‹ Bonaparte en EgypteChapitre 23 sur 24 · L'EGYPTE SOUS MENOU · texte numérisé non relu

L'EGYPTE SOUS MENOU

Menou succède à Kleber dans le commandement en chef de l'armée d'Orient (14 juin 1800). — Situation de l'Egypte au point de vue militaire et administratif. — Théâtre du Caire; le premier Consul Bonaparte invite le ministre de l'intériour à envoyer une troupe de comédiens. — Apparition de la flotte anglaise ; mesures prises par Menou. — Débarquement des Anglais; forces respectives des deux armées, — Combat du lac Ma'dyeh (13 mars- 1801). — Réunion de l'armée française à Alexandrie; position des Anglais ; le général en chef de l'armée anglaise Abercroraby, mouille dans la rade d'Aboukir. — Bataille du camp des Romains ou de Canope, (21 mars) ; mort du général Abercromby. — Capitulation du fort Jullien (19 avrilj. — Combat d'El-Ràhmanyeh (9 mai) : combat d'El-Khànqah (16 mai). — Blocus du Caire par les Anglais (20 juin), capitulation du Caire (25 juin). — Marche de l'armée anglaise sur Alexandrie; siège [d'Alexandrie (lU août). — Capitulation d'Alexandrie (2 septembre).

Après la mort de Kleber, le général Menou prit par intérim le commandement de l'armée. «Il avait soixante ans, un esprit agréable, des connaissances étendues, était grand travailleur, bon administrateur, quoique un peu faiseur, il n'avait jamais commandé d armée, si ce n'est celle de l'intérieur. Soit défiance de ses forces, soit modestie, il offrit le commandement en chef au général Reynier, qui était le plus ancien après lui; celui-ci, comme de raison le refusa, la loi était précise.

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I.e gt^mSrnl lleynier étiiit ii6 il LnusuDiie, y éi^ élevé pour Hrc ingénieur- géographe, coitnofteait l>icD la cnrte, avait fait les cumpiigites 'i/t$ armées du Nord et du Rhin, y avait ncquisla rtjmlalîon d'un homme do lion conseil; mais il œani[uait (les qinilitês les plus nécessaires ii un chef; 11 aimait la soUitiLude, était d'un caractùre fryid, «lei»' fieux, se communiquait peu, ne savait ni électriser ni dominer les hommes.

a La nouvelle de la mort de Kleber arrïvn CQ Europe au mois d'octobre 1800. T.c premier Consul eut un moment l'idée de rappeler Menou elReyaïer, et de confier à Lanusse le commandeinentcu uhef; f'ctiiit le plus ancien après eux. Il avait conimcap* sa carrière dans les Pyrénées-OricntaUs, s'était distingué pendant les campagnes d'Italie. IJrillnnl (levant l'ennemi, il avait le feu suri'c. un caractûp: décidé, actif, entreprenant, et était dans la foret de l'âge. Mais quand et comment arriverait tn Kgypte cette nomination? Tout calculé, il y nraîl plus d'inconvénients à changer l'ordre naturel i]u'à s'y abandonner- Le premier Consul nu pouvait alors avoir aucune idée de cette complète privutitv de toute qualité militaire qu'on n dcpuit) rei-onaiie dans Menou.

« Lt: général Menou s'était montré très oontroirt à la convention d'EI-A'rych; il était vu très favorablement par les naturels du pays, dont il atail embrassé la religion, il s'était marié îi une min*^ mane; son esprit, ses connaissances, sa probiH» n'étaient contestés par personne. Sana doute, I*

soldat se raillait quelquefois d'Abdallah-Menou, qui priait la face tournée vers l'orient, et dont la femme avait toujours le visage voilé; mais son âge, sa brillante bravoure, Téclat qui rejaillissait sur lui d'avoir été un des pères de la liberté française (1), son attachement au général Bonaparte, qu'il manifestait avec chaleur; tout cela lui concilia l'opinion de l'armée. 11 renvoya en France les malveillants qui nourrissaient encore quelque idée d'évacuation, et, peu de semaines après avoir pris le commandement, il avait détruit tous les partis et rallié l'armée. Les douze millions de contribution queKleber avait imposés à la ville du Caire n'était pas perçus ; Menou les fit rentrer avec exactitude. Les quatrevingts bâtiments turcs et leur chargement qui avaient été séquestrés dans le port d'Alexandrie n'étaient pas encore vendus ; il en tira cinq millions pour le trésor public. Le Nil, en 1800, monta plus haut que les autres années ; la récolte fut aussi plus abondante, et les contributions plus considérables ; il en améliora la perception. Estève, administrateur des finances, jeune homme plein de zèle, détruisit beaucoup d'abus et éclaira l'administration tortueuse des Coptes. La douane de

(1) Menou [Jacques-François) était né en 1750, à Boussay de Loches, dans la Touraine. Sa famille était noble et ancienne. Son perc, capitaine des grenadiers do Franco le fit entrer de bonne heure au service, et il avait le erade de maréchal de camp depuis le 5 décembre 1781. Il avait c'té membre de rAssembléo constituante avait voté avec la minorité de la noblesse ; proscrit depuis, sous le règne de la Montagne, il se réfugia dans l'armée républicaine de la Vendée, y servit comme général de brigade, et y lut blessé grièvement. Après le 9 thermidor, il fut élevé au commandement on chef de l'armée de l'Iatérieur, fut destitué le 12 vendémiaire 1795, traduit devant une commission militaire et acquitté. Il désira faire les campagnes d'Italie, mais ne put y parvenir. Il fut plus heureux en 1798 ; lo général Bonaparte le désigna pour faire partie de l'expédition d'Egypte. 11 mourut eu 1810 à Venise où il était gouverneur.

Suez rciulit davantage, toutes les branches du revenu furent plus productives; Tadministration se ressentit de cette abondance; l'armée fut exactement soldée, bien habillée, bien nourrie; les hôpitaux et les lazarets, fournis de tout ce qui leur était nécessaire ; la cavalerie et l'artillerie, bien montées, (iette dernière eut jusqu'à cent pièces de campa <rne attelées, avec double approvisionnement, i.e régiment des Dromadaires fut porté au grand complet et imprima dans le désert une salutaire tei-reiir. Des moulins à vent, des poudrières, des manuraetiires de drap et d'autres établissements ([ue dirigeait C.ontc pourvurent aux besoins de l'armée !'.

Les habitants du pays avaient appris quelques mois iVan(;ais, et les Français quelques mois (Tarahe ; b(^aueoup le parlaient de manière à se faire entendre, Meuou inspira aux cheiks plus de eonilanee ([lie son prédéceseur : il était innocent (le Ton liage (ju'ils avaient reçu dans la personne (l'h^l-Sàdiit.

Le chef (le brigade Damas, aide de camp de KU^her, (|U(* eelui-ci avait envoyé en France, pour justifier sa eonduite auprès du premier Consul et protester de son dévouement, rapporta en Kgyptc la nouvelle de la victoire de Marengo et de l'étal pi'os[)('re (le la République. Une fètc funèbre fui eélébi'ée au (laire en Thonneur du brave Desaix, in(»rt sur le champ de bataille de Marengo, le 14 | juin ISOO. le mémo jour, à la même heure que ,

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Kleber succombait sous le poignard d'un vil assassin (l).

Des amateurs formèrent une société et élevèrent un théâtre au Caire. Les cheiks et les ulémas furent assidus aux représentations et parurent s'y plaire. Une troupe de comédiens pour les opéras et ballets étaient en route. Bonaparte n'ignorait pas que tout ce qui tend a maintenir la gaieté dans une armée française éloignée de sa patrie était d'une réelle importance. Dès son retour à Paris il écrivait à Laplace, ministre de l'Intérieur :

ce Les (Consuls de la République, vous invitent h vous occuper de suite des moyens de rassembler une troupe de comédiens pour TEgypte. Il serait bon qu'il y eut quelques danseuses. Le ministre

(1) « Le général Dcsaix partit d'Alexandrie sur le bâtiment ragusin appelé La Madone de ^rdce de Saint-Autoinc de /'arfoMc. 11 avait des passeports du (irand Vizir, du commandant anglais devant Alexandrie, qui, j>our assurer (iavautagc son passage, avait mis à son bord un officier anglais. Il fut arrêté par l'amiral Keith et conduit à Livournc, contre le droit dos gens. C'est en vain qu'd montra ses passe-ports et que l'officier anglais qu'il avait à son bord se récriait contre cette insigne mauvaise' foi. Arrivé dans la rade de Livourne, on dégréa le bâtiment, on lui ôta son g uvornail, l'exposant ainsi à échouer.

Le général Uesaix fut mis .ui Lazaret dans une espèce de prison. L'amiral Keitk eut la bassesse de joindre l'insulte à la violation, du droit des gens il lui envoya proposer vingt sous par jour àluict à chacun des soldats français prisonniers en ajoutant, avec une plate ironie, que ré<çalité proclamée en France voulait qu'il ne fiH pas mieux traité qu'eux.

fi fut. en conséquence, mis dans la même cour que les soldats, et on lui refusa Ion le espèce de secours, jnscju'aux gazettes et quelques livres militaires. « Je ne vous demande rien, répondit Dcsaix, que de me délivrer de voire présence. Faites, si vous le voulez, donner de la paille aux blessj's (pii sont avec moi. J'ai traité avec les Mameluks, les lupcs, les Anatoliens, les Arabes du grand dt'sert, les Ethiopiens, les noirs du Darfour, les Tarlares; tous respectaient leur parole lorsqu'ils l'avaient donnée et ils n'insidl aient pas des hommes dans le malheur. » L'amiral Keith, fit phis, il eût la lâcheté d'engager le patron du bâtiment sur lequel était le général l)<'saix d(; déclarer (jne ce bâtiment lui appartenait lui promettant 1.000 gjiinécs pour récompense ; il voulait fonder sur cette déclaration un libellé contre le général Desaix. Le bon patron génois s'y refusa fornielhiment (Bulletin de l'armée de Réserve du 18 juin dSOO] . Enfin le brave Ue.saix put arrivera Toulon le 10 mai 1800, Le ^^ juin il trouvait une mort glorieuse sur le champ de bataille de MarcDgo.

Wi lins Al-* HT E

de la mnrmo vous fournira des moyens de li port > (1).

Lcii coDiiniriiiciitioDB avec la Frnticu l'iiiL'iit «.-liUti iiiinée-là trës fn^quenteH. Les malles airivnienl presque tous les mais eu Kpyple. Le Gouvorncinvflt' friiD<;ni6 avait donné des primes considérables ass armateurs tjui y portaient des vins et des marclKUidises d'Europe. Les denrées y étaient n UU pilx <:i)iivcnnhle. Le sentiment d'union, d'attachomsDl an Goiiverneraent cl à la République, cet e»pnl de gluire et de bonheur qui animait alurs tout U peuple français se répandirent sur l'armée d'Orient. An ii^cït des journées de Mareiigo, de Hohttolindcn, du Mincio, elle n'éprouvait qu'une frninlc, celle de se trouver en arrière; elle désirait avw iirdeur Larrivée d'une armée auglaisc pour acquérir quelque gloire et se maintenir ilc pairovcclv* autres armées.

Plusieurs mois s'écoulèrent sans qii'niiCHTie UftStilité vînt troubler la paix de l'Egypte. Cependoill une armée anglaise était arrivée dans la Médilerriinée, et dès le mois de décembre, cette année n\'ait rei;u ii Kbodes et à Macrî tout ce qui étnît nécessaire pour ouvrir la campagne. \.t\ flotte qui h transportait sortit de ce dernier port, dès qu' eut la nouvelle que le capîtaii-pacha avait mis k \k voile de Constantinople avec un renfort de lâ mille Albanais et janissaires. Le 1*'' mars 1801, Us Angliiis arrivèrent devant la rade d'Abiiukir. Mnïi ils furent lorcés do retarder leur débiirqucmeol.

m CorreB]iondance, (piùcc tSOt). IS Doveiiibrc IT»g

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les vents du nord et du nord-est rendant la mer trop houleuse.

