‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 286 sur 622 · C Krebs, p · texte numérisé non relu

C Krebs, p

3. Historitiuede la 4« légère (alors 8") ; c' Krebs, p. 403. — La 4« légère avait erré le 14 entre Cosseria et Cairo, et n'était rentrée à son bivouac de Cairo qu'à 10 h. du matin, après une marche de nuit où les guides s'égaraient à clia(|uc pas, où 30 h. avaient roulé dans les ravins. Les soldats nettoyaient leurs armes, quand, à midi, avant la distribution des vivres, la générale battit et ils filèrent aussitôt (Historique 4» légère; Arch. G.).

4. Le fait d'armes de Destaing, coutumier de semblables exploits, est hautement revendiqué par la 4» légère dans son Historique (Arch. G.). Cependant Bonaparte

Ménard se rabat aussitôt à gauche surMagliani. C'est le moment où Cervoni, ayant groupé la 75«, sort du chemin creux qui l'abritait, surgit à l'arme blanche sur le parapet de la redoute du bric Casan ; où la 51*, mal remise encore de son émotion, déboite avec Lannes de derj-ière la cavalerie et, s'élevant par gradins, recommence l'assaut. Masséna, à l'aspect du « balancement '» de ses colonnes, appelle en soutien le général Dommartin et deux bataillons de la 25® placés jusqu'alors en réserve à Carretto. Il reforme la 32», la 14« provisoire, en rangs serrés, puis sautant à bas de