‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 273 sur 622 · Historique de la 32» (Arcb. G · texte numérisé non relu

Historique de la 32» (Arcb. G

6. G' Krebs, p. 398. L'Historique de la 4» légère confirme que l'attaque de Dego, à laquelle elle assista des hauteurs de Carretto, eut lieu « à l'entrée de la nuit ".

". G' Krebs, p. 398.

8. Jomini (t. Vlll, p. 80) et après lui, l'ouvrage Victoirea et Conquêtes, (t. V, p. 181), disent que La Harpe passa par Gagna; il est peu admissible qu'il fût allé faire un aussi long détour pour rejoindre la Bormida, il a dû ne pas s'écarter plus loin que la ligne du bric Botta, afin de se défiler des batteries autrichiennes. Sans doute même a-t-il hardiment suivi le chemin à découvert qui par le Pianale escalade Sopra Via.

soit par le Pianale, d'où elle contourne la butte de Sopra Via et redescend sur les bords de la rivière en face des rampes de Villa del Piano.

La Harpe place trois pièces de 8 en batterie au hameau de Bormida, sous la garde d'un bataillon de la 51«, en met trois autres sur la hauteur de Sopra Via*, et continue sa marche. Arrivée dans les prairies qui bordent le torrent Bormiola à son confluent dans la Bormida, la division La Harpe se fractionne en trois minces colonnes. Plaçant en réserve le 1" bataillon de la 75% l'adjudant général Boyer- prend le commandement de la colonne de gauche formée du 3« bataillon de cette demi-brigade. A droite, le général Causse, qu'accompagne Marmont^, aide de camp du général en chef, conduit deux bataillons de la 51° forts de 1,500 à 1,G00 h., tandis qu'au centre Cervoni avec 900 h. du 2« bataillon de la 75Me relie à la colonne Boyer. A l'extrême gauche encore sont les cavaliers de Stengel, 400 chasseurs ou dragons*.

CescolonnesfranchissentàguélaBormida, près dePraMarenco, avec de l'eau jusqu'à la ceinture, et une fois sur l'autre rive se forment en bataillon carré entre le Pré de la Rivière et la chapelle Saint-Roch. Du castello une pièce tire sur elles, mais les trois pièces postées à bonne portée, à Bormida, lui répondent et facilitent l'attaque de Masséna et de La Harpe. Pleines d'entrain, la colonne de Gausse se jette au pas de charge, sans tirer, sur Villa del Piano et l'emporte; celle de Cervoni gravit, alerte et rapide, les sentiers escarpés des coteaux et couronne le sommet du bric Rosso, puis toutes deux abordent de concert la redoute principale au bric Casan et l'enlèvent avec vigueur, sans hésiter. Le lieutenant Meuroux, de la 51% bien que deux fois blessé, entra le

1. L'une d'elles fut démontée par la ijrcmiére volée de canon ennemi; récit de Bcntabole (Arcli. G.) qui dit à toit que c'est Masséna ([ui fit disposer ces pièces, et que c'est aussi Masséna qui dirigea î'atta(|ue de La Har|)e par la rive gauche.

2. <( Joli jeune liomme, agréable tournure, vit'. » (Notes du g»' Dcsaix, Areh. G.). Cet adjudant général était chef d'état-niajor de la division La Harpe. Boyer (Henri- Jacques-Jean), était né à Sarlat (Dordogne), le 24 juin HG?. Chef du 6» bataillon des Côtes, puis adjudant général du 6 nov. 1793 (16 brumaire an II), il devint général de brigade, le 29 août 1803, baron de l'Empire et mourut à La Combed'Estabre (Dordogne), le 18 nov. 1828. Pinelli (p. 63o) l'appelle improprement « brigadier «.

3. C'est du moins ce que raconte Marmo;it (t. I", p. 158), mais son témoignage est fort suspect d'inexactitude; car il ajoute qu'à, ce même moment Augereau attaquait Cosseria, et qu'il alla le lendemain assister Augereau. En outie, il place l'attaque de Dego au 12 avril, ce qui rendrait impossible sa présence à Cosseria le 13 ou le 14; Il est vrai qu'il fixe au 13 avril la date de l'assaut de Cosseria. On voit que les souvenirs de Marmont, recueillis longtemps après les événements, sont dépourvus de netteté et de précis.on.

