente villages rt rrduisit il la misère plusieurs milliers de Fellahs.
('.«'S événements auraient dû engager le général Meuou à concentrer ses forces sur Rahmanyeh pour s'opposer à Hutchinson qui, après l'occupation de Rosette, n'osa pas marcher en avant, et resta plus dr vingt jouis campé à El-IIamed. — Le 9 mai, le génT'ral anglais reçut d'Europe un renfort de trois mille hommes, et prit la résolution d'avancer sur Kahmanyeh. Toutefois, il ne le fit qu'en hésitant, cl laissant dans le camp d'Alexandrie six mille homm(»s sous les ordres du général Coote. Le général Lagrange, (pii s'était replié sur Rahmanyeh, vil (|u il ne pouirait résister aux forces ennemies, ri opéra dans la nuit sa retraite sur le Caire, aban- (h)miant sa flottille avec les vivres et les munitions (jurlle portait.
[.es mauvaises dispositions prises par le général (Ml chef et les événements qui en avaient été la suite, jetèrent la consternation dans Alexandrie; toute l'jirmée fit entendre des murmures. Ces niar([u(^s d'un mécontentement unanime firent craindre à Menou que les troupes ne lui ôtassent !<' cominaiulemeiit pour le déférer à Reynier qui, pai' suite de diverses tracasseries, avait renoncé à commaiidci' sa division et s'était retiré à Alexandrie, où il ne prenait plus aucune part aux opéra-
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lions. Menoii le fit arrêter et le renvoya en France, ainsi que l'ancien chef d'état-major de Kleber, le général Damas.
La peste, qui avait fait de grands ravages dans l'armée ottomane, ayant cessé, le Vizir réunit environ vingt milles combattants qui, divisés en trois colonnes, passèrent le désert successivement, du 8 au 23 avril, et débouchèrent sur Qatyeh.
A l'approche des deux premières divisions conduites par Taber-Pacha et par Méhémed-Pacha, les garnisons de Sâlheyeh et de Belbeys se retirèrent sur le Caire. Le 30,1e Vizir arriva à Sàlheyeb, et détacha Ibrahim, pacha d'Alep, avec deux mille hommes pour prendre possession de Damiette et de Lesbé, qui avaient été évacuées par les Français. Il vint ensuite camper à Koraïm.
En apprenant son mouvement, Belliard fit aussitôt revenir six mille hommes qui, d'après l'ordre du général Menou, descendaient a Rahmânyeh; il rappela Donzelot, et alla s'établir entre Boulaq et le Caire avec environ deux mille cinq cents hommes. Quelque temps auparavant, il avait invité Mourad- Bey à venir le joindre, mais ce chef était mort de la peste, le 22 avril, à Beny-Soueyf.
Lagrange arriva, le 13 mai, au Caire. Belliard, qui eut alors près de neuf mille hommes à sa disposition, résolut de faire une grande reconnaissance, d'attaquer l'armée turque s'il en trouvait l'occasion, et de la rejeter dans le désert. Ce mouvement eut pu réussir, grâce à la lenteur du général Ilutchinson, (jui était encore à deux journées
<lr UaliinAiiyrli. Il aurait fallu que le général français opôràt avec toutes ses forces; mais Bellîard, n'osant pas prendre sur lui Tabandon de la capitale cl<» rKgyple, y laissa une partie de ses troupes et en paitit, le 15 mai, avec cinq mille cinq (•«•nls hommes seulc^ment, dont neuf cents de cavalerie: il avait en outre vingt-quatre pièces de canipaj^ne.
