‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 283 sur 622 · Masséna, p. 37, où il est dit à tort que c'était la · texte numérisé non relu

Masséna, p. 37, où il est dit à tort que c'était la

7. L'imagerie populaire aussi bien que la peinture; l'histoire aussi bien que les bulletins de Bonaparte, les chroniques et les Historiques, ont répandu à l'envi le récit de l'entrevue de Causse rapporté mortellement blessé avec Bonaparte qu'il rencontra. Ce récit qui a tout l'air d'une légende, ne peut être ni infirmé, ni confirmé. Il est possible que cette entrevue ait eu lieu, et que la blessure de Causse si grave qu'elle ait été, ne l'ait pas empêché d'échanger quelques mots avec le général en chef. Comme celui-ci se tenait près du pont de Dego, et qu'on emporta Causse

3iO BONAPARTE EN ITALIE

demande- t-il à Bonaparte qui survient. « Oui », répond celui-ci. « Alors, je meurs content ! Vive la République ! » Ses soldats intimidés à cette vue et salués sans relâche par la mitraille, s'arrêtent, chancellent, puis se dispersent. Le colonel Lezeny saisit le moment et prononce sur la 51" ébranlée une vigoureuse charge à la baïonnette qui la repousse sur Villa del Piano et sur le castollo '. Son vieux chef, Lafon, est fait prisonnier ' dans l'échaufl'ourée, abandonné de ses hommes qui fuient jusque Vermenano, semant au penchant de la colhne de nombreux morts ou blessés^.

Bonaparte, vers 1 heure de l'après-midi*, aperçoit cette débandade et « pour masquer cet échec =* », il lance audacieusement sa cavalerie par Vermenano et la pousse jusqu'à la chapelle Saint-Roch, où elle se déploie tandis que les fuyards se rallient en arrière. Bonaparte fait avancer également la brigade Victor avec la 18° '^ qui constituait la réserve. Le général Cervoni entre à son tour en ligne. Avec quelques hommes choisis, il s'approche pai' un des ravins où il se blottit, afin de détourner sur lui l'attention des ennemis et s'empare du bric Rosso où il demeure inébranlable'.

La 51", revenue de son émoi, se reforme, et « précédée d'un essaim de tirailleurs ** » réoccupe, avec l'aide de la 48% Villa del Piano, où elle délivre son chef prisonnier.

Les Autrichiens sont refoulés dans la redoute de Casan où rien ne les abat et ils tiennent toujours à Magliani. En vain Masséna s'avance au pas de charge par la grande route ; en vain

vers Roclietta, leur rencontre n'a rien d'iinpossiljle. On assure que Causse mourut, peu d'instants après, en traversant le Colletto; d'autres disent ([u'il expira dans la soirée, dans l'église paroissiale de Roohetta au monment où l'on pansait sa plaie. Le p. Piuina reinarque malicieusement (p. 52) que Causse n'aurait pas tenu le langage qu'on lui jjrète, s'il avait pu savoir que quatre années plus tard, le général à i|ui il confiait ses vœux suprêmes j)our la République, devait abattre cette môme République et par la suite se proclamer Empereur.

INous signalerons, au sujet de cette entrevue de Causse et de Bonaiiarte, un excellent tableau de M. Boutiguy au Salon de 18'J6.

Page 1