Le jour même de l'arrivée de la flotte anglaise dans la rade d'Aboukir, la frégate française la Régénérée entra dans le port d'Alexandrie. Elle venait de Rocliefort, et portait deux cents hommes de la Sl'^' demi-brigade, une compagnie d'artillerie et des munitions. Le brick le Lodiy qui arriva le même jour de Toulon, avait laissé dans ce port la flotte de Ganteaume, portant un renfort de quatre à cinq mille hommes, destiné à l'Egypte. Cette nouvelle prouva à l'armée d'Orient que le gouvernement pensait sérieusement à la secourir.

L'apparition de la flotte anglaise fut connue au Caire le 4 mars; le général Menou avait jusqu'alors dédaigné les avis qui lui arrivaient de tous les côtés sur cette expédition. Il n'avait même pas voulu que des bâtiments fussent envoyés pour observer les préparatifs des Anglais et surveiller leurs mouvements. 11 n'existait sur la côte aucun corps que Ton put opposer avec succès au débarquement; les places négligées depuis la mort de Kleber n'étaient pas suffisamment approvisionnées.

Tous les rapports donnaient la certitude que le Vizir n'était pas encore prêt à agir, et qu'il ne rraiichiraitle désert que lorsqu'il apprendrait d'une manière positive le succès des Anglais. On savait ([u'Aboukir était le seul point de la côte qui pût leur convenir pour opérer une descente et se porter sur Alexandrie. La seule disposition à prendre était

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donc de réunir toutes les forces de rarniée et de niarclier sur Aboukir.

L(»s griirraux s'attendaient h en recevoir Tordre, lorscju'ii leur <rrand étonnement, Mcnou prit des dispositions toutes contraires. Il ordonna au général Kcvnier de partir sur-le-champ pour Belbeys avec deux (lemi-l)ri<ijades et l'artillerie de sa division; au général Morand d'aller promptenient à D.iiniclte avec cinq cents hommes de la division luunpon qui, précédemment, avait été appelée au (laiiM\ et au «vénérai Bron de partir pour Aboukir avec le 22'' réf^iment de chasseurs, fort seulement (l<* d(uix cent trente chevaux. Le reste de la cavalerie chit attendre di's ordres k Boulaq. La division Lanusse ne ])artit que le 14 mars, pour Rahraânycli, et cncoie la 38^', la plus forte demi-brigade de cetle division, (ut-elle appelée au Caire.

C/cst en vain que plusieurs généraux de division clicrclièrent à faiie comprendre au général en chef la nécessité de rassembler promptenient rarmée d'Aboukir. Il ne voulut rien écouter, et n'entendant pas j)arler du débarquement qui, comme nous Tavons dit, avait été retardé par les vents con- (laires, il resta persuadé que les dispositions qu*il a va il prises étaient excellentes.

Le 7 mars, les vents soufflant du nord-ouest, la mer devint j>]ns calme, et les Anglais purent s'occujM'i' (le \cu\' (lébap(|uenient. Ils envoyèrent des clia- I()U|)('s armées vers la bouche du lac ^Nla'dveh, dans !«' l»Nl (le s'emparer du lac et d'interrompre la (■(>mnmnicali(>n directe d'Alexandrie avec Rosette:

mais les cent hommes, qui descendirent à terre pour cette opération furent culbutés par quarante grenadiers et leur entreprise n'eut pas de résultat.

Dès l'arrivée de la flotte anglaise, le général Priant avait envoyé cent cinquante hommes k Rosette, quatre cent cinquante à Edko et à la Maison-Carrée, et quinze cent cinquante fantassins, cent quatre-vingt cavaliers et dix canons a Aboukir. Il ne conserva pour la garde d'Alexandrie que les marins et les invalides.

Ce faible corps ne suffisait pas pour empêcher le débarquement d'une armée qui avait à sa disposition un grand nombre de chaloupes et tous les moyens de la marine britannique. Aussi les Anglais ne fondaient-ils quelque espérance de succès que sur la faiblesse numérique des troupes qu'ils savaient devoir leur être opposées. Ils désignèrent, pour opérer le premier débarquement, l'élite de leurs troupes, réunirent toutes leurs chaloupes, et y embarquèrent, le 8 mars, six mille hommes sous les ordres des majors généraux Aloore et Ludlow.

Les chaloupes, formées sur une ligne séparée en cinq divisions, s'approchèrent lentement de la côte. Les troupes françaises, pour se garantir du feu des chaloupes canonnières ennemies, disposées en avant et sur les lianes de barques de transport, prirent positions derrière les mamelons de sable dans l'oidre suivant : la Gl° demi-brigade, avec une pièce do douze, deux obusiers et ses deux pièces de quatre, près du lac Ma'dyeh, sa droite appuyée à la tète de la digue; le 18*^ de dragons, i» la gauche

(le celte deml-brîgade ; le 20° de dragons, et la 7.y sur le revers occidental de la Hauteur dite des Puits, Les détachements de la 25® et de la 51", fornu'^rent, avec deux pièces de huit et un obusier, uno rrs(uve entre ce dernier corps et le fort d'Aboukîr. \a\ Hauteur des Puits était un mamelon de sable miMivnnl, à pento rapide, surtout du côté de la mer. il élait le seul offrant, à des troupes qui débarquent^ unr |)<)siti()n militaire avantageuse.

Les chaloupés anglaises restèrent longtemps au niilitMj de la baie, paraissant menacer tous les points de la côte. Arrivées à portée du canon, elles se seirèrent davantage et vinrent aborder au pied do la Hauteur des Puits, Les matelots ramaient d<'])out et avec vigueur, sans s'inquiéter du feu de rai'tlllerio française, Tinfanterie était couchée au fond dos clialoupes. Aussitôt débarquée, la droite gravi I promptement la Hauteur et s'y rangea en halaillc. La oauchc s'étendit sur le revers de façon il appuyer sou flanc à la mer; mais, chargée par la ()!" dcMui-brigade, elle ne put résister à ce premier cl. oc; déjà les soldats jetaient leurs armes, ({uand ils furent secourus par la seconde ligne qui venait d(^ cl»'!)arqucr. La 01% trop faible alors pour culbuter les Anglais et reprendre la Hauteur^ borna ses cHorls il scmtenir le cond^at.

A hi gauche de la 61% le 18^ et le 20° de dragons cliiug» l'cnt les premières troupes formées sur /^/Ti/w- Iciii'. !îi poussés il cette première atta(jue,îlstcntèrent une seconde cliarge sur la gauche des ennemis ; mais le len (le la seconde ligne les força k se retirer.

La 75°, avertie trop tard du débarquement, trouva les Anglais formés sur la Hauteur-, son déploiement ne put pas s'effectuer, ses premiers pelotons, ayant été en un instant mis hors de combat par les feux de la ligne anglaise. Elle fut forcée d'opérer sfi retraite.

Les pièces d'artillerie, placées à la gauche française, ne faisant pas assez d'effet, on chercha à les rapprocher de la Hauteur, ainsi que les détachements de la 51° et de la 25°; mais ce mouvement fut retardé par les sables ; les Anglais eurent le temps de se former avant l'arrivée de ces détachements, qui rejoignirent alors la 75° demi-brigade retirée h trois cents toises de la ligne ennemie.

La 61° reçut l'ordre de se replier; les soldats, mêlés depuis deux heures avec les Anglais et d'autant plus échauffés, que la chance paraissait tour-^ ner en leur faveur, eurent quelque peine k quitter le champ de bataille On envoya dans Aboukir une compagnie pour renforcer la garnison du fort, et les troupes rentrèrent à Alexandrie, afin de protéger, en cas d'attaque, cette place importante.

Les troupes, qui étaient à Edko, reçurent, par des signaux, l'ordre de venir aussi à Alexandrie. Mais cet ordre ayant été mal interprété, on évacua et démantela la Maison-Carré, poste fortifié et dont la conservation Importait à la défense de la bouche du lac.

Certains de la i-etraite des Français, les Anglais blo(juèrcnt le fort d' Aboukir, et poussèrent leur avant-garde jusqu*au défilé de l'Embarcadère.

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TjC 11, il oinq heures du soir, on apprit au Caire le débarquement des Anglais. Ce fut alors que toute rurméc pu apprécier la faute qu'on avait faite de ne pas marcher au premier avis. Menou avait ainsi j)erdu le temps le plus favorable, et les sept jours écoulés depuis l'apparition des Anglais jusqu'à h^ur débarquement. La cavalerie aurait pu, k marche forcée, arriver le 8; dix mille hommes et cin(|uante pièces de canon auraient pu être réunis le JO, vers Aboukir, et exterminer l'armée ennemie avant qu'elle eût achevé de s'organiser, débarqué son artillerie et retranché son camp. Cette occasion était perdue. On était instruit des préparatifs du Vizir pour traverser le désert, mais on ne pouvait savoir si on aurait le temps d'aller battre les Anglais et de revenir sur la frontière de Svrie avant l'arrivée des Turcs. Les Anglais avaient-ils poursuivi chaudement les troupes qui s'étaient opposées il leur débarquement? leur avaient-ils fait éprouver une perte sensible? avaient-ils profité de ce premier succès pour attaquer aussitôt Alexandrie, et s'emparer de cette ville par un coup de main? Voilà ce qu'on ignorait complètement. Alexandrie n'élait j)as en état de tenir huit jours contre une atla(|ue réoulière; on pouvait craindre de n'arriver (j n'a près sa chute. D'ailleurs, et quand même j les Anglais n'auraient pas attaqué cette place, ils avaient en lout le temps nécessaire pour se retraocher dans (jnelcjuc forte position. — D'après toutes ces considérations, on devait sentir la nécessité de rass(Mnl)ler promptement un corps d'armée

nombreux, d'abandonner plusieurs postes et de ne laisser que de faibles garnisons dans ceux que Ton jugerait à propos de conserver.

Le général Lanusse, arrivé le 8 à Rahmânyeh, y avait entendu le canon d'Aboukir, et était parti aussitôt pour aller au secours du général Priant, avec lequel il effectua sa jonction sur les hauteurs de Nicopolis en avant d'Alexandrie.

Le corps de l'armée anglaise débarqué à terre, le premier jour, se trouva longtemps livré à luimême. Le débarquement des autres corps ainsi que celui de l'artillerie et df^s chevaux, retardé par la grosse mer, ne fut terminé que le 11.

Les généraux anglais avaient mis à profit le temps que l'armée avait passé à Malte et en Natolie, poui' instruire les troupes, et les préparer aux manœuvres d'un débarquement qui devait être exécuté avec ordre et célérité. On avait appris aux soldats à se former en carré pour soutenir les charges de cavalerie, précaution d'autant plus nécessaire qu'on ne pouvait embarquer que de faibles détachements de cette arme; on s'était appliqué à faire confectionner un grand nombre de fascines et de gabions que la flotte devait transporter au besoin pour le siège d'Alexandrie — Cette flotte, qui portait le corps d'armée arrivant par la Méditerranée, était commandé par Tamiral Keith; elle se composait de quatre vaisseaux de quatre-vingt canons, de trois de s()ixante-([natorze, de cinq frégat(îs, de douze corv(îll(*s ou bricks, de (juarante gros bâtiments armés en llùte, et de plus de quatre-vingts

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navires mni'cliands; ce ([uî formait un tutiil *rfirvî luii cent cîri([iianl(.' voiles.