4. 200 chasseurs du 25«, d'après le ci Krebs, (p. 398, note 2); du 22», d'après les Mémoires de Masséna. L'Hisiorique du 25» chasseurs (Arch. G.) n'en parle pas; celui du 22» chasseuis, au contraire, signale la présence du régiment à Dego. Voir aussi lettre du com-' Tiouble, 15 avril (Arch. G.) où il est dit « le 5« dragons et le 2« chasseurs poursuivent vivement l'ennemi ».

premier dans les retranchements; le sergent-major Paradis, qui tenait le drapeau, courait en avant des rangs et animait ses camarades par son exemple '.

Les Austro-Sardes débordés, chassés de partout, lâchent pied et se précipitent sur la roule de Spigno. Seul, le régiment de la Marine fait bonne contenance et arrête un moment la poursuite; il gagne ensuite les bois au delà du ruisseau de Laburio. A la fin, il rend les armes au commandant Soulès, du 3° bataillon de laol% qui le cerne dans sa retraite-. Emportés par leur ardeur, les soldats massacrent au castello quelques soldats de Gyulai qui, ayant pillé les i'eimes des environs, pris de vin, refusent de se rendre. La panique est générale etse traduit par une complète débandade.

A ce moment surviennent de Spigno plusieurs bataillons envoyés par Argenteau. La Harpe et Boyer se jettent sur eux de front, tandis que les premiers éclaireurs de Masséna les fusillent de flanc. Ils sont enveloppés dans la défaite générale, et ceux qui peuvent s'enfuir courent à Montaldo où se précipitent les débris de la garnison de Dego ^.

Les fuyards s'écoulent vers le ravin délie Cascinelle d'où ils comptent rejoindre Montaldo ou Squanelo. Mais les carabiniers, grenadiers et chasseurs de Rondeau, postés aux Pini, les y accueillent à coups de fusil. La cavalerie, qui a devancé la maixhc de la dernière colonne, fond sur leur flanc et les sabre. La colonne Boyer elle-même débouche à son tour sur les derrières de la position, cernant les défenseurs en déroute qui sont retardés dans leur course, les chemins étant encombrés parles canons et les convois. Ils sont pris presque en entier, ainsi que toute l'arlilleric restée dans les retranchements*. Ceux qui échappent ne se rallient que sur le mamelon de Scazzone, sur la route de Squaneto.

1. Iiistori(|ue de la 51° (Arch. G.); capit"» Painvin, p. 18 4; le lieut' Meurou::, Mouioiix ou .Meurou lut tué capitaine à Aréole.

2. l'iécit de Bcntabole (Arch. G.); capit"» Painvin, p. 184; le com»' Soulès est le futur général et sénateur. « Etat-major, musique, artillerie, équipages, tout l'ut enlevé. »

3. C'Puistow, p. 81; g«i Pinelli, p. 636; g»' Jomini, p. 81. Lep;. Piuma (p. 30 à 33) confond toutes les dates et tous les corps, et son récit n'est guère compréhensible. D'ajirès lui, le bataillon de Tcutchmcister (qu'il appelle Zeichmester ou Zeick Menster) celui du major Zwistcr, qui fut blessé, aurait résisté une heure au moins et se serait retiré à la nuit close, avec les bagages, à Monte-Alto. 11 y aurait rencontré deux bataillons de Wilhem Schr<ider venus d'Acqui à marches forcées qui purent s'insinuer dans la place avant la nuit. A 11 h. du soir, il aurait était réveillé par les chefs des deux autres coips, le c' de .Montferiat et le chef du 3» bat'" de Teulchmeister qui arrivait directement de Vienne. Ils auraient prévenu à Pareto Argenteau ([ui donna au colonel l'ordre d'aller à Dego où il arriva le lendemain matin sans accident, et au major du 3* bat'"' d'attendre et de se reposer à Monte-Alto. — Ce récit du p. Piuma n'est admissible qu'autant qu'on le placerait a la date du 13 avril et non à celle du 14; mais alors Pium.i n'aui'ait jins, comme il l'aflirme, assisté à Dego au premier combat, puisqu'il en serait parti le soir du 12 ou du 13.

