‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 234 sur 622 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

MILLESIMO ET COSSERIA

13 et 14 Avril 1796. — {24 et 25 Germinal An IV).

, Marche d'Augereau sur les gorges de Millesimo. — II. Masséna surveille et contient les Autrichiens à Dego. — III. Prise de Millesimo, 13 avril. — IV. Belle résistance des Austro-Sardes. — V. Provera cerné dans le château de Cosseria. — VI. Bonaj)aite ordonne l'assaut. — VII. Attaques des Français repoussées. — VllI. Le général Banel, l'adjudant général Quenin, le chef de brigade Riondet sont tués ; hiessuro de Joubert. — IX. Mort héroïque du colonel Del Carrctto. — X. Humanité d'Augereau. — XI. Sommations inutiles faites à Provera et menaces de Bonaparte. — XII. Capitulation de Provera, le 14 avril.

La position de Carcare était le gain le plus positif de la journée de Montcnotte.En l'occupantEonapartesinstallaitau centre mftme de l'échiquier où il pouvait à la fois réduire l'armée sarde et contenir les tentatives de l'armée autrichienne. La manœuvre habile par laquelle il s'était introduit entre les groupes alliés ne pouvait recevoir son couronnement qu'en dirigeant depuis Carcare les mouvements de nature à consommer la séparation entre ses deux adversaires. Augereau était « la pointe du coin » qui devait séparer définitivement Colli de Beaulieu '. En poussant sa division sur Millesimo, c'était préparer l'attaque de Ceva et parlant s'emparer de la route de Turin, tandis que Masséna, en s'emparant de Dego, tenait la clef de la route de Milan. Ils restaient quand même suffisamment unis entre eux. L'intention de Bonaparte était de combiner les mouvements d'Augereau et de Masséna de telle façon qu'ils fussent maîtres simultanément des deux voies

1. Capit"« J.-C, : Journal des Sciences Militaires, avril 1897, p. 88

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d'invasion bien que, dès ce moment, il eût résolu d'en finir d'abord avec le Piémont, avant d'entreprendre la lutte décisive contre Beaulieu. Ce n'est pas seulement parce que Golli allait être, en raison de la retraite d'Argenteau, son adversaire le plus proche ; ce n'est pas uniquement guidé par la pensée politique qui lui montrait la monarchie sarde aux abois et domptée, que Bonaparte résolut de porter ses coups décisifs sur Colli, avant de s'en prendre à Beaulieu. C'est aussi, c'est surtout parce que, de ses deux adversaires, Colli était celui qui, par sa position même, menaçait le plus directement sa ligne de communications et de retraite; parce que conserver celle-ci était son principal souci '. Mais avant d'attaquer les Sardes, il fallait écarter davantage les Autrichiens.

Il ne fallait pas s'attarder pour mener à bien cette opération capitale. Si, grâce à la fissure que la victoire de Monlenotte avait produite entre les coalisés, Bonaparte avait pu s'insinuer entre eux, il lui fallait en profiter pour dégager, en chassant l'armée piémontaise, les vallées des deuxBormida et celle du Belbo avant un retour offensif toujours à redouter de la part de l'armée autrichienne. On pouvait craindre en effet que Colli, dégarnissant Ceva par un coup hardi, accourût, avec le gros de ses forces, contre notre flanc gauche, en môme temps que Beaulieu, détrompé, se porterait en toute hâte, d'Acqui, au secours de son lieutenant Argenteau. Il fallait donc agir avec rapidité; il fallait, avant l'arrivée de tous renforts, refouler les Autrichiens assez loin et assez rudement pour qu'ils fussent quelque temps hors de cause, sans pouvoir prêter appui aux Sardes sur qui l'on concentrerait les forces françaises, et qui n'auraient plus d'autre alternative que celle de succomber dignement.

C'est ce double but que poursuivit et qu'atteignit Bonaparte par les combats de Millcsimo et de Dego qui, bien que livrés à deux jours d'intervalle, et chacun d'eux isolément, n'en conslituentpas moins une même série d'opérations concordantes*.

Toutefois, quelque nette et arrêtée que fût la décision de Bonaparte, quelque célérité qu'il apportât à son exécution, ce n'est qu'incomplètement que le plan put s'accomplir dans la journée du 13 avril. Ce fut, à pi'oprement parler, sinon une journée entièrement perdue, du moins une journée de préparation, presque de tâtonnement. La bataille de Millesimo, ou plutôt

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