Bonaparte à Boinod, de Paris, 24 juil. n9j (.\rch. G
était pharmacien en chef'. Monicaiilt était directeur général des postes ; Delcros aîné était payeur général de l'armée, emploi où Estève, le futur trésorier de la Couronne, lui succéda plus tard-. Louis-François-Marie Le Gros lui était adjoint comme contrôleur des dépenses.
En regard de cette jeune armée, « la fleur ' » de la France ; de ces jeunes chefs ardents, impétueux, libres de préjugés, affranchis de toute règh; gênante ; de ces états-majors, pépinière obscure d'une élite d'ofliciers d'un incomparable éclat, qu'opposait pour conduire ses armées alourdies l'alliance austro-sarde?
Une armée d'automates où « l'ardeur, l'élan, la conviction font défaut *»; des chefs pleins d'expérience, mais cassés, lassés, refroidis, sans le stimulant magique de la pauvreté et de la jeunesse.
L'Autriche, toutefois, avait change son généralissime, et, le 17 mars, le Flamand Beaulieu avait succédé à Dewins, discrédité depuis son échec de Loano =. Ace général de vingt-sixans, quiallait rénover les méthodes de guerre, substituant l'adresse, la célérité, au nombre, la rapidité à la r.';galarjté, toujours pressé, toujours pressant, on opposait un feld-marécbal septuagénaire, vieilli dans les camps, figé dans les formules rancics de la vieillotte tactique classique, comprimé par l'éliqucUe, et, de plus, animé de sentiments politiques fermement rétrogrades qui le rendaient peu propre à enthousiasmer son armée.
Transplanté des champs de bataille d'Allemagne et de Flandre où il avait jadis remporté qucbpios succès et acquis à peu de frais un certain renom, le Belge Beaulieu se trouva fort dépaysé
1. Ce Lacour était-il le même que Guilhumc-Jacrjues-Aiitoiiic Lacour, pharmacien de la prison do la Conciergerie en IT'JH dont le laboratoire devint le caciiot de Maric- Anloiiiclte? C'est assez vr.iisenibhibJe, mais non prouvé.
2. Faute do documents olliciels et piOeis, on ne peut indiquer à quelle époque Kstéve lut appelé à ces fonctions. Sc)n nom n'appavait qu'à la date du 23 août 1197, où Bonaparte lui envoie des instructions. Il est probalile que maigre la présence de Delcios et de Le Gros, depuis l'ouverture des oiiérations jusqu'à cette date, c'est Hallcr qui lit fonction de trésorier en chef, car c'est à lui qu'est adressée toute la correspondance de Bonaparte relative à des envois de fonds, à la perce|ition des contributions et autres opérations de trésorerie, le plus souvent passant par-dessus la tête de Delcros et de Le Gros.