I.'iirinée anglaise, placée sons les mj'Uich diigt^iiê' nil sir Ralph Abercromby ayant pour iicuteuuiit fii^ni^ral sir Hcly Hiitchiiistm, était forte do dixsrpt mille cinq cents combattants, parmi Itistgucl» on comptait douze cents cavnlïcrs, et quntorae cents uitilleurs ou pionnii^rs; les renforts qui illl■iv^l'ent Biiccessivemeiit eu avril, i>ii juin et «it juillft, portèrent son effectif il pins de vîngt-dctnt mille hommes; elle était divisée en dix brigodpJt • loni hnit d'inraiitorii> cummandtVs p»!- les gëiiélaiix DovIp, Liidlow, Coole, Kraddok, Chv«b, Stnnrt, Moore et Oukos et deux de cavalerie comminidccs pnr Ips gén^runx Finch et Lnwson.

Ces troupes n'étaient pas les seules forces oir glaises goe les Français devaient avoir il riimluiltre; nn corps était parti de l'Inde et rcmonlu In Ronge, dans le bnl aussi de déburquor vn Ëgv-ptc: ce corps, iiux ordres du major généial Haîrd, éutît composé d'un végïment anglais, Pt de sept régiments eipayes du Bengale, présentant un efPerlif de six mille baïonnettes.

Le corps du capitan-pacha, dont nous «voi» parlé, était composé de six mille Albiinuis ou jniiii^' soîres.

L'armée du A'i/ir complaît vingl-Irois riulb combattants dont plus de dix mille cinq ccnU cavaliers.

Ainsi, tontes les forces deslinées ii agir r»»"* les Français ne pouvaient s'évoluer à moins df

cînquante-hiiît mille hommes, parmi lesquels ou eu comptait envirou douze mille de cavalerie. L'armée IVaucaise, dout les forces actives,

réuuuies devaut Alexaudrie, ue préseutaieut eucore qu'uu efiectit de ueuf mille sept ceuts hommes, était réduite réellement à seize mille combattants disponibles, bien que la récapitulation de toutes ses forces présentât un total d'environ vingt-sept mille hommes. Voici d'ailleurs cette récapitulation :

Sous Alexandrie, forces actives 9.710

Au Caire, à Rosette, à Damictte et dans la haute- Egypte 5 . 320

Artillerie de campagne t^50

Soldats du train et gardes des parcs 750

Officiers 1 .960

Cavaliers démontés 480

Troupes de garnisons, dépôts, marins, artillerie

des places 6 . 300

Détachement arrive par la Régénérée 400

Malades aux hôpitaux 996

Employés, 600

Total 26.8bo

T.os troupes réunies à Alexandrie se composaient <les brijrados Baudot et Delegorgue, aux ordres des généraux de division Damas et Priant, et formant l'aile droite commandée par le général Reynior ; des brigades Eppler, Destaing et Sornet, formant le centre, aux ordres du général Rampon ; des brmadi^s Sillv et Valentin, formant l'aile gaiich(% aux ordres du général Lanusse;la cavalerie, divisée en trois brigades commandées par les généraux Bron, Broussart et Roize, reconnaissait pour chef supérieur ce dernier général.

Lo 12, il huit heures du matin, les Anglais se mirent en marche. Les généraux Priant etLanusse, <M)ns[(lérant <{ue le lac Maréotis n'était pas pratical)le dans cette saison, et que le reste de Tarniée IVançalse pourra difficilement se réunir à eux, si les ennemis s'établissaient sur des digues du canal li'Alexandrie et du lac Ma'dyeh, résolurent (l«* s'op[)oser, avec leurs faibles ressources, au mouviMiienl des Anglais, afin de conserver cette importante communication. La garde d'Alexandrie fut laissée aux marins et aux dépôts, et les deux ji;énéraux s'avancèrent jusqu'à la pointe du lac MaMyeh, sur les hauteurs voisines du camp des llomains, avec seulement quatre mille cinq cents hommes c[ vingt-deux pièces d'artillerie.

Les enniMnis n'avançaient pas vite : leur infan- [ov'ic avait de la peine à se traîner dans les sables niouvaîiîs. Des chaloupes canonnières, entrées dans le hu", s'avançaient à sa gauche, suivies d'un ^rand n.omhre de barques chargées de munitions, (le vivres et d'eau douce. Dès que les Anglais virent les l'rançais maîtres des hauteurs qu'ils avaieii! le dessein d'occuper, ils s'arrêtèrent, et on sViuova rreipro((uement quelques volées. Mais ils n'osèriMit pas atta(pier, et à trois heures de Laprèsinidi, ils etal)lirent leur camp à moins de deux li(Mies vie leur point de départ.

Le l(MulenKiin, 13, à la pointe du jour, ils se r(Mnireni en marche. lled(»utant l'impétuosité Iraïuaise el surtout la cavalerie, ils étaient formés sur trois lignes. Au centre était un carré, dont le*

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côtés étaient composés d'iDfanterie en colonnes serrées.

L'aîle gauche s'ébranla la première ; elle suivit le bord du lac Ma'dyeh afin de s'appuyer au canal et de tourner la droite des Français ; le centre se mit en mouvement plus tard et la droite après lui.

Le centre s'avançait lentement sur le revers d'une hauteur, où les Français ne pouvaient l'apercevoir, et l'aile gauche paraissait isolée. Le général Lanusse crut qu'il pourrait la culbuter par une attaque très vive, avant que le reste de Tarmée eût le temps de venir à son secours. Après avoir demandé et obtenu l'assentiment du général Priant, il fit îivancer la 69® sur les hauteurs qui bordent la mer, pour occuper la droite des ennemis, laissa deux bataillons en réserve, et se mit en marche avec le reste de ses troupes et le 22® régiment de chasseurs.

Lanusse venait de commencer son mouvement, quand les Anglais parurent sur la hauteur. La première ligne s'avança, ce qui empêcha les Français d'arriver sur le flanc de l'aile gauche avant de l'attaquer. Le 22*^ régiment de chasseurs la chargea avec impétuosité, la traversa et fit poser les armes à deux bataillons ; mais les feux, exécutés avec beaucoup de vivacité et de précision par la seconde liorne, le forcèrent a faire retraite en abandonnant ses prisonniers. Pendant ce temps la 4° légère, sous les ordres de l'adjudant général Boyer, attaquait avec avantage le reste de la première ligne et la faisait ployer. La 18® se forma en bataille sur sa gauche ; mais la colonne, qui

Le 12, à huit heures du matin, les Anglais se mirent en marche. Les généraux Priant etLanusse, considérant <{ue le lac Maréotis n'était pas praticable dans cette saison, et que le reste de Tarniéc IVançalsc pourra difficilement se réunir à eux, si les ennemis s'établissaient sur des digues du canal d'Alexandrie et du lac Ma'dyeh, résolurent (le s'op[)os«»r, avec leurs faibles ressources, au mouvement des Anglais, afin de conserver cette impoi'tante communication. La garde d'Alexandrie fut laissée aux marins et aux dépôts, et les deux j^énéraux s'avancèrent jusqu'à la pointe du lac MaMyeh, sur les hauteurs voisines du camp des llomains, avec seulement quatre mille cinq cents lioinnu^s et vingt-deux pièces d'artillerie.

Les ennemis n'avançaient pas vite : leur infant(M'le avait de la peine ii se traîner dans les sables mouvaiils. Des chaloupes canonnières, entrées <lans le lac. s avançaient a sa gauche, suivies d'un n^rand iu)ml)re de barques chargées de munitions, de vivi'(»s (4 il'eau douce. Dès que les Anglais virent les Français maîtres des hauteurs qu'ils avalcnl le dessein d'occuper, ils s'arrêtèrent, et on s'en v() va réciproquement quelques volées. Mais ils ir<)sèreiU ])as attacpier, et à trois heures de l'aprèsmidi. Ils rtablirent leur camp à moins de deux lieues de leur point de départ.

Le I(Muleniain, 13, à la pointe du jour, ils se reuiireiil eu marche. lled(»utant l'impétuosité Iraueaisi' cl surtout la cavalerie, ils étaient formés sur trois lignes. Au centre était un carré, dont les

cotés étaient composés d'iDfanterie en colonnes serrées.

L'aile gauche s'ébranla la première ; elle suivit le bord du lac Ma'dyeh afin de s'appuyer au canal et de tourner la droite des Français ; le centre se mit en mouvement plus tard et la droite après lui.

Le centre s'avançait lentement sur le revers d'une hauteur, où les Français ne pouvaient l'apercevoir, et l'aile gauche paraissait isolée. Le général Lanusse crut qu'il pourrait la culbuter par une attaque très vive, civant que le reste de Tarmée eût le temps devenir à son secours. Après avoir demandé et obtenu l'assentiment du général Priant, il fit avancer la 69® sur les hauteurs qui bordent la mer, pour occuper la droite des ennemis, laissa deux bataillons en réserve, et se mit en marche avec le reste de ses troupes et le 22® régiment de chasseurs.

Lanusse venait de commencer son mouvement, quand les Anglais parurent sur la hauteur. La première ligne s'avança, ce qui empêcha les Français d'arriver sur le flanc de l'aile gauche avant de l'attaquer. Le 22® régiment de chasseurs la chargea avec impétuosité, la traversa et fit poser les armes à deux bataillons ; mais les feux, exécutés avec beaucoup de vivacité et de précision par la seconde liirne, le forcèrent a faire retraite en abandonnant ses prisonniers. Pendant ce temps la 4® logcre, sous les ordres de l'adjudant général Boycr, attaquait avec avantage le reste de la première ligne et la faisait ployer. La 18® se forma en bataille sur sa gauche ; mais la colonne, qui

r)0(> nONAPAKTE

niarcliait a la droite du centre des Anglais, se déploya rapidement et elle ne put achever son mouvement pour lui faire face. La 4® et le 22** de chasseurs, trop faibles pour soutenir seuls le combat, commencèrent alors leur retraite.

PcMidant ce temps, le général Friant s'était avancé avec les 25** et 75'', précédés des tirailleurs (jui inquiétaient Taile gauche des Anglais. La 61* avait aussi marché jusqu'à la pointe du lac Ma'dyeh et attaquait cette aile qui avait fait halte et ripostait par des feux très nourris. Mais étant trop inférieure en nombre et le mouvement, projeté par le général Lanusse, n'ayant pas pu être exécuté, elle se retira sur la digue du canal. Le général Friant fit reprendre aux 25'' et 75" leur position sur la hauteur.

Les généraux français comprirent qu'il y aurait téméi'ité de leur part à se commettre plus longtemps avec des forces si supérieures à celles dont ils disposaient, et qu'ils feraient de vains efiorts pour empc^cher l'ennemi d'occuper cette position. Us ordonnèrent la retraite ; une charge, exécutée avec un ensem])le remarquable par le 3^ de dragons, protégea la retraite de la 4° légère, qui était assez f^ravement compromise, et ralentit la marché des Anglais. I^a 09° forma l'arrière-garde de gauche, en suivant le bord de la mer, attendit, ii portée de fusil, la droite des ennemis, et exécuta dans le meilleur ordre une retraite par échelon. La 61* fit une pareille retraite sur la droite près du canal. Les tJ'oupes françaises prirent position sur les hauteurs de Nicopolis.

