CHAPITRE V
iO et a avril 1796 [21 et 22 germinal an IV),
I. Marche do Beaulieu sur Voltri. — 11. La brigafic Pijon. — III. Combats de Voltri les 8, 9 et 10 avril 1796. — IV. Retraite du géiiéi'al Cervoni sur Savone. — V. Entrevue de Beaulieu et de l'amiral Nelson ; marche en avant de d'Argenteau. — VI. Les redoutes de Monte-Legino. — VII. Les chefs de brigade Fornésy et Rampon. — VIII. Attaque des redoutes par d'Argenteau et Rukavina, le 11 avril. — IX. La IT" légère et la 32« demi-brigade repoussent les assauts des Autrichiens. — X. Serment des dél'enscurs de la redoute de Monte-Legino. — XI. Billet de Rampon à Masséna. — XII. Retraite des Autrichiens. — XIII. Bonaparte exalte la défense de Monte-Legino.
Le premier combat de la campagne allait donc s'engager, en dehors non seulement des désirs et des prévisions, mais môme des ordres et des plans primitifs du général Bonaparte. C'est en effet la colonne du général Pijon (devenue Cervoni), que l'on a vue portée le 25 mars, sur Voltri', malgré l'avis de La Harpe et de Masséna, par un des derniers ordres du général en chef Schérer, elle détachement Fornésy qui occupait les redoutes de Monte- Legino, qui furent attaqués inopinément l'une le 10, l'autre le 11 avril (21 et 22 germinal an IV).
On a vu avec quelle crédule facilité Beaulieu avait cru à la marche des Français sur Gênes, l'occupation de Voltri se produisant au lendemain de la nouvelle tentative de Saliceti, avortée comme les précédentes, pour obtenir 3 ou 4 millions du Sénat
1. Nous ferons remarquer, pour la commodité des recherches, que, sur la carte de Boigonio, rei)roduite à la fin du volume, Voltri est écrit avec l'ancienne orthographe sarde, Utii ; Varazze est écrit Varaggio ; Pontcinvrea, Ponteiriurea ; Ceva, Ceua; Sassello, Sassollo; Mondovi, Mondoui, etc. Pour le littoial, Bonaparte en sus de la carte de Boigonio, se servit également de lu carte de la cùte de Gènes par Chalfrion.
de Gênes, et après sa sommation au Sénat d'avoir à lui livrer les clefs de la forteresse de Gavi. On a vu avec quelle hâte il avait poi'té les brigades Pittony, Sallich etKerpen, sur La Bocclielta, puis sur Gènes.
Maître désormais du passage de l'Apennin de ce côté, assuré de , couvrir les approches de Gênes et d'en interdire l'accès à son [ adversaire, Beaulieu se sentit plus solide et prit ses dispositions pour faire à la fois attacfuer les Français par le col de Cadibona, à l'instant où lui-même les presserait devant Voltri, afin de les rejeter sur Savone.
Il avait toutefois perdu quelques jours en tâtonnements infructueux qui avaient eu le tort grave de ralentir sa marche et ce n'est que le 7 avril qu'il avait porté son quartier général à Novi'.
Aussi jugea-t-ille moment venu d'en finir avec l'avant-garde française, de l'éloigner tout au moins de Gênes, où sa présence contrecarrait l'action autrichienne sur le Sénat. Il entendait aussi être exact au rendez-vous qu'il avait assigné au commodore Nelson et se berçait de l'espoir, en vain caressé jusqu'alors, de peser efficacement, parle poids d'une victoire, sur les résolutions du Sénat de Gênes.
Bien que dans sa pensée il ne voulût d'abord entreprendre les opérations que le 14, il prescrivit donc l'attaque générale pour le 10 avril, et il donnait à d'Argenteau l'ordre, que celui-ci reçut le 9 seulement, de coopérer au mouvement dirigé sur Voltri, en refoulant de son côté les postes français sur Savone. Il négligeait cependant, soit omission, soit dédain, d'aviser CoUi de cette marche décisive -.
Rassemblant, en avant de La Bocchetta, 10 bataillons et 4 escadrons, il entreprit d'enlever de front la position de Vollri.
Déjà, Autrichiens et Français en étaient venus aux mains dans de petites escarmouches davant-postes. Dès le 8 avril, le chef de la 73» demi-brigade, Chambai-lhac, qui s'était imprudemment avancé jusqu'à San-Pier d'Arena, après avoir lutté six heures, avait dû se replier sur les positions en avant de Voltri, où il