RETOUR EN FRANCE
A la Quarantaine de Marseille, i8 brumaire, an lo.
Nous voilà enfin arrivés, après une navigation pénible de trois mois
J'espère, comme nous n'avons eu aucun cas de peste dans la traversée, que la quarantaine sera réduite à trente jours A
bientôt, vous tous que j'aime Répondezmoi courrier par courrier.
A la Quarantaine de Marseille, 27 brumaire, an 10.
Il fallait que toutes nos souffrances,
nos chagrins, nos humiliations fussent couronnés par une longue, odieuse et interminable traversée sous la surveillance anglaise Je m'embarquai le i5 thermidor
dans la rade d'Aboukir sur le Peggy'-Sucçess^
îi't ^'/fijim Tf i^rrTL,
lAtAii^ui d*r >>o tonneaux en £*c* de ce
fort qji a été Ifr t^iLoin de tant de maux.
;&rx<>LJé p^r les fotlgTies- iLàlade Ce ne
fut p^*» .^âDS UD serrement de cœur que j'adre%<^î mon adieu â cette terre d'Egyple, a ces c/ites que j'avais tant parcourues, à ces travaux qui m'avaient tant occupé, à ces Arabes même de nos villages, de Bourlos et de Fouah, qui m'avaient témoigné tant de bienveillance Je sentis alors que j'aimais ces lieux, et que j'y laissais des amis... qui peut-être, hélas î paieront cher leurs bons offices envers nous
Je fus languissant jusqu'au ^3 fructidor, jour auquel nous relâchâmes dans la baie de Femia sur les côtes de Natolie où les vents constamment contraires nous avaient jetés. La terre et les vivres frais me rétabli- Hînt un peu. On reprit la mer qui, durant trois mois de traversée, semblait avoir iîorispiré contre nous et, plus d'une fois, nous pensâmes ne jamais revoir la France.
Tempêtes, feu à bord, manque d'eau iriAme, scorbut, tout s'est réuni pour rendre notre voyage pénible et périlleux. Nous iivouH successivement dû relâcher à Malte,