‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 281 sur 622 · G»'Pinelli, p. G · texte numérisé non relu

G»'Pinelli, p. G

2. Le rùcit du lient' Bentabole, adopté par le c' Krel)s (p. 400), dit même qu'ils précipitèrent cette batterie dans la rivière ; mais il n'en fut rien, puis(iue, peu d'heures après, h la reprise de Dego, ces deux pièces furent les seules que purent mettre en batterie les Fiançais.

3. L'absence de Masséna d'au milieu de ses soldats a donné lieu à bien des controverses. Les uns (SOgui'j l'ont accusé d'avoir été passer la nuit dans les bras d'une femme, l'épouse ou la maîtresse d'iin des officiers piémontais faits prisonniers la veille; d'autres (Marbot) d'avoir préféré son bien-être ou un « joyeux souper » à son devoir, ou d'avoir voulu se livrer sans frein au pillage. D'aucuns l'ont excusé, Paulinier de Fontenille, en disant qu'il était allé conférer, avec Bonaparte et par son ordre, à Cairo. L'auteur des Mémoires de Masséna ne touche aucunement cette (|uestion. Il est dès lors bien diflicile de tirer au clair l'accusation, et de discerner (|ui a raison des détracteurs de Masséna, tels que Trulard, d'après Marbot et Ségur, ou de ses défenseurs. Ce qui demeure acquis, c'est que .Masséna était à Cairo lors de l'attaque, et non à Dego. Mais cette absence était licite sans doute, excusable tout au moins, puis(|ue Bonaparte ne sévit point ; peut-être au surplus la victoire lui lit-elle oublier ses justes griefs.

0ni)eut dans tous les cas tenir pour erronée la médisance, pour ne pas dire la calomnie, contenue au milieu d'un fatras d'invraisemblances, dans Marbot (t. III, p. 9), aussi; bien que celle des i)ié;Moi/'es de Ségur (t. I", p. 204), rééditée parTrolard (t, I«',p.43). Dans un cas comme dans l'autre, Masséna serait resté la nuit à Dego, et se serait sauvé presque nu, se laissant glisser n à la ramasse », comme les contrebandiers, et les soldats l'aui'aicnt accueilli de leurs buées ou de leurs sarcasmes. Or, il est avéré qu'il était à Cairo. Le g«' Itoguct, à qui on fait jouer un rôle dans cet épisode, n'en souffle pas mot dans le récit qu'il donne de Dego, dans ses Mémoires (t. I", p. 229 et 230). Pourtant Marbot invoque son témoignage et celui des généraux Albert et Sonlès.

' 4. Cl r.iistow, p. 84; g'i Pinelli, p. 638. — Le c> Krebs (p. 401) dit à 10 li. du matin.

impossible de lutter contre ce flot et de rallier si près de l'ennemi des troupes ainsi bouleversées. Il a failli être pris. Il se voit d'ailleurs sur le point d'être tourné par sa gaucbe, et il ordonne aux adjudants géuéraux et à ses aides de camp de diriger les bandes de fugitifs dans la plaine, jusqu'à 3 kilomètres de Dego '. Il les rassemble ensuite sur ce même mamelon du Coletto où Bonaparte les a harangués la veille en leur annonçant la prise de Cosseria, et il s'efforce de remettre de l'ordre dans les rangs.

Cependant la pluie a cessé et le temps s'est remis au beau*. Il est alors à peu près 2 heures de l'après-midi ■". C'est donc aux mêmes heures que la veille, sur les mêmes lieux, dans le même ordre, qu'on va combattre encore.

Masséna a pu, en un quart d'heure, ramasser à peu près 4,000 h.* sur le plateau, entre le Coletto et la villa Frassone. Il leur parle avec chaleur dans une vigoureuse alloculion, leur reproche amèrement leur couardise, leur fait honte de leur fuite désordonnée, les insulte. Puis, quand il les voit un peu réconfortés, « riant de leur déroute », désireux d'effacer leur humiliante conduite, « prêts à laver l'affront fait à leurs armes », il ordonne l'attaque de Dego ^

D'autre part, Bonaparte a prescrit à la division La Harpe, cheminant déjà vers Montezemolo, de suspendre ce mouvement et de rétrograder en toute hâte sur Dego. On ignore en effet la force réelle et la position de l'ennemi et, à ne juger que par le résultat de son irruption soudaine et par sa contenance résolue, on peut supposer son nombre beaucoup plus considérable; on peut croire très étendu le terrain qu'il occupe autour de Dego.

En attendant que La Harpe, qui accourt à marche forcée, puisse entrer en ligne, Masséna entame le combat. Il ne tente point de renouveler le grand mouvement tournant par l'aile droite qui lui a réussi la veille et concentre ses troupes sur le village même de Dego et sur Magliani. Une centaine d'éclaireurs volontaires lancés

i. Masséna, p. 36.

2. Récit Paulinier de Fontenille (Arch. G.) ; Masséna, p. 36.

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