Historique de la 18» demi-brigade (Arcli. G
KILLESIMO ET COSSERIA
Aprôs ce sanglant assaut, aussi infructueux que le premier, boucherie aussi stérile, la fusillade continue, mais par intermittence, et avec plus ou moins d'intensité, les cartouches manquant aux Piémontais. Elle se prolonge pourtant jusqu'à la nuit, sans but comme sans issue. Les Français sont désunis par ces attaques sans ensemble, sur un terrain découvert, où ils ont semé tant des leurs'. Aux approches du soir, Augereau somma une troisième fois Proverade se rendre. Celui-ci refusa de nouveau, et Augereau finit d'ailleurs par consentir avec Provera une suspension d'armes de deux heures, afin de ramasser les blessés". Provera en profita pour formuler de nouvelles propositions : « Je me suis décidé à céder le poste aux conditions suivantes : retourner avec ma troupe, armes et bagages, et les honneurs de la guerre, dans nos foyers ». C'est dans le fond, à peu de chose près, la répétition délayée du refus opposé le matin aux sommations de Bonaparte. Augereau ne peut qu'ajourner sa réponse au lendemain, et se contente de faire relever ses nombreux blessés. Pendant cet instant d'accalmie, soldats piémontais et français fraternisèrent, les assaillants partageant leur biscuit et l'eau avec les assiégés affamés^; secourant avec humanité, dans leurs ambulances, leurs ennemis blessés*; démontrant ainsi que les deux nations étaient faites pour s'aimer et s'aider et que, seul, le sénile aveuglement du roi avait pu les contraindre à en venir aux mains.
La nuit descend enfin sur ce champ de carnage. Augereau fait élever des retranchements et épaulements en tonneaux, barricader les chemins, amener des obusiers à mi-portée de fusil ^, tant on
1. L'assaut fut donni, mais avec peu d'ensemble, on s'amusa à se fusiller; quelques braves non soutenus escaladèrent les murs et l'attaque manqua (Historique de la 48 légère; Arch. G.).
2. Cette suspension aurait été offerte par Provera, d'après Pinelli, Rûstow, elc.