L'année anglaise, après avoir dépassé les hauteurs (lu camp des Romains, déploya ses colonnes du centre : elle parut longtemps hésiter si elle attaquerait les Français ; mais Abercromby se borna à faire marcher son aile gauche vers le grand mamelon, au delà des étangs, et à détacher vers le canal un bataillon que le feu des pièces françaises, placé sur la hauteur de Nicopolis, et quelques tirailleurs jetés dans le canal, forcèrent promptement à la retraite. — La droite ennemie campa au bord de la mer vers le camp des Romains ; la gauche s'établit près du canal d'Alexandrie, visà-vis là pointe du lac Ma'dyeh, et travailla aussitôt sans relâche à fortifier cette position par une ligne de redoutes.

Les Anglais eurent, dans cette affaire, 1.500 hommes hors de combat. Les Français n'en perdirent que 500. Cette différence énorme provient de ce que les Français étaient bien inférieurs en nombre, de ce que leur artillerie avait sur celle des Anglais une grande supériorité, et de la brillante charge du 22^^, qui mit un grand nombre d (Mineniis hors de combat, Le brave Lanusse fut légèrement blessé.

Les deux généraux français sentaient que la position (les hauteurs de Nicopolis n'était pas susceptible d'être défendue si l'armée ennemie vcMiait l\ Taltaquer et ([u'il fallait avant tout s'occuper de la sûreté d Alexandrie. Ils laissèrent à Nicopolis une forte avant-garde pour tromper les (Minenils, (*t leur faire croire que leur intention

5(>K iio.N«i'«ii'i'n

('■lail (le défendre celle position. Mais paar sduIc iiir In rc'lruilp et préparer les moyens de résUlîiin'c d'Almandiie, ils firftnt réparer rmicieiinr l'iiccinte des Arabes et y placèrent lu 4' légtiu îivpc deux hutaillons de la 18''; le 3° bataillim (l« lett» deiiii-brigade fut étsiblî k la redoute commciu'ée sur la hauteur dite de Cléopdtre ; le3'batiiU- 1(111 de In 35° occupa les hauteurs près du la rolonne de Pompée. On s'oeeupa on même temps de perrectionner les fortifieatlons. Comme U lavalerie devenait inutile pour la dtïfeuse cle la place, et que les magasins étaient k peu près dégarnis de fourrages, on ne garda que le 18* d« dragons. Le reste fut dirigé pendant la nuit Bof RahmSuyeh, au-devant de l'armée. Cette cavali-ri» éprouva beaucoup de difficultés pour traverser b lac Maréotis.

Les généraux qui étaient à Alexandrie firent partir, le 16, un bâtiment pour instruire le gOBvernenient de ce qui s'était passé, et avertir l'arnîral Canteaume, de In position de la llottc anfflaiiSe.

La situation de l'armée franeaiso devenait diflicile. Maîtres des digues, les Anglais s'oppogaïunl à la réunion des troupes sous Alexandrie, k miMS que les Français ne parvinssent k découvrir daitt le bassin du lac Maréotis un chemin pratïcabl* pour l'artillerie. Les ennemis pouvaient nt£ni<- ( faire entrer l'eau de la mer par une coupure ii I* digue qni sépare ce lac du lac Mn'dy«h. —Lu général Bampon, arriva, le 17, ii RuhmAnreb. Irf lendemain, on découvrit ii travers le lac MaréoUt

une route praticable pour Tartillerie. Le 20, Tarniée fut enfin réunie devant Alexandrie.

Pendant ce temps, Abercromby avait fait le siège d'Aboukir. Ce petit fort, écrasé par une artillerie supérieure et par les bombes, capitula le 19, pour éviter d'être pris d'assaut. Les Anglais avaient achevé de retrancher leur position ; ils y avaient transporté des vaisseaux, une forte artillerie pour armer les redoutes. Quelques escarmouches avaient eu lieu. — Le 18, un escadron de dragons anglais rencontra vers Beydah cinquante hussards français, détachés avec une compagnie de carabiniers pour reconnaître les positions de l'ennemi sur le canal. Les dragons et les hussards se chargèrent simultanément ; mais ces derniers traversèrent l'escadron anglais, et, faisant brusquement volte-face, prirent à dos les ennemis qui, ne pouvant s'arrêter, furent ainsi poussés sur la compagnie des carabiniers qui acheva de les exterminer.

Les troupes une fois réunies, il n'y avait plus à attendre pour attaquer l'ennemi. Une victoire assurait la possession de l'Egypte, elle donnait les moyens d'arrêter la marche du Vizir et celle du corps anglais venu de l'Inde. Il valait mieux risquer une défaite que de rester en présence d'Abercromby a temporiser et à consommer les faibles approvisionnements d'Alexandrie, tandis que l'armée du Vizir, répandue dans l'intérieur du pays, aurait le temps de prendre Damiette. Salheyeh et les autres petits forts, d'en massacrer les faibles garnisons et

ée I I II II It* >Mttmtt n bllnt »as^ «nier Tamèc mm^bmaK cèl le tctops de recevoir diia

kc ^in'iatiii B*rti |Mfi navï^bU' <)ans la »•■■■ ■* r«B se troarûL, md» i(uui. mirux eùl «Ja iiliiiiK TaUMjBr. afin d'rssnVLT par IIA ■■■iiMUl rttnf!»dt. d'rngagvr l<r» Anglais à H JEmtfT fmar fairr If »(^ d'Alex;! utlric, cl ies altïnr aîasi sur bb dumii dp balaillir yXas vnMk, M rat^KT trpablîcatnr. prw&latil di> su supériorité em «rtiUrTK Icgcre <m m raralcrie, niimil, sans MWDB duale. renpnrlé In vîcKiire ; niai* l( Ur rOil Irwp iMrrf-a^ux pour ijnr l'an pAl Y pcnM-T.

Lrs ftinemis (paient »u|>''rirurs eit nt>nil)r(>, Ui Dccopaifnl use poûtiou si 1>uudc, cjue le surccx rUit plus i{nf duottax ; un nr ptinxiiit enallcndre qae d'an coup de Tiguear sur auc de leur» a'jhf~

— Le plus embarrassant èlaîl de fnîre pwndrc lie bannes dlsposîiioits b Meoiio. luut û EJitl élrOD- >{er à la «tierre et ne Titainnt ernntrr aucun aviv

— Ce génêi-ul fil cependant demander un plan d'attaque au générât Lauuxse, et eehiî-ci luî etiTuva un prttjel ciimbîor de rotiL-ert aver It j^éuéral Keynier. Menou adoptu ce pmjet, le lil rédiger en ordre du j«ur et l'envoya aux gèuératu il dix heures du soir,

Les Anglais n'occupaient par leur posittun tfte 1,.'Î00 toises de dêreloppement. Leurs deux aitc* iippiiyt-s, la droite a la mer et la gaurlie au |i|c. l'tuîcnt flanquées pai' des chaloupes canon nier».'

la gauche était, en outre, fortifiée par des redoutes construites sur la digue du canal d'Alexandrie et couverte par des étangs. D'autres redoutes, placées sur les hauteurs occupées par le centre de l'armée, prenaient h revers toute la gauche; enfin le centre était également flanqué par la position de l'aile droite et par une redoute élevée à côté de l'ancien camp des Romains. Ces ouvrages contenaient une nombreuse artillerie. Des troupes étaient campées derrière, sur deux lignes ; la réserve formait une troisième ligne en arrière de la gauche. L'attaque de la droite était seule praticable. On pouvait espérer de la culbuter par une vigoureuse charge, et de la déborder par la marche supérieure de l'infanterie française : il convenait de faire ensuite donner toutes les troupes sur le centre, tandis que l'aile gauche serait occupée par une fausse attaque, et enfin de profiter du moment favorable pour décider le succès avec la cavalerie, et acculer les Anglais au lac Ma'dyeh.

Les forces de l'armée française s'élevaient à huit mille trois cent trente hommes d'infanterie, mille trois cent quatre-vingt de cavalerie et à quarante-six pièces de canon. L'armée anglaise était forte de seize cent mille fantassins et de deux cents cavaliers; elle avait douze pièces de canons attelées et trente en position dans les redoutes, sans compter celles dos chaloupes canonnières.

Une heure avant le jour, l'armée française fut réunie aux avant-postes. Le général Lanusse, commandant la gauche, pensait que des grenadiers.

b traite de Tarmi»

:her ilirecgrsënil Vaientin, entr« elle et le r à ta dUpoeïtîon arcWr pris do U SdW, b saiviieen ■s- amecha, attaquer Mie, U position et : aais sa ilivipar na •• «Hire par l« sJpit^T^mf^A» de «■■irr« le plan r«ate f»ctitm Béceusirt.

■*» 4« Relier, dmtl M F In 4taa^ «■ le ««Btre. pour «lliiôtM que la gavcbi

r ^m^ z eBe devait anssi déta- ■ «ept oftnc k* ^vc W« pour occuper la t dr» Aigbiji. cc k« wp^ber d'envoyer aur des treapc» ^, tb h snprrioriu^ de Imr anere- ■■raieel rmhams^i Iw (-'rançaU. C« rorpa dcvaîi tire r«afM¥ê par It? ^i-n^rnl Bixtn. d^lach^daiH le faaasn dn lac Marêoiisavcc dem T^menls de cavatrric ; il de%-sjt ^trr, rn outre, M«i(teë par une fausse atlni|uo dt^s dromadaïro* «m- If canal, do rnl# de Bevciah. On nni: î'i "in

plus fondé à croire que cette fausse attaque occuperaît beaucoup les Anglais et y retiendrait leurs troupes, qu'ils n'avaient pas connaissance de la réunion de l'armée à Alexandrie, et pouvaient craindre d'être attaqués de ce côté, ce qui permettait d'agir sur leur droite avec égalité de force. La cavalerie devait marcher en seconde ligne derrière l'infanterie, jusqu'à ce que la gauche eût enfoncé la droite ennemie, et alors profiter du désordre pour faire une charge qui décidât la victoire.

Au point du jour, les dromadaires commencèrent leur fausse attaque; ils surprirent la première redoute, y firent vingt prisonniers, se servirent d'une pièce de canon qu'ils y trouvèrent pour tirer sur les autres redoutes et fixer fortement sur ce point l'attention des Anglais. Le général Lanusse et les autres divisions se mirent alors en mouvement. Un premier redan fut promptement enlevé par une compagnie de carabiniers de la 4® légère, qui y prit une pièce. La brigade* du général Silly marcha sur la grande redoute. Le général Lanusse s'aperçut alors que le général Valentin avait quitté le bord de la mer, et dirigeait sa brigade dans le rentrant de la redoute et du camp des Romains, où les feux croisés , auxquels elle était en butte la faisaient hésiter ; il y courut, la rallia et la ramena à la charge. Il reçut en ce moment une blessure mortelle. Cet événement ralentit l'impulsion, on n'ordonna pas le déploiement de cette brigade, et les soldats, exposés au feu meurtrier de l'ennemi, furent contraints d(; h<î disperser derrière les mamelons. La 4* légère, qui

r)()4 BONAPAllTE

\.r 12, il huil heures du matin, les Anglais se mirnit t'iMnarche. Les frénéraux Priant et Lanusso, <oiisi(lrr;nil (|ne le lac Maréotis n'était pas praticahlr ihiiis relie saison, et que le reste de TinintM' IVaiiealse pourra difiicilenient se réunir ii eux, si los rniieniis s'établissaient sur des digues du eanid d'Alexandrie et du lac Ma'dveh, résolurent (le s'opposrr, avec leurs faibles ressources, nu inouvcnient des Anglais, afin de conserver cette iin|)(nla:ite coinnuinicallon. La gardi» d'Alexandrie lut laissée aux marins et aux dépots, et les deux ^('iiéraux s'avancèrent jusqu'à la pointe du lac Ma'dvch, sur les hauteurs voisines du camp des !î(Mnai;i^, avec seulement quatre mille cinq cents h(niim.v^ el vingt-deux plèc(*s d'artillerie.