4. C Kr. hs, p. '.i'JS et 30'J; récit <Ie Bcntabole (Arch. G.); lettre du g»' Cervoni, du 29 août 18(!o (Arch. G., dossier 117-I-A) où cet oflicier général commet une erreur en

Est-ce àce moment seulement que survinrent de Spigno les rcnlorts autrichiens qui, le malin du 14avril, n'avaient pas encore paru'? Ne se produisit-il pas d'autre intervention que celle des trois bataillons que Rondeau bouscula si énergiquenient au bric del Caret? Argenteau en personne amena-t-il les secours promis ou se conflna-t-il dans son Isolement à Pareto? La confusion est si grande dans la diversité des témoignages qu'il est délicat de se prononcer-. Ce qui semble le plus probable, c'est qu'Argenteau ne parut pas sur le champ de bataille et que les renforts qu'il y dirigea tardivement, qu'ils soient tombés, soit en pleine attaque, soit en pleine déroute, partagèrent le sort de ceux qu'ils venaient secourir.

La victoire des Français était complète =*. Grâce à l'agilité de leurs évolutions, à leur absence d'hésitation devant les obstacles, et au trouble des Austro-Sardes, leur pei'te fut très minime; elle se ciiinVc par 200 morts, la plupart tombés devant la redoute du bric Casan*.

imlifiuant la colonne Causse h gaurlie, et Boyer ;ï droite; c'est l'inverse ainsi qu'il ressort de l'itinéraire suivi par cliai|ue colonne. Urcit du coni"' Parigot (Areli. G., dossier H7-I), incomplet. D'après Pinelli (p. G34 et 635) et Riistow (p. 80), Causse se si'iait dirifié « sur le point où la j^auclie se liait au centre». Les récils du combat de DcL'o, même celui des Mémoires de Massénn, et la narration fiuasi-ollicielle de lieiitaljole, manquent de clarté et contiennent d'assez nombi'euses contradictions qui en auiimentent encore l'obscurité. Les plus vraisemblables et les plus exactes tout à la t'ois sont assurément celles, un peu sèches cependant, de Jomini et de M. le c' Krebs (juc nous avons suivies de préférence. Ainsi Bentabole oublie la division La Harpe, repartit Meynier en trois colonnes, etc.

1. Deux bataillons sardes, un autrichien; 1,400 h., d'après Riistow, p. 79 ; à 2 h. après-midi, ils n'étaient pas encore arrivés.

2. Jomini; Pinelli; le g"' Kocli, l'auteur des Mémoires de Masséna, admettent riiypotlicse de la présence de d'.Vrgenteau à la tôte de ses renforts; le c' Krebs ne se prononce pas. Le p. Piuma dit qu'il fut « aussi lâche à Dego qu'à Montenotte » et qu'après avoir assisté à la fuite des siens, il serait aller coucher à Spigno, ses troupes débandées poussant .jus(|u'à Bistagno. Riistow admet cependant qu'il aurait inarclié à la tête de deux bataillons, 6 à 700 li., par le ruisseau de Valla et qu'il serait arrivé le combat fini. Il en serait néanmoins résulté un court combat à la suite duquel sou corps dispersé aurait reculé jusqu'à Terzo (p. 81). D'après Rustow, il y aurait eu dans la .journée du 14, trois engagements distincts, isolés, où trois corps ennemis auraii'ut été battus à tour de rùlc : 1" les débris de Rukavina et Nesslinger dans Dego ; 2» le détachement accouru de Spigno; 3» Argenteau et ses renforts. La thèse n'est nullement invraisemblable, bien qu'il semble que les trois phases se soient mélangées et n'aient pas été aussi distinctes l'une de l'autre que le pense Riistow.

