Albert Sorcl, t. UI, p
i. Albert Sorcl, t. 11. p. 3*:i à Tr.:, et 533. 4. Albert Sorti, l. IV, \>. 13 et 14.
rois contre la Révolution. Nul plus que ce fils de prolétaire de la classe la plus humble, parvenu, besoigneux et cupide, homme à double face, et déloyauté suspecte, cynique et sceptique, n'était un champion plus déterminé de l'absolutisme, un ennemi plus avéré de la classe populaire et de toutes les nouveautés. Élevé à l'école de la politique ottomane, il avait les penchants autoritaires d'un vizir, et une pareille absence de principes de morale, ainsi que l'égoïsme effronté et la brutalité du parvenu de bas étage.
Il nourrissait surtout contre la France qu'il avait servie jadis, comme espion aux gages de Choiseul, une haine où entraient du dépit personnel et la lurcur d'avoir vu supprimer, par la Révolution, la pension ou rente viagère que lui avait accordée Louis XVI pour ses services secrets*. « Spéculateur brouillon * », Thugut, hautain ou rampant suivant les cas, était, au demeurant, fort capable d'entraîner son indolent souverain dans des aventures sans issue, uniquement par goût, par désir de paraître, de se grandir luimême aux dépens de son maître et de se bisser au rang des représentants des plus vieilles maisons aristocratiques de son pays.
Ourdissant chaque jour de nouvelles intrigues dont il entrecroisait les fils, avec adresse, dans l'espoir de péclicr quelque butin soitdansl'une, soit dans l'autre; ce petit homme contrefait, «trapu, laid, brutaP », avait fini par se faire prendre au sérieux par les monarchies européennes. Seul, Bonaparte le caractérisait avec justesse quand il le peignait « divaguant et flottant au milieu des intrigues de toute l'Europe ». Il était loin d'ailleurs d'être dépourvu de qualités; « sobre, frugal, simple de goûts, infatigable au labeur, il apportait dans la politique autrichienne plus de vl- «^ueur, plus d'invention, plus de passion surtout et plus de ressources. Mais ses passions étaient brouillonnes, ses inventions trop compliquées, ses ressources trop équivoques ; son esprit, souple et fertile, manquait d'étendue. Tous les moyens lui étaient bons*. »
Ministre en pied depuis août 1794, en fait dei)uis mars 1793, il avait, sous le couvert de Kaunitz d'abord, seul ensuite, dirigé les trames de la cour impériale et resserré les nœuds de la coalition. C'est ainsi qu'il avait scellé à nouveau, le 28 septembre 1793, la triple alliance entre l'Autricbe, la Russie et l'Angleterre contre la France; la Sardaigne, Naples, le Portugal la plupart des États de