Les ennemis n'avançaient pas vite : leur infaiilerle aviMî de la peine à se traîner dans les sables uKMiva lîs. Des chaloupes canonnières, entrées dans h' !ae, s avançaient à sa gauche, suivies d'un ij^rand rionibiM» de barques chargées de munitions, i\r vis les et d'eau douce. Dès (jue les Anglais vil (Mil lis l'rançais maîtres des hauteurs qu'ils a\aiei!î le dessein d'occuper, ils s'arrêtèrent, et on s*en\('V;' i'«'«ei[)r()([uement quelques volées. Mais ils li'o^iM ('■ ! pas alla(|uer, et à trois heures île l'après- !iii(li, ;U ,'lai)lirenl ](»ur camp à moins de deux lieiK's Ir leiH" |)(>inl de départ.

Le I 'l'ileinain, I.'n à la pointe du jour, ils se reinii'Hl eu marche. Ued(»utant l'impétuosité IVaneaise cl surtout la cavalerie, ils étaient formés sui' ti(M*s lii^iies. Au centre était un carré, dont les

EN KGYPTE 505

côtés étaient composés d'iDfanterie en colonnes serrées.

L'aile gauche s'ébranla la première ; elle suivit le bord du lac Ma'dyeh afin de s'appuyer au canal et de tourner la droite des Français ; le centre se mit en mouvement plus tard et la droite après lui.

Le centre s'avançait lentement sur le revers d'une hauteur, où les Français ne pouvaient l'apercevoir, et l'aile gauche paraissait isolée. Le général Lanusse crut qu'il pourrait la culbuter par une attaque très vive, avant que le reste de Tarmée eût le temps devenir à son secours. Après avoir demandé et obtenu l'assentiment du général Priant, il fit avancer la 69® sur les hauteurs qui bordent la mer, pour occuper la droite des ennemis, laissa deux bataillons en réserve, et se mit en marche avec le reste de ses troupes et le 22® régiment de chasseurs.

Lanusse venait de commencer son mouvement, quand les Anglais parurent sur la hauteur. La première ligne s'avança, ce qui empêcha les Français d'arriver sur le flanc de l'aile gauche avant de l'attaquer. Le 22*^ régiment de chasseurs la chargea avec impétuosité, la traversa et fit poser les armes à deux bataillons ; mais les feux, exécutés avec beaucoup de vivacité et de précision par la seconde ligne, le forcèrent a faire retraite en abandonnant ses prisonniers. Pendant ce temps la 4'^ Ic'gère, sous les ordres de l'adjudant général Boyci', attaquait avec avantage le reste de la première ligne et la faisait ployer. La 18° se forma en bataille sur sa gauche ; mais la colonne, qui

r)()() IJONAPAHTE

marchait à la droite du centre des Anglais, se déploya rapidement et elle ne put achever son mouvement pour lui faire face. La 4® et le 22*^ de chasseurs, trop faibles pour soutenir seuls le combat, commencèrent alors leur retraite.

P(Muhint ce temps, le général Priant s'était avancé av(^c les 25'^ et 75^, précédés des tirailleurs (|ui in([uiétaient l'aile gauche des Anglais. La Cl'' avait aussi marché jusqu'à la pointe du lac Ma'dveli et atta(piait cette aile qui avait fait halte et ripostait j)ar des (eux très nourris. Mais étant trop inférieure en nombre et le mouvement, projeté par le général Laniisse, n'ayant pas pu être exécuté, elle se retira sur la digue du canal. Le général Priant fit reprendre aux 25' et 75*' leur position sur la hauteur.

Les généraux français comprirent qu'il y aurait témérité de leur part à se commettre plus longtemps avec des foices si supérieures à celles dont ils disposaient, et qu'ils feraient de vains efïorts pour empêcher l'ennemi d'occuper cette position. Ils ordonnèrent la retraite : une charge, exécutée avec un ensemble remarqual)le par le 3^ de dragons, protégea la retraite de la 4® légère, qui était assez l^ravenient compromise, et ralentit la marche des Anglais. La 09'- forma l'arrière-garde de gauche, en suivant le bord de la mer, attendit, à portée de fusil, la droite des ennemis, et exécuta dans le meilleur ordre une retraite par échelon. La 61* fil une pareille rc^traite sur la droite près du canal. \ais li'oup(îs françaises prirent position sur les hauteurs de Nicopolis.

L'année anglaise, après avoir dépassé les hauteurs du camp des Romains, déploya ses colonnes du centre : elle parut longtemps hésiter si elle attaquerait les Français ; mais Abercromby se borna h faire marcher son aile gauche vers le grand mamelon, au delà des étangs, et a détacher vers le canal un bataillon que le feu des pièces françaises, placé sur la hauteur de Nicopolis, et quelques tirailleurs jetés dans le canal, forcèrent promptement à la retraite. — La droite ennemie campa au bord de la mer vers le camp des Romains; la gauche s'établit près du canal d'Alexandrie, visà-vis là pointe du lac Ma'dyeh, et travailla aussitôt sans relâche à fortifier cette position par une ligne de redoutes.

Les Anglais eurent, dans cette affaire, 1.500 hommes hors de combat. Les Français n*en perdirent que 500. Cette différence énorme provient de ce que les Français étaient bien inférieurs en nombre, de ce que leur artillerie avait sur celle des Anglais une grande supériorité, et de la brillante charge du 22^, qui mit un grand nombre d' (Min émis hors de combat, Le brave Lanusse fut légèrement blessé.

Les deux généraux français sentaient que la position des hauteurs de Nicopolis n'était pas susceptible d'être défendue si l'armée ennemie venait à Tatlaquer et qu'il fallait avant tout s'occuper de la siireté d'Alexandrie. Ils laissèrent à Nicopolis une forte avant-garde pour tromper les ennemis, et leui' faire croire que leur intention

hiH) KONAPAKTE

niarchult li lu droite du centre des Ane déploya rapidement et elle ne put ache mouvement pour lui faire face. La 4® et 1( chasseurs, trop faibles pour soutenir seuls le commencèrent alors leur retraite.

Pendant ce temps, le général Friani avancé avec les 25^ et 75*^, précédés des tî: qui inquiétaient Taile gauche des Anglais, avait aussi marché jusqu'à la pointe du lac j cl atta(fuait celte aile qui avait fait halte et] par des (eux très nourris. Mais étant trop ÎD en nombre et le mouvement, projeté par le Lanusse, n'ayant pas pu être exécuté, elle ■ sur la digne du canal. Le général Friant fit r< aux 25'- et 75*' leur position sur la hauteur

Les généraux français comprirent qu'il témérité de leur part à se commettre plus! avec des forces si supérieures a celles doi posaient, et qu'ils feraient de vains eff cmpi'^cher l'ennemi d'occuper cette po ordonnèrent la retraite : une charge, exé nu eiisoml)le remarquable par le 3® di protégea la retraite de la 4° légère, qui gravement compromise, et ralentit la r Anglais. La 09*^ forma l'arrière-garde en suivant le bord de la mer, attendit, fusil, la droite des ennemis, et exéc meilleur ordre une retraite par échelor une pareille retraite sur la droite pr. Les troupes françaises prirent positi hauteurs de Nicopolis.

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Huit de défendre cette position. Mais pour soutenir la retraite et préparer les moyens de résislîincr d'Alexandrie, ils firent réparer Tancieune enceinte des Arabes et y placèrent la 4* légère avec deux l)ataillons de la 18*^ ; le 3® bataillon de cette demi-brigade fut établi à la redoute coninicncée sur la hauteur dite, de Cléopdtre ; le 3® bataillon de la 35® occupa les hauteurs près de la colonne de Pompée. On s'occupa en même temps de perfectionner les fortifications. Comme la cavalerie devenait inutile pour la défense de la place, et que les magasins étaient à peu près dégarnis de fourrages, on ne garda que le 18® de dragons. Le reste fut dirigé pendant la nuit sur Rahmânyeh, au-devant de l'armée. Cette cavalerie éprouva beaucoup de difficultés pour traverser le lac Maréotis.

Les généraux qui étaient à Alexandrie firent partir, le 16, un bâtiment pour instruire le gouvernement de ce qui s'était passé, et avertir l'amiral Ganteaume, de la position de la flotte anglaise.

La situation de l'armée française devenait difficile. Maîtres des digues, les Anglais s'opposaient à la réunion des troupes sous Alexandrie, à moins ([ue les Français ne parvinssent à découvrir dans le bassin du lac Maréotis un chemin praticable pour l'artillerie. Les ennemis pouvaient même y faire entrer l'eau de la mer par une coupure à la di<rue qui sépare ce lac du lac Ma'dyeh. — Le général Rampon, arriva, le 17, à Rahmânyeh. Le lendemain, on découvrit à travers le lac Maréotis

une route praticable pour Tartillerie. Le 20, Tarmée fut enfin réunie devant Alexandrie.

Pendant ce temps, Abercromby avait fait le siège d'Aboukir. Ce petit fort, écrasé par une artillerie supérieure et par les bombes, capitula le 19, pour éviter d'être pris d'assaut. Les Anglais avaient achevé de retrancher leur position ; ils y avaient transporté des vaisseaux, une forte artillerie pour armer les redoutes. Quelques escarmouches avaient eu lieu. — Le 18, un escadron de dragons anglais rencontra vers Beydah cinquante hussards français, détachés avec une compagnie de carabiniers pour reconnaître les positions de l'ennemi sur le canal. Les dragons et les hussards se chargèrent simultanément ; mais ces derniers traversèrent l'escadron anglais, et, faisant brusquement volte-face, prirent à dos les ennemis qui, ne pouvant s'arrêter, furent ainsi poussés sur la compagnie des carabiniers qui acheva de les exterminer.

Les troupes une fois réunies, il n'y avait plus à attendre pour attaquer l'ennemi. Une victoire assurait la possession de l'Egypte, elle donnait les moyens d'arrêter la marche du Vizir et celle du corps anglais venu de l'Inde. Il valait mieux risquer une défaite que de rester en présence d' Abercromby à temporiser et à consommer les faibles approvisionnements d'Alexandrie, tandis que l'armée du Vîzir, répandue dans l'intérieur du pays, aurait le temps de prendre Damiette. Sûlheyeh et les autres petits forts, d'en massacrer les faibles garnisons et

5 10 liONAPARTE

(lo soulever les habitants. Il fallait aussi éviter que Tainiée anglaise eut le temps de recevoir des ronlorts o[ Ac se forllfier davantage.

Le lac Maréotis n'était pas navigable dans la saison où l'on se trouvait, sans quoi, mieux eut valu retar(l(M' Tatlac^ue, afin d'essayer par un niouvcMuent létrogade, d'engager les Anglais à se divise!' pour l'aii'e le siège d'Alexandrie, et les attirer ainsi sui* un champ de bataille plus vaste, où Tarniée ré[)ublicaine, profitant de sa supériorité en artillerie légère et en cavalerie, aurait, sans aucun doute, remporté la victoire ; mais le lac était Iroj) marécageux pour que l'on put y j)cnser.

L(^s einuMnis étaient supérieurs en nombre, ils occupaient une position si bonne, que le succès (Hait [)lus (]ue douteux ; on ne pouvait en attendre (|ue d'un c()U[) de vigueur sur une de leurs ailes. -- Le plus embarrassant était de Taire prendre (le bonnes dispositions à Menou, tout il fait étran- L'cr il la guérie et ne voulant écouter aucun avis. — (le général fil ce[)endant demander un plan (I attaque an général Lanusse, et celui-ci lui envoya un projt^t combiné de concert avec le général lleynier. Menou adopta ce projet, le fit rcWligcr en ordre du jour et l'envoya aux généraux il dix heures du soir.