il se mettait en mouvement, le 16, à la pointe (In jour, lorsqu'on aperçut, près du village d'El- /onameli, un corps ennemi d'environ neuf mille hommes, tant infanterie que cavalerie, appuyé par cin([ cents Anglais qui dirigeaient l'artillerie. — L(*s li'oiipes françaises s'avancèrent sur les hauteurs ([ni terminent le désert, à l'est d'El-Menayeh. L'inlîinlei'ie en carré forma les deux ailes; le centre ('Init occupe'' par la cavalerie. — Le feu de l'artillel'ie française eut bientôt éteint celui de l'artillerie (MUKMnie. La cavalerie chargea sur les pièces, en prit deux et mit en fuite l'infanterie turque et la cavalerie anglaise; mais elle ne put pas les poursuivre, parce qu'en s'éloignant de l'infanterie, elle p;)uvail cire écrasée par la cavalerie du Vizir, bien supérieure en nombre, et qui entourait déjà les lr()U[)es Iraucaises. Les Turcs tentèrent quelques ( 'haro(\s contrcî les carrés; mais l'expérience des eanipîiMnes précédentes leur ayant démontré qu'il élail impossible dr les rompre, ils n'osèrent s'abandonncM- à loute leur impétuosité, et le feu de l'artillerie sullil poui' l(^s éloigner.
A mesure (|U(* les l^'raueais avançaient, les enne-
mis cédtaient du terrain. Depuis plusieurs heures que ces escarmouches se prolongeaient sans résultat, les soldats, qui souffraient d'une chaleur excessive et surtout de la privation d'eau, commençaient à être accablés par la fatigue et par la soif; ils firent halte h des puits près d'El-Zouameh. — Pendant cet instant de repos, l'armée du Vizir, qui arrivait de Belbeys, se répandit autour d'eux; ils se mirent en mouvement pour attaquer les Turcs, mais ne purent engager un combat décisif. Quelques corps de cavalerie paraissaient dans l'éloignement prendre la route du Caire. On devait craindre qu'ils ne parvinssent k y pénétrer, ou que les démarches du Vizir, qui évitait un engagement, n'eussent pour but de laisser aux Anglais le temps d'y arriver et de s'en rendre maîtres. Belliard jugea qu'il était urgent de se rapprocher de cette capitale; les troupes y rentrèrent, le 17, et furent réparties de manière à en défendre toutes les avenues.
La position des Français était critique : disséminés dans tous les forts et sur tous les points de l'enceinte immense du Caire, de la Citadelle, de Boulaq, du Vieux-Caire et de Gyzeh, ils avaient à défendre une ligne de douze mille six cents toises, de développement. Il fallait à la fois résister aux attaques extérieures, et contenir à l'intérieur une populaoo nombreuse et fort mal disposée.
11 n'y avait aucun espoir de battre les ennemis sous los murs du Caire. — La retraite sur Damiette, où il eut été possible de trouver des ressources et de prendre une position défensive, n'était plus pra-
tiral)le, depuis que cette ville et Lesbé étaient, occupées par les Turcs. On ne pouvait pas songer il s«* rallier aux divisions restées avec le général Mniou; 1rs troupes auraient eu beaucoup de peine à y parv(»nir, même (mi abandonnant au Caire tous leurs é([uipa<ros, et elles auraient accéléré la reddition d'Alexandrie, (mî contribuant à Tépuisement des magasins. II ne restait d'autre parti, si on abandonnait le (laire, que de se retirer dans la haute Kgypte, mais il aurait fallu pouvoir y transporter des munitions, et presque toutes les barques avaient été perdues à Rahmânyeh. Et quelles ressources espérer dans une contrée où la peste la plus aflreuse dévorait les habitants?
D'ailleurs les approvisionnements étaient en mauvais état, les caisses vides, les magasins de Tartillerie épuisés; la peste s'était déclarée au (lairc, quelque temps avant la campagne; le nombre des malades qui entraient au lazaret s'élevait jus- (|u'à cent cinquante par jour.
