Masséna, t. II, p
9. Bonaparte au Directoire, 15 avril 179G (Arch. G-) ; g»' PincHi, p. G29.
MILLESIMO ET COSSERIA. 275
couvert de sang'. On le croit mort; on l'emporte, et l'élan des siens se ralentit. Sa colonne « tourbillonne sur place- ».
Impressionnée par ce spectacle, la seconde colonne, 1" bataillon de la 4'^ et51<' de première formation ^, sous les ordres du général Banel, s'approche, l'arme au])ras, dans un morne silence *.Lefeu de l'ennemi redouble contre elle. Banel, l'héroïque Banel, un brave entre les braves de l'armée des Pyrénées, déjà blessé à Loano, est tué au pied des retranchements^,
La troisième colonne, 18« demi-brigade, n'est pas plus heureuse. Conduite par l'adjudant général Quenin , un colosse qui la domine de toute la tête, elle marche, résolue, mais la mort de son chef, frappé d'une balle au cœur, la déconcerte et elle recule.
On entraîne de nouveau les hommes: l""" bataillon de la 4' de ligne, 11° et 27" légères, 18" et ancienne SI'' demi-brigades ". Le même feu plongeant, meurtrier, brise l'élan des soldats qui ne parviennent pas à escalader la butte et voient s'entasser morts et blessés. En moins d'un quart d'heure, 300 morts et 600 blessés jonchent le sol\
Le chef de la 18« demi-brigade, l'intrépide savoisien Riondet est tué; le chef de bataillon Suchet prend le commandement *. Les chefs de bataillon Serre et Arnaud, de la 4" demi-brigade, sont blessés».
1. Tliiers, cuclin à tout dramatiser, dit qu'il fut frappé d'une balle, et Victoires et Conquêtes répètent après lui qu'il reçut un couj) de feu à la tùte. Mais tous les tèmoiijnages les contredisent. Masséna (t. II, p. 31) constate qu'il fut atteint de deux coups de pierre à la tète, au inomeut où il escaladait les murailles avec trois grenadiers ; Jomini (p. 77), dit « que deux coups de pierre le firent tomber sans connaissance et rouler au bas du glacis»; le c' Krebs (t. II, p. 392), adopte cette version plus vraiseniblal)le et écrit qu'il fut frappé d'une pierre au front et tomba évanoui. L'Historique de la 11" légère est d'ailleurs très informé et très aflirmatif sur ce point. Il constate que Joubert fut « frappé par un large caillou », et tomba dans les bras du lieut' Mallerat qui avait en vain tenté de le retenir et eut son cbapeau percé de balles. Le sergent-major Liège ou Mége, de la 11», fut tué, au même instant, en s'élancant dans l'enceinte de Gosseria.