Les Anglais n'occupaient par leur position que I, .'>()() toises de développement. Leurs deux ailes aj)pny('\s, la droite l\ la mer et la gauche au lac. riaient llancpiées pai' des chaloupes canonnières;

la gauche était, en outre, fortifiée par des redoutes construites sur la digue du canal d'Alexandrie et couverte par des étangs. D'autres redoutes, placées sur les hauteurs occupées par le centre de l'armée, prenaient h revers toute la gauche; enfin le centre était également flanqué par la position de l'aile droite et par une redoute élevée à côté de l'ancien camp des Romains. Ces ouvrages contenaient une nombreuse artillerie. Des troupes étaient campées derrière, sur deux lignes ; la réserve formait une troisième ligne en arrière de la gauche. L'attaque de la droite était seule praticable. On pouvait espérei' de la culbuter par une vigoureuse charge, et de la dél)order par la marche supérieure de l'infanterie française : il convenait de faire ensuite donner toutes les troupes sur le centre, tandis que l'aile gauche serait occupée par une fausse attaque, et enfin de profiter du moment favorable pour décider le succès avec la cavalerie, et acculer les Anglais au lac Ma'dyeh.

Les forces de l'armée française s'élevaient à huit mille trois cent trente hommes d'infanterie, mille trois cent quatre-vingt de cavalerie et à ([uarante-six pièces de canon. L'armée anglaise (Hait forte de seize cent mille fantassins et de deux cents cavaliers; elle avait douze pièces de canons attelées et trente en position dans les redoutes, sans compter celles des chaloupes canonnières.

Une heure avant le jour, l'armée française fut réunie aux avant-postes. Le général Lanusse, commandant la gauche, pensait que des grenadiers,

Le 11, ù olnq heures du soir, on apprit au Caire le débarquement des Anglais. Ce fut alors que toute Tarmée pu apprécier la faute qu'on avait faite de ne pas marcher au premier avis. Menou avait ainsi perdu le temps le plus favorable, et les sept jours écoulés depuis Tapparition des Anglais jusqu'à leur débarquement. La cavalerie aurait pu, à marche forcée, arriver le 8; dix mille hommes et cin<[uantc pièces de canon auraient pu être réunis le 10, vers Aboukir, et exterminer Tarmée ennemie avant qu'elle eut achevé de s'organiser, débarqué son artillerie et retranché son camp. Cette occasion était perdue. On était instruit des préparatifs du Vizir pour traverser le désert, mais on ne pouvait savoir si on aurait le temps d'aller battre les An- U'iais et de revenir sur la frontière de Svrie avant l'arrivée des Turcs. Les Anglais avaient-ils poursuivi chaudement les troupes qui s'étaient opposées à leur débarquement? leur avaient-ils fait éprouver une perte sensible? avaient-ils profité de ce premier succès pour attaquer aussitôt Alexandrie, et s'emparer de cette ville par un coup de main? Voilà ce ([u'on ignorait complètement. Alexandrie n était pas en état de tenir huit jours contre une atta(|ue réf»ulière; on pouvait craindre de n'arriver ({u'après sa chute. D'ailleurs, et quand même les Anglais n'auraient pas attaqué cette place, ils avaient eu tout le temps nécessaire pour se retrancher dans quelque forte position. — D'après toutes ces considérations, on devait sentir la nécessité de rass(Mnl)ler promplement un corps d'armée

nombreux, d'abandonner plusieurs postes et de ne laisser que de faibles garnisons dans ceux que Ton jugerait à propos de conserver.

Le général Lanusse, arrivé le 8 à Rahmânyeh, y avait entendu le canon d'Aboukir, et était parti aussitôt pour aller au secours du général Friant, avec lequel il effectua sa jonction sur les hauteurs de Nicopolis en avant d'Alexandrie.

Le corps de l'armée anglaise débarqué à terre, le premier jour, se trouva longtemps livré a luimême. Le débarquement des autres corps ainsi que celui de l'artillerie et des chevaux, retardé par la grosse mer, ne fut terminé que le 11.

Les généraux anghiis avaient mis à profit le temps que l'armée avait passé a Malte et en Natolîe, pour instruire les troupes, et les préparer aux manœuvres d'un débarquement qui devait être exécuté avec ordre et célérité. On avait appris aux soldats à se former en carré pour soutenir les charges de cavalerie, précaution d'autant plus nécessaire qu'on ne pouvait embarquer que de faibles détach(^ments de cette arme; on s'était appliqué à faire confectionner un grand nombre de fascines et de gabions que la flotte devait transporter au besoin pour le siège d'Alexandrie — Cette flotte, qui portait le corps d'armé(^ arrivant par la Méditerranée, était commandé [)ai' l'amiral Keilh; elle se composait de ([ualr(^ vaisseaux de quatre-vingt canons, de trois de soixante-quatorze, d(^ cin({ frégates, de douze corvettes ou bi'ieks, de cpiarante gi'os bâtiments armés en (lùte, et de plus de quatre-vingts

Le 11, à oinq heures du soir, on apprit au Caire le débarquement des Anglais. Ce fut alors que toute Tarmée pu apprécier la faute qu'on avait faite de ne pas marcher au premier avis. Menou avait ainsi perdu le temps le plus favorable, et les sept jours écoulés depuis l'apparition des Anglais jusqu'à leur débarquement. La cavalerie aurait pu, à marciuî forcée, arriver le 8; dix mille hommes et cin([uautc pièces de canon auraient pu être réunis le 10, vers Aboukir, et exterminer l'armée ennemie avant qu'elle eut achevé de s'organiser, débarqué son artillerie et retranché son camp. Cette occasion était perdue. On était instruit des préparatifs du Vizir pour traverser le désert, mais on ne pouvait savoir si on aurait le temps d'aller battre les An- ;iflais et de revenir sur la frontière de Svrîe avant l'arrivée des Turcs. Les Anglais avaient-ils poup suivi chaudement les troupes qui s'étaient opposées à leur débarquement? leur avaient-ils fait éprouver une perte sensible? avaient-ils profité de ce premier succès pour attaquer aussitôt Alexandrie, et s'emparer de cette ville par un coup de main? Voilà ce qu'on ignorait complètement. Alexandrie n'était pas en état de tenir huit jours contre une alla(|ue régulière; on pouvait craindre de n'arriver ((u'après sa chute. D'ailleurs, et quand même les Anglais n'auraient pas attaqué cette place, ils avaient eu tout le temps nécessaire pour se retraneher dans quelque forte position. — D'après toutes ees considérations, on devait sentir la nécessité de rassembler prom[)lement un corps d'armée

nombreux, d'abandonner plusieurs postes et de ne laisser que de faibles garnisons dans ceux que Ton jugerait à propos de conserver.

Le général Lanusse, arrivé le 8 à Rahmânyeh, y avait entendu le canon d'Aboukir, et était parti aussitôt pour aller au secours du général Priant, avec lequel il effectua sa jonction sur les hauteurs de Nicopolis en avant d'Alexandrie.

Le corps de l'armée anglaise débarcjué à terre, le premier jour, se trouva longtemps livré à luimôme. Le débarquement des autres corps ainsi que celui de l'artillerie et dfis chevaux, retardé par la grosse mer, ne fut terminé que le 11.

Les généraux anglais avaient mis à profit le temps que l'armée avait passé k Malte et en Natolie, pour instruire les troupes, et les préparer aux manœuvres d'un débarquement qui devait être exécuté avec ordre et célérité. On avait appris aux soldats h se former en carré pour soutenir les charges de cavalerie, précaution d'autant plus nécessaire qu'on ne pouvait embarquer que de faibles détachements de cette arme; on s'était appliqué à faire confectionner un grand nombre de fascines et de gabions ([ue la flotte devîiit transporter au besoin pour le siège dWlexîindrio — Cette flotte, qui portait le corps d'armée arrivant par la Méditerranée, était commînulé par Tamiral Keith; elle se composait <le ([ualre vaisseaux de quatre-vingt canons, de Irois (le soixaute-c(iiat()rze, de cinq frégates, de d()iiz(^ eorvc^Ues ou bricks, de (juarante gros bâtiments armés (mi flûte, et de plus de quatre-vingts

TiOl) nOXAPAUTE

Lt' 1 1, il cinq luMircs du soir, on apprît au Caire Ir «l.'l»;ir(|urnu'iit des Anglais. Ce fut alors que \nii\r Vi\\i\\rr\m appiécior la faute qu'on avait faite (|r nr |»:is iuîhtIkm- au premier avis. Menou avait ;iiM>i |H-r<ln \v temps h* plus favorable, et les sept jours •'(•onli's depuis Tapparition des Anglais justpiii 1» iir d<'l)ar<|U(Mn(»nt. I.a cavalerie aurait pu, à in;iirln' forcée, aii'iv<'r le 8; dix mille hommes et <int|iKinh' pièces (!<» canon auraient pu ôtre réunis \r In. vers Ahoukir, el exterminer Farmée ennemie aviinl (juclle eut achevé de s'organiser, débarqué sjMi itrlillerie et retranché son camp. Cette occasion é'îait j)er»Uie. On était instruit des préparatifs du \i/ii'[)our traverser le désert, mais on ne pouvait savoir si on aurait k' temps d'aller battre les Anl^lais ri (!(» revenir sur la frontière de Svrie avant I ariixée des Furcs. Les Anglais avaient-ils poursuivi c!iau(lein<Mit les troupes qui s'étaient opposées il leur (lél)ar(|uement ? leur avaient-ils fait éprouv< r une ])erle sensible? avaient-ils profite de ce premier succc's pour attaquer aussitôt Alexandrie, rt semparei' de celte ville par un coup de main.^ \ Oilîi ce (pi On ignorait complètement. Alexandrie n «îail pas en <Hat de tenir huit jours contre une alhupie l'tnulière; on pouvait craindre de n'arri- \(i- (jîi'apri's sa chute. D'ailleurs, et quand même !<> A Ululais n'auraient pas attaqué cette place, ils axaient en loul 1(> tcm])s nécessaire pour se retraneliei' (lîîiis (pi('!(pie l'orte position. — D'après toutes <'os e()!is!(l<'i'ati(>ns, on devait sentir la nécessité <le rass>'îîil)]er promplement un corps d'armée

nombreux, d'abandonner plusieurs postes et de ne laisser que de faibles garnisons dans ceux que Ton jugerait à propos de conserver.

Le général Lanusse, arrivé le 8 à Rahmanyeh, y avait entendu le canon d'Aboukir, et était parti aussitôt pour aller au secours du général Priant, avec lequel il effectua sa jonction sur les hauteurs de Nicopolis en avant d'Alexandrie.

Le corps de l'armée anglaise débarqué ii terre, le premier jour, se trouva longtemps livré à luimême. Le débarquement des autres corps ainsi que celui de l'artillerie et d^s chevaux, retardé par la grosse mer, ne fut terminé que le 11.

Les généraux anglais avaient mis à profit le temps que l'armée avait passé à Malte et en Natolie, pour instruire les troupes, et les préparer aux manœuvres d'un débarquement qui devait être exécuté avec ordre et célérité. On avait appris aux soldats à se former en carré pour soutenir les charges de cavalerie, précaution d'autant plus nécessaire qu'on ne pouvait embarquer que de faibles détachements de cette arme; on s'était appliqué à faire confectionner un grand nombre de fascines et de gabions que la flotte devait transporter au besoin pour le siège d'Alexandrie — Cette flotte, qui portait le corps d'armée arrivant par la Méditerranée, était comnicnulé par Ta mi rai Keith; elle se composait de quaire vaisseaux de quatre-vingt canons, de trois de soixante-quatorze, de cinq frégates, de douze corvelles ou bricks, de (piarante gros bâtiments armés en flûte, et de plus de quatre-vingts

5 ri EONAPÀRTE

n:ivir(»s iiinrchaiids; ce qui formait un total d'cnvii\n\ (MMit i'in([iiant(» voiles.

