Récit du com°' Martinet (Arch. G
2. Carlo Botta iut supra). Botta alors âgé de trente ans (né ,\ San-Giorgio, le 6 nov. 1766) suivait l'armée comme médecin de l" classe.
3. Il n'y avait donc « pas l'ondjre de canons >> dans la redoute de Monte-Legino, « à cause de la raideur des pentes » (Masséna), malgré les atliiniations contraires de Landrieux et de Botta ; en dépit des tableaux ou gravures, telles (pie celui de Martinet qui ont la prétention de i-eprésenter ce glorieux tait d'aimcs et où ligure intempes-' tivement, une pièce d'artillerie.
d'amertume : « Jusqu'à présent nous n'avons tu personne do l'état-major. . . La lusilladc va toujours • .»
Ces mots écrits pour ainsi dire sous la mitraille respirent une mâle confiance. Il s'en exliale, avec l'odeur de la poudre, une effluve d'héroïsme surnaturel. On conçoit que le nom du signataire ait marqué profondément dans la mémoire de celui qui les lut, et pourtant ce n'est pas Masséna à qui le billet était adressé, c'est Bonaparte qui exalta, à l'exclusion de Fornésy, la conduite de Ranipon.
Rukavina à la tôte du régiment d'AUvinczy renouvelle une troisième fois l'attaque*. Fornésy exécute alors une sortie à la baïonnette * ; il se jette avec rage, entraînant '200 h. seulement, sur le flanc de la colonne hongroise, et, bien que tombé sous son cheval mort, il parvient à refouler l'ennemi*. Mais il a dû faire combattre jusqu'à ses GO ouvriers qui, « sous les ordres du maître-tailleur, font des prodiges"'». Le sergent Jérôme Moreau, du S" bataillon de la 17° légère, avait foncé le premier, à la tête de quelques chasseurs, et enlevé à la baïonnette un retranchement ennemi, y tuant '2 hommes de sa main. Le sergent Belin, du 2« bataillon, s'y distingua également «. Le sergent Frezia \ de la 51", avec 2 chasseurs de la ITMégère, capture une trentaine d'ennemis ".
Rukavina tombe grièvement blessé à l'épaule ; le lieutenantcolonel Habbein, du régiment de Pellcgrini, est également blessé. Un corps de volontaires de Gyulai (4 compagnies 1/2) envoyé de Saliceto par Provera et parvenu sur le tard jusqu'au premier retranchement, en est balayé par un terrible feu plongeant. Les Croates veulent tenter un effort décisif et s'avancent en lignes minces de tirailleurs; ils font des pertes si cruelles qu'ils s'arrêtent. Les bataillons de l'Archiduc-Antoine, de Stein et de Pellegrini, redescendent en courant le Monte-Pra, brisés sous
1. Cu document dont le papier jauni et l'encre p;\lie indiquent suffisamnieiit l'origine est conservé aux Arcli. Historiques de la Guerre. M. le c' Krebs, dans son bel ouvrage (t. 111, a eu riicureuse pensée d'en publier la reproduction pliotograplilcpie. Ce n'est pas sans émotion qu'on en respire l'odeur fanée et ([u'on en décliillre l'écriture rapide. Quel que soit le mobile de llauqjon eu l'écrivant, et (luelipie tort qu'il ait eu en arrachant à Fornésy le commandement, cet humble moiceau de papier prouve, que, en chef ou eu second, Rampon était présent et fut à la hauteur des circonstances.