C Rustow, p
3. Lord Nelson, le futur vainqueur de Trafalgar, où il fut enseveli dans son triomphe. Ainsi, dès ses débuts de géuLralissiuie, Bonaparte se trouvait face à face avec un des hommes qui devait être un de ses plus rcdoutaldcs adversaires. Nelson (Horace), né le 29 sept. 1758, à Buridiam-Thorpe (comté de Norfolk), lils d'un pasteur, s'était embarqué comme volontaii'e en 1773 ; lient' en 1777 ; capit"« en second le 11 juin 1779; capit»» de vaisseau en 17'J3 ; commodore en 1795 ; contre-amiral en 1797, après un combat naval aux îles Canaries où il fut amputé dun bias ; pair d'Angleterre en 1801 ; tué à bord de son vaisseau, le Vicfonj, le 21 cet. 1805.
Il commandait, en 1796, sous l'amiral Jerwis, le futur lord Saint-Vincent.
motif déplus pour chasser de cette ville la brigade Cervoni sur laquelle se concentrait toute l'attention de Beaulicu.
Ainsi, le sort en était jeté et le plan de Beaulieu était à la veille de s'accomplir. Arrivé le 7 avril à Novi, il décida que le 10 au matin commencerait la marche sur Voltri. Des escarmouches étaient déjà engagées entre les avant-postes de Beaulieu, comme entre ceux de Colli, et les Français, et ces fusillades avaient le don d'ancrer de plus en plus Beaulieu dans l'idée qu'il avait en face de lui Bonaparte en personne et qu'il importait de donner une leçon à ce giovinetto dont se moquait l'état-major autrichien. Il fallait en effet qu'il accordât au général français bien peu de cervelle pour le supposer capable de s'aventurer le long de la côte, sous le feu des vaisseaux anglais et prêtant le flanc, livrant ses communications aux attaques de Colli '.
Bonaparte avait une vue bien plus nette des positions réciproques des deux armées, et s'il eût été à la place de Beaulieu, sa marche eût été toute différente.
« Si le général Beaulieu eût rédéchi sur les circonstances topographiques, il n'aurait pas marché sur Voltri pour couvrir Gènes ; il se fût porté sur Acqiii et Cairo ; de là il eût débouché en môme temps en trois fortes colonnes de 15,000 hommes ; celle de gauche, parMontenotte, Montelegino et Savone; celle du centre sur Cadibona et Vadoet celle de droite sur La Madonna délie Neve, San- Giacomo et Finale. Il aurait eu une réserve à portée de secourir ces trois attaques. L'armée française se fût bientôt repliée, de Voltri et de Gênes, pour défendre ces trois importantes positions. Le général autrichien aurait engagé la guerre sur un terrain tout à fait à son avantage, puisqu'il pouvait, dès le premier jour, couper l'armée française, l'acculer à la mer et la ruiner * .»
C'est, à peu de choseprès,lepremierdesplansde Colli qu'aurait donc préconisé Bonaparte ; c'est là la plus sévère critique que l'on puisse faire des décisions pleines de morgue du baron de Beaulieu. Heureusement pour la France et pour l'Italie, Beaulieu n'était pas Bonaparte et il laissa à son jeune adversaire le temps de