I/armét» anglaise, placée sous les ordres du général sir Ralph Abercromby ayant pour lieutenant g/'iH'ral sir lïely Ilutchlnson, était forte de dixsi'pt niillt' ciiKi cents combattants, parmi lesquels ou comptait douze cents cavaliers, et quatorze cents artilleurs ou pionniers; les renforts qui lui arrivèrent successivement en avril, en juin et en juillet, porlèient son effectif à plus de vingt-deux mille hornuK^s; elle était divisée en dix brigades, dont huit trinfantern* commandées par les génélaux Dovle, Ludlow, Coote, Kraddok, Cavan, Sluarl, Moorc et Oakes et deux de cavalerie commandées [>ar les généraux Finch et Lawson.

(les troupes n'étaient pas les seules forces anglaises (pie les Fiançais devaient avoir a combattre; un corps était parti de Tlnde et remonta la mer lîoui^c, dans le but aussi de débarquer en Egypte; cr (•(>r[)s, aux ordres du major général Baird, était composé d'un régiment anglais, et de sept régimonts ci[)ayes du Bengale, présentant un effectif (Ir six mille baïonnettes.

Le e()rj)s du capitan-paclia, dont nous avons pîirh', était composé de six mille Albanais ou jauissair(»s.

l/aiuM'e (lu Vizir comptait vingt-trois mille ('onil)all;nils dont plus de dix mille cinq cents cavaliers.

Ainsi, Ion les les forces destinées h affir contre lis l rançais ne pouvaient s'évaluer à moins de

cîaquante-hult mille hommes, parmi lesquels on en comptait environ douze mille de cavalerie.

L'armée française, dont les forces actives, réuunies devant Alexandrie, ne présentaient encore qu'un effectit de neuf mille sept cents hommes, était réduite réellement à seize mille combattants disponibles, bien que la récapitulation de toutes ses forces présentât un total d'environ vingt-sept mille hommes. Voici d'ailleurs cette récapitulation :

Sous Alexandrie, forces actives 9.710

Au Caire, à Rosette, à Damictte et dans la haute- Egypte 5.320

Artillerie de campagne \ibO

Soldats du train et gardes des parcs 750

Officiers 1.960

Cavaliers démontés 480

Troupes de garnisons, dépôts, marins, artillerie

des places 6 . 300

Détachement arrive par la Régénérée 400

Malades aux hôpitaux 99G

Employés 600

Total 26. «bo

Les troupes réunies à Alexandrie se composaient des brigades Baudot et Delegorgue, aux ordres des généraux de division Damas et Priant, et formant l'aîle droite commandée par le général Reynier ; des brigades Eppler, Destaing et Sornet, formant le centre, aux ordres du général Rampon ; des brigades Silly et Valentin, formant l'aile gauche, aux ordres du général Lanusse;Ia cavalerie, divisée eu trois brigades commandées par les généraux Brou, Broussart et Roize, reconnaissait pour chef supérieur ce dernier général.

r>n'i BOX APARTE

Lr 12, il huit heures du matin, les Aufflaîs se Miirriiî m nuirchc. Los «réuôraux Priant otLaïuissc, <oiisl«h'iant que le lac Maréotis n'était pas prati- (•:ihlr (huis crtte saison, et que le reste de TariniT r!'an(:ais(» pourra difficilement se réunir à eux, si l.'s mneniis s'rtahlissaient sur des digues du canal d'Ah^xaiidric (*t du lac Ma'dveh, résolurent (le s'opposrr, avec leuis faibles ressources, au mouvement tics An<^lais, afin de conserver cette import:iiitc communication. La f^ardc d'Alexandrie lui laissée aux marins et aux dépôts, et les deux ^énéi;iu\ s'avancèrent jus([u'à la pointe du lac Ma'dveh, sur les haut(»urs voisines du camp des liomaiiis, avec seulement quatre mille cinq cents hommes et vinnt-deux pièces d'artillerie.

Les ennemis n'avançaicMit pas vite: leur infanterie ;ivi»i! (le la peine à se traîner dans les sables nnnivii lîs. Des chaloupes canonnières, entrées (l;ins l- hte, s avaii(;ai<Mit à sa franche, suivies d'un i;i;in(l :'omln'e de barques chargées de munitions. (Ir vivi »'s et d'eau douce. Dès que les Anglais virent les I lançais maîtres des hauteurs qu'ils .iMiieii' le dessein (Koccuper, ils s'arrêtèrent, et on s'eîMdv:; reei|)ro(jnement quelques volées. Mais ils ii'osère::' j)as nt tacjner, et à trois heures de Laprès- :ni(li. Is établirent leur camp il moins de deux liein'S le îem" point de départ.

Le |.'F»(l»'inain, 1.'^ à la pointe du jour, ils se ii'inii'ii! en maiche. Redoutant l'impétuosité liîineî'.iM' < I surtout la cavalerie, ils étaient formés sur trois lij^^nes. An centre était un carré, dont les

BN EGYPTE 505

côtés étaient composés d'iufanterie en colonnes serrées.

L'aile gauche s'ébranla la première ; elle suivit le bord du lac Ma'dyeh afin de s'appuyer au canal et de tourner la droite des Français ; le centre se mit en mouvement plus tard et la droite après lui.

Le centre s'avançait lentement sur le revers d'une hauteur, où les Français ne pouvaient l'apercevoir, et l'aile gauche paraissait isolée. Le général Lanusse crut qu'il pourrait la culbuter par une attaque très vive, avant que le reste de Tarmée eût le temps devenirà son secours. Après avoir demandé et obtenu l'assentiment du général Priant, il fit avancer la 69® sur les hauteurs qui bordent la mer, pour occuper la droite des ennemis, laissa deux bataillons en réserve, et se mit en marche avec le reste de ses troupes et le 22® régiment de chasseurs.

Lanusse venait de commencer son mouvement, quand les Anglais parurent sur la hauteur. La première ligne s'avança, ce qui empêcha les Français d'arriver sur le flanc de Taile gauche avant de l'attaquer. Le 22° régiment de chasseurs la chargea avec impétuosité, la traversa et fit poser les armes a deux bataillons ; mais les feux, exécutés avec beaucoup de vivacité et de précision par la seconde lÎGfne, le forcèrent h faire retraite en abandonnant ses prisonniers. Pendant ce temps la 4*^ légère, sous les ordres de l'adjudant général Boyer, attaquait avec avantage le reste de la première ligne et la faisait ployer. La 18*^ se forma en

bataille sur sa gauche ; mais la colonne, qui

.')()() HONAPAKTË

marchait à la droite du centre des Anglais, se d<'»pl<)ya rapidement et elle ne put achever son mouvement poui' lui faire face. La 4® et le 22^ de chasseurs, trop faibles pour soutenir seuls le combat, t*ommeiuM''r(*nt alors leur retraite.

Pendant ce temps, le général Friant s'était avancé avec les 25'' et 75*', précédés des tirailleurs <[ul iii([uiétaient Taile gauche des Anglais. La 61* avait aussi marché jus([u'à la pointe du lac Ma'dyeh et atta([uait cc^ttc aile qui avait fait halte et ripostait par des (eux très nourris. Mais étant trop inférieure en nombrtî et le mouvement, projeté par le général I^anusse, n'ayant pas pu être exécuté, elle se retira sur la digue du canal. Le général Friant fit reprendre aux 25'' et 75'' leur position sur la hauteur.

Les généraux français comprirent qu'il y aurait léméiité de leur part à se commettre plus longtemps avec des forces si supérieures a celles dont ils disposaient, et qu'ils feraient de vains eflorts pour empêcher Tennemi d'occuper cette position. Ils ordonnèrent la retraite : une charge, exécutée avec un ensemble remarquable par le 3^ de dragons, protégea la retraite de la 4° légère, qui était assez gravement compromise, et ralentit la marche des Anglais. La 01)*^ forma l'arrière-garde de gauche, en suivant le bord de la mer, attendit, à portée de fusil, la droite des ennemis, et exécuta dans le meilleni' ordre une retraite par échelon. La 61' fit une pareille retraite sur la droite près du canal. Les lj'ou|)(îs fiançaiscs prirent position sur les hauteurs de Xicopolis.

L'armée anglaise, après avoir dépassé les hauteurs du camp des Romains, déploya ses colonnes du centre : elle parut longtemps hésiter si elle attaquerait les Français ; mais Abercromby se borna h faire marcher son aile gauche vers le grand mamelon, au delà des étangs, et a détacher vers le canal un bataillon que le feu des pièces françaises, placé sur la hauteur de Nicopolis, et quelques tirailleurs jetés dans le canal, forcèrent promptemcnt a la retraite. — La droite ennemie campa au bord de la mer vers le camp des Romains ; la gauche s'établit près du canal d'Alexandrie, visà-vis là pointe du lac Ma'dyeh, et travailla aussitôt sans relâche à fortifier cette position par une ligne de redoutes.

Les Anglais curent, dans cette affaire, 1.500 hommes hors de combat. Les Français n'en perdirent que 500. Cette différence énorme provient de ce que les Français étaient bien Inférieurs en nombre, de ce que leur artillerie avait sur celle des Anglais une grande supériorité, et de la brillante charge du 22^, qui mit un grand nombre d'ennemis hors de combat, Le brave Lanussc fut légèrement blessé.

Les deux généraux français sentaient que la position des hauteurs de Nicopolis n'était pas susceptible d'être défendue si l'armée ennemie venait à l'attaquer et ([u'il fallait avant tout s'occuper de la sûreté d'Alexandrie. Ils laissèrent à Nicopolis une lorte avant-garde pour tromper les ennemis, et leur faire croire que leur intention

le piu-

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ra Uc do lac Ma'dreh. — U RaMpas. MTÏta. Ir 17. â Ralimànn-li. ts; on dccoavrît â Invcrs le lac M4I

une route praticable pour Tartillerie. Le 20, l'armée fut enfin réunie devant Alexandrie.

Pendant ce temps, Abercromby avait fait le siège d'Aboukir. Ce petit fort, écrasé par une artillerie supérieure et par les bombes, capitula le 19, pour éviter d'être pris d'assaut. Les Anglais avaient achevé de retrancher leur position ; ils y avaient transporté des vaisseaux, une forte artillerie pour armer les redoutes. Quelques escarmouches avaient eu lieu. — Le 18, un escadron de dragons anglais rencontra vers Beydah cinquante hussards français, détachés avec une compagnie de carabiniers pour reconnaître les positions de l'ennemi sur le canal. Les dragons et les hussards se chargèrent simultanément ; mais ces derniers traversèrent l'escadron anglais, et, faisant brusquement volte-face, prirent à dos les ennemis qui, ne pouvant s'arrêter, furent ainsi poussés sur la compagnie des carabiniers qui acheva de les exterminer.

Les troupes une fois réunies, il n'y avait plus à attendre pour attaquer l'ennemi. Une victoire assurait la possession de l'Egypte, elle donnait les moyens d'arrêter la marche du Vizir et celle du corps anglais venu de l'Inde. Il valait mieux risquer une défaite que de rester en présence d' Abercromby h temporiser et à consommer les faibles approvisionnements d'Alexandrie, tandis que l'armée du Vizir, répandue dans l'intérieur du pays, aurait le temps de prendre Damiette. Salheyeh et les autres petits forts, d'en massacrer les faibles garnisons et

^ peuis

.MO BOXAPARTK

(Ir soulcvtT les habitiints. Il fallait aussi éviter que rarmée anjrlals<^ eut le temps de recevoir des rrnloi'ts et lie se lortifier davantagre.