Dans cette triste position, et après avoir pris l'avis d'un conseil de guerre, Belliard proposa, le 21 juin, une suspension d'armes; les conférences durèrent jusqu'au 26, et enfin le 27, il signa un liaité d'évacuation, dont voici les principales conditions :
(( l^vacuatlon de toute la partie de la haute et moyenne l'Egypte occupée par les Français au moment du traité; transport des troupes en France îiv(H' armes, bagages et munitions, aux frais de l'ennemi et au plus tard dans cinquante jours; subsis-
tances fournies par les Turcs jusqu'à rembarquement, et par les Anglais jusqu'au débarquement; escorte fournie a l'armée pour garantir sa sûreté et son libre retour en France ; échange des prisonniers aussitôt après la ratification. »
Le général Menou jeta les hauts cris à la nouvelle de la capitulation du Caire ; il refusa d'abord de la ratifier ; mais il finit par céder, et les troupes de Belliard s'embarquèrent, emportant avec elles les restes du général Kleber, que l'armée avait tant de sujet de regretter, et qu'elle ne voulut pas laisser exposés aux outrages d'une population fanatique.
De toute l'Flgypte, il ne restait aux Français que la seule place d'Alexandrie; la brillante armée d'Orient était réduite à un seul corps de quatre mille cinq cents hommes campé sur les hauteurs de Nicopolis, et qui ne pouvait résister longtemps à des forces décuplées. Une clause du traité du Caire rendait la capitulation commune à la place d'Alexandrie, si le général Menou le jugeait convenable, mais celui-ci, qui espérait de prochains renforts, refusa de profiter de cette clause. Cependant aucun mouvement n'avait lieu : les Anglais restaient immobiles dans leurs lignes, et Menou passait tout son temps à réparer les fortifications de la ville et h hérisser de retranchements inutiles les hauteurs de Nicopolis.
Dans les premiers jours d'août, après l'embarquement des troupes du général Belliard, Hutchinson, qui venait de recevoir d'Europe un renfort de deux régiments, prit le parti de forcer les positions du
y2i\ BONAPARTE
irriu'ral M CHOU. Pour Investir la place et couper 1rs vivrrs ;m\ Français, il suffisait de s'emparer i\v l:i lantrin* de ttM'i'c où ost situé le fort du Marahnul. I^ii consrcinenrc, le général anglais fit préparer sur le lac Maréotis une flottille de quatre iM'Mts hàlinuMits (le touti» espèce, et y fit embarquer (|uatrc mille hommes aux ordres du général Coote.
Kr 17 août, (loole se dii'itrea entre le Marabout et
l'ilc Mîiryout, [)cn<laiit que lïutchinson, à la tète (le la majeure partie de ses troupes, faisait une lausse attacpie sur les retranchements de Nicopolis.
Menou, au lieu de rentrer dans la place, afin
(1 èlre en niesnre de dirinfcr toutes ses forces con-
lie Tal laque du vénérai (^oote, ce qui eût prolongé
la deiense, n'envova sur le Marabout que cinq à
six cents hommes commandés par le général Kp-
|)lei', délachemenl troj) faible pour empocher le
<h'l)ar([uenienL Coote opéra donc sa descente sans
opposition, mit le siège devant le Marabout, qui
capilulîï le 21, et la ligne anglaise, renforcée de
(Umix mille Turcs, aux ordres du capitan-pacha,
chassa llppler du poste qu'il occupait, pendant
(jue le capitaine Cochrane pénétrait dans la vieille
riulo d'Ah^xaiidrie avec sept sloops de guerre, et se
phieait fièrement en bataille devant les frégates
Iraiicaises.
Alors même, le général Menou ne comprit pas la iié('essit<'' de conc(Mitr(^r ses moyens de défense; trois jours après, le général Coote, qui ne s'occu[)aiL (ju'à Jjondjarder le fort Leturcq, s'aperce-
vaut de la faiblesse des postes qu'il avait devaut lui, tenta dans la nuit un coup de main sur la place. Les avant-postes français furent surpris, et un bataillon de la 18® demi-brigade fut presqu'entièrement détruit. Cependant les Anglais, n'ayant pas poussé avec assez de vigueur leur attaque de gauche qui eût décidé du sort de la ville, ne retirèrent d'autre fruit de cette expédition nocturne, que la possession de quelques monticules près de la mer, où ils établirent de l'artillerie pour battre le fort en brèche.