3. Quoi qu'en dise le p. Piuma, qui d'ailleurs brouille tout, confond tout, et qui afiirme (p. 30; qu'il est resté à Dego toute la journée et que la canonnade dura jusqu'à la nuit sans que les Français l'eussent emporté.

4. 11 est diflicile de faire la distinction entre les pertes dos deux combats de Dego; la plupart des Historiques portent en bloc le chiffre des deux journées; la seconde fut d'ailleurs, de beaucoup, la plus meurtrière. Ce chilfre de 200 est celui donné dans le récit de Bentabole (.\rcti. G.). La 32» n'eût que 6 blessés. Le bataillou fioudeau aurait eu 2 officiers blessés (Historique 4» légère).

Quant au bulin, il était considérable. On avait conquis cinq drapeaux, dont trois pris par des soldats de la 3'2« '. Seize canons attelés, 24 chariots de munition, et en outre trois pièces à mulets, avec 12 mulets porteurs de cartouches tombaient entre les mains du vainqueur 2. Quant aux prisonniers, colonel Avogadro, majors Larisse et Vitale, du régiment de la Marine, en tête, leur nombre s'élevait à plus de 4,000 ^. Les Autrichiens et les Sardes laissaient en outre plus de 400 morts, la plupart du corps franc de Gyulai* ; perte minime en somme, ce qui est dii sans doute à ce qu' « une sorte de terreur panique leur avait fait prendre la fuite avant môme d'avoir été sérieusement attaqués ^ ». La cavalerie, chasseurs et dragons, se mit à leurs trousses, et presque sans pertes '^, l'amassa de nombreux prisonniers. La Harpe lui-même se jeta à la poursuite des fuyards débandés et ne s'arrêta qu'à bout de forces % à plus de 3 lieues vers Spigno. Vignolle et Murât se distinguèrent également dans cette journée.

C'était bien fêter l'anniversaire de la victoire de Cérisoles, presque dans les mêmes lieux^. Aussi, le commissaire Saliceti,

1. G'i Roquet, p. 227; le sergent Gimicz, le grenadier Fabre, léclaircur Canibon, prirent cliacun un diapeau (Historique de la .'i2«, Aich. G.). D'autre paît, nous avons vu qiu' la n» légère en prit également deux. Enfin, aux Arcli. de la G., 15 avril, existe le reçu d'une somme de 192 livres accordée au sergent Bajolle, et à 3 volontaires (Tliùlinict et 2 autres ne sachant signer), du 3» bat»" de la 90» (31«) en récompense (le quatre drapeaux pris /tier sur l'ennemi, et qu'ils ont apportés. L'Historique de la 51» (Arcli. G.) indique également quatre drapeaux pris, mais donne d'autres noms, Mclousse, Gilleron, Jales, Linnois, Estase. Le capit'" Painvin dans son llislorique du 51" régiment d'infanterie (p. 184) donne encore d'autres noms: le caporal Marianne, les soldats Taulinet (sans doute le Tliolimet ci-dessus), Bérard, Maiieron, Jo|j, aidés par Melousse, Gilleron, Jales, Linnois, Extase.

2. Etat dressé à Carcare, le 15 avril; signé Sugny et Andréossy (Arcli. G.). — PinoUi (p. G36) et Jomini ne comptent que treize canons et cinq caissons. Les Mémoi7'es de Masséna (p. 33) indiquent dix-huit canons et vingt caissons.

3. Pinelli (p. 630) dit 2,500 prisonniers, dont GOO Pii'niontais. Les Mémoires de Masséna disent 5,000; le récit de Bentabole (Arch. G.) dit 1,500 h. tués, blessés ou pris. Bonaparte (à Augereau, 15 avril, Arch. G.), dit (i,000 h., vingt-deux canons. L'ordre du jour de Vignolle, dit aussi 6,000 h., mais vingt-neuf canons (Arch. G.). Le tableau olliciel tranche le débat. Sur 8,939 prisonniers faits depuis le 12 avril, il y en a 4,373, dont 280 ofliciers, pris le premier jour de Dego; 1,200 le second joui (Beithier à Clarke, 17 avril; Arch. G.).

Page 1