Le lac Maréolis n'était pas navigable dans la saison où Ton se trouvait, sans ({uoî, mieux eût

valu ir larder ratUujue, afin d'essayer par un rnoiivenHMil rét rocade, d'engager les Anglais à se diviser pour faire 1(» siège* d'Alexandrie, et les attirer ainsi sui' un ehanip de bataille plus vaste, où Tarniée r<''pul)lieaine, pi'ofltant do sa supérioril('* en artillerie légère et en cavalerie, aurait, sans aucun doute, rempoité la victoire ; mais le lac était trop marécageux pour que l'on pût y penseï'.

Les ennemis étaient supérieurs en nombre, ils occupaient une position si bonne, que le succès «'tait plus (jne douteux ; on ne pouvait en attendre (jue d'un coup de vigueur sur une de leurs ailes. — Le plus embarrassant était de faire prendre de bonnes dispositions à Menou, tout à fait étranijer il la uuerie et ne voulant écouter aucun avis. — (le général fit cc^pendant demander un plan (laltacpuî au général Lanusse, et celui-ci lui envoya un projet combiné de concert avec le g/néral lleynier. Menou adopta ce projet, le fit rédiger en ordre du jour et l'envoya aux généraux a dix lieuies du soir,

Les Anglais n'occuj)aient par leur position que 1, .')()() loises de (b'veloppement. Leurs deux ailes ap])uy<''s, la droite à la mer et la gauche au lac, «laienl fhuupiées pai' des chaloupes canonnières;

la gauche était, en outre, fortifiée par des redoutes construites sur la digue du canal d'Alexandrie et couverte par des étangs. D'autres redoutes, placées sur les hauteurs occupées par le centre de l'armée, prenaient à revers toute la gauche; enfin le centre était également flanqué par la position de l'aile droite et par une redoute élevée à côté de l'ancien camp des Romains. Ces ouvrages contenaient une nombreuse artillerie. Des troupes étalent campées derrière, sur deux lignes ; la réserve formait une troisième ligne en arrière de la gauche. L'attaque de la droite était seule praticable. On pouvait espérer de la culbuter par une vigoureuse charge, et de la déborder par la marche supérieure de l'infanterie française : il convenait de faire ensuite donner toutes les troupes sur le centre, tandis que l'aile gauche serait occupée par une fausse attaque, et enfin de profiter du moment favorable pour décider le succès avec la cavalerie, et acculer les Anglais au lacMa'dyeh.

Les forces de l'armée française s'élevaient à huit mille trois cent trente hommes d'infanterie, mille trois cent quatre-vingt de cavalerie et à quarante-six pièces de canon. L'armée anglaise était forte de seize cent mille fantassins et de deux cents cavaliers; elle avait douze pièces de canons attelées et trente en position dans les redoutes, sans compter celles dos chaloupes canonnières.

Une heure avant le jour, l'armée française fut réunie aux avant-postes. Le général Lanusse, commandant la gauche, pensait que des grenadiers.

aas ^ti^m. et Rijwitt. Hfvait f K b ^^ip «* ^ «eaftrvr pour at''f A* <■— ■» — il! I qii« la gaacl»

F har ^Mlr : «Dr drraît aotsi tlêU* » «^kv Its Jgt. Ik:» pour occuper lu ier d'en rit ver sUf ■ U sapérïiirilè de *è le* Français Cf ■force par )e général Broii.

sîa du lac Maréotifi avec, (lein ; il devait *lre, en outre, ■> mm* &osse attaque des droniadaircs ■I. du cAtê dr Beydah. On était d'aulanl

plus fondé à croire que cette fausse attaque occuperait beaucoup les Anglais et y retiendrait leurs troupes, qu'ils n'avaient pas connaissance de la réunion de l'armée à Alexandrie, et pouvaient craindre d'être attaqués de ce côté, ce qui permettait d'agir sur leur droite avec égalité de force. La cavalerie devait marcher en seconde ligne derrière l'infanterie, jusqu'à ce que la gauche eût enfoncé la droite ennemie, et alors profiter du désordre pour faire une charge qui décidât la victoire.

Au point du jour, les dromadaires commencèrent leur fausse attaque; ils surprirent la première redoute, y firent vingt prisonniers, se servirent d'une pièce de canon qu'ils y trouvèrent pour tirer sur les autres redoutes et fixer fortement sur ce point l'attention des Anglais. Le général Lanusse et les autres divisions se mirent alors en mouvement. Un premier redan fut promptement enlevé par une compagnie de carabiniers de la 4® légère, qui y prit une pièce. La brigade* du général Silly marcha sur la grande redoute. Le général Lanusse s'aperçut alors que le général Valentin avait quitté le bord de la mer, et dirigeait sa brigade dans le rentrant de la redoute et du camp des Romains, où les feux croisés , auxquels elle était en butte la faisaient hésiter ; il y courut, la rallia et la ramena à la charge. Il reçut en ce moment une blessure mortelle. Cet événement ralentit l'impulsion, on n'ordonna pas le déploiement de cette brigade, et les soldats, exposés au feu meurtrier de l'ennemi, furent contraints de se disperser derrière les mamelons. La 4® légère, qui

.M'i BONAPARTE

loniialt la It'^lr tle la brigade du général Silly, rencontra, vers Tantale de la redoute, la 32® qui, dans rohscurité, s'rtalt dirigée trop à gauche ; ces deux corps se inrlrrcnt, ce qui occasionna un peu de désordre; la V légère ne put franchir les fossés de hi redoute, ellc^ glissa sur leur flanc gauche et fut rcpouss^'c par la première ligne ennemie. La IS', ([ui (*n avait été séparée par la 32®, ne put seule forcer la redoute.

Le général Hampon, ii la lôte de la 32*^, attaqua ensuite la première ligne des Anglais; mais il fut repoussé, démonté, et eut ses habits criblés de balles. L adjudant généial Sornet fut blessé mortellement en marchant aussi sur la ligne ennemie, el les gr(Miadiers ([u'il commandait ne purent Tentanier. Le genéial Destaing suivit la route d'Aboukir el liaveisa l'intervalle de la droite et du centre de la première ligne des Anglais ; la seconde ligne et les redoutes diii^fèrent contre lui un feu très vif, et il se retira blessé légèrement." Le chef de bataillon Hausser, ([ui commandait sous ses ordre la 21'^ lé- ^èr<\ avait ou la cuisse emportée. Cette demi-brigade resta donc sans chef au milieu de l'armée anglaise; un régiment ennemi fut détaché pour lui c()U|)er la retraite* ; le second bataillon parvint à se (l<'»gagei'; mais trois compagnies du 3® bataillon, composé en grande partie de Coptes enrôlés dans la haut(^ Lgyj)te,el qui étalent dispersées en tirailleurs, furent lorcées de se rendre. Trente hommes qui gardaient le drapeau s(* firent tuer avant de Labanfionner il rennemi. Le chel de brigade Eppler, qui

avait marché un peu plus à droite, fut blessé, et ses f^renadiers furent repoussés. Le centre, composé de petits corps séparés, s'était trop avancé avant d'avoir sa gauche appuyée par la prise de la grande redoute. Presque toutes les troupes avaient attaqué à la fois, isolément et sans seconde ligne. L'obscurité avait jeté du désordre dans leur marche, les principaux chefs étaient hors de combat. Les soldats, qui se voyaient exposés a un feutres vif sans recevoirM' ordres, se dispersèrent derrière les dunes.

D'après le plan convenu, l'aile droite attendait, à petite portée de canon du centre des Anglais, le succès de la gauche pour commencer son attaque. Le général Reynier n'eut pas plus tôt appris que Lanusse venait d'être blessé, et que la gauche et le centre étaient en pleine déroute, qu'il fit avancer son aile pour les soutenir. Il laissa le général Damas entre les deux étangs avec la 13® demi-brigade pour occuper la gauche des Anglais et pousser destirailleui's vers le canal.

Cette première attaque n'ayant pas réussi, les troupes étant en désordre et le général Lanusse blessé à mort, il était inutile de tenter de nouveaux cdorls, puisqu'il vaut l'action on n'avait d'espoir que dans le succès du premier choc. Les trois cin- ([uièines de l'armée étaient dispersés. L'aile droite était trop faiblo pour attaquer seule le centre des Aiighiis, pi'otégés par les feux de revers delà grande redoute du camp des Romains et de l'aile droite. I^n se retirant alors l'armée n'aurait éprouvéqu'une perte peu sensil)lc, les ennemis auraient considéré

r»l() BONAPARTE

cette allairo comme une grande reconnaissance, et les Français seraient restés encore assez forts pour tenir la campa^rne et pour tenter une nouvelle attaque à la première occasion favorable.

Le frénéral Reynier, nVntendant pas parler du «relierai McMiou, se décida à faire une seconde tentative sur Taile droite anglaise. Il espérait, en cas de succès, pouvoir rallier les troupes dispersées et les faire agir do nouveau. — Tandis que la division Friant et la So"" marchaient hrenncmi, et que l'artillerie légère avançait pour éteindre le feu des redoutes, Reynier se porta sur des mamelons voisins de la grande redoute, afin de bien étudier l(»s dispositions des ennemis, et devoir celles qu'il convenait de prendre pour les attaquer avec quel- (pie chance de réussir.

Dès que les Anglais s'aperçurent que leur droite était le but de la principale attaque, ils y envovèrent leur réserve. Le général llutchinson, qui commandait la gauche y resta cependant toujours immobile avec six mille hommes, quoiqu'il n'eût devant lui ([ue huit cents hommes d'infanterie, trois cents chevaux et cent dromadaires.

Pendant toutes ces opérations, le général Menoii se ])r()nienait derrière Tarmée. — Lorsque Lanusse avait été blessé, il avait fait dire au général en eh(^l qu'il désirait que le général Damas le remplaeal; Menou n'avait rien répondu et n'avait pris aucune mesure pour réorganiser les troupes; mais avant rcMieontré la cavalerie, il lui donna l'ordre de charger. On cheicha à lui persuader que le moment

n'était pas opportun, et que c'était la sacrifier sans en espérer aucun avantage : il insista. Le général Roîze, qui commandait cette cavalerie, attendit un troisième ordre pour se mettre en mouvement. Il fallut enfin obéir. Malheureusement, en passant dans les Intervalles des 61® et 73*^ demi-brigades, la cavalerie arrêta leur marche. Le général Reynier, après s'être convaincu qu'on ne pouvait tenter une attaque avec les seules divisions Lanusse et Rampon, revenait chercher la division Priant et la 85®, lorsqu'il trouva la cavalerie de Roize déjà sous le feu de l'infanterie anglaise. Il n'était plus temps d'empêcher cette charge déplacée; on aurait perdu presque autant de monde en restant en place qu'en achevant de l'exécuter. Le général Reynier fit accélérer le mouvement de ses troupes, afin qu'elles pussent la protéger; mais la 61® arrivait à peine au pied de la redoute, que déjà la cavalerie, après avoir mis un moment le désordre dans la première ligne anglaise, était repoussée.

Le général Silly venait d'avoir la cuisse emportée, plusieurs chefs de corps étaient blessés. Le général Baudot l'était mortellement.

Le général Roize et tous les chefs de son corps avaient vu la faute qu'on leur faisait commettre; mais irrités par la certitude d'être sacrifiés inutilement, ils combattirent avec le plus vif acharnement. La première ligne, commandée par le général Boussart, et lormée.des3° et 14° de dragons chargea la première ligne ennemie derrière la grande redoute; le 14®, arrêté par les fossés creusés sur le

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