Les jours suivants, le général Coote dirigea toute son artillerie contre le fort Leturcq, et réduisit bientôt les batteries françaises au silence.
Les vivres do la place touchaient à leur fin; les hôpitaux, dépourvus des objets les plus nécessaires, étaient encombrés de deux mille malades ou blessés, et l'on pouvait à peine réunir deux mille cinq cents hommes en état de se battre. Dans cette extrémité, les généraux, prévoyant qu'il faudrait toujours en venir à une capitulation et qu'une plus longue défense ne servirait qu'à en rendre les conditions plus dures, se réunirent pour faire sentir au général Mcnou la nécessité d'entamer des négociations. Ce général écrivit a Hutchinson pour lui demander une suspension d'armes de trois jours, à l'effet de traiter de la reddition de la place.
Le général ennemi accueillit avec empressement cette ouverture, et après quelques débats, la capitulation définitive fut signée, le 31 août. On convint que Ta r niée française serait transportée en France
r)28 BONAPARTE
avcr armes, bagages et dix pièces de canon seu- ItMiient.
l'ne claiiso du traité portait que les collections particulières, les plans, dessins et manuscrits de la (Commission des arts, resteraient au pouvoir de l'état-major anglais. Cet article fut à peine connu, (jue celte ('onimlssion députa vers le général Hutchinsoii trois de ses membres chargés de lui déclarer que, s'il persistait à exiger la remise de leurs dessins, manuscrits et collections, ils les jetteraient à la mer, et dénonceraient à l'Europe Todieuse violence qui frappait en eux le monde savant. (!(»tle noble démarche eut un plein succès, et les admirables travaux de la Commission d'Egypte furent conservés à la France.
I/ennemi trouva à Alexandrie quatre cent cin- ([iiante pièces de canon sur les batteries de terre, quatre-vingts sur les bâtiments, deux cents milliers (le poudre, huit cents chameaux, trois cents chevaux, des magasins considérables de riz, de café ol d'huile.
Le chef de brigade du génie, Bertrand, refusa d'adhérer à la capitulation; c'est en vain qu'on lui reprr^senta que toute défense était désormais inutile ; que l'amiral Ganteaume, qui avait tenu la nuT pour tenter d'introduire des secours dans la place, était rentré à Toulon ; il répondit « Qiio les vues d'un gouverrieur déplace et du conseil de <ruei're ne devaient pas s'étendre au delà (les renij)arts : avait-on des vivres? était-on menacé d'être enlevé d'assaut? c'étaient ces deux
v777K^ir-£Ti")ç^
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seules questions qu'il fallait traiter; que les maladies faisaient de grands ravages dans les camps anglais; que les derniers bâtiments qu'on ava' reçus d'Europe faisaient connaître qu'on traitait de la paix; qu'en mettant toutes ces considérations de côté, l'honneur des armes voulait que la défense fut prolongée jusqu'au dernier jour; que, déjà, l'acquisition de l'Egypte avait été trop facile aux ennemis; que» peut-être on pouvait prolonger la défense encore de deux mois, et que, si au bout de ce temps on était obligé de se rendre prisonniers de guerre, on n'en rentrerait pas moins dans la patrie, avec plus de gloire et plus de considération que par une capitulation pareille à celle d'El-A'rych ; que les capitulations où les intérêts étaient stipulés avec le plus d'avantage n'étaient pas les plus honorables. »
« Si le général Menou, a dit plus tard Napoléon, eût pu se maintenir dans Alexandrie jusqu'au 15 novembre, il eût été délivré par les préliminaires de Londres, et sa position eût été considérée pour quelque chose dans les conditions dé6nitives de la paix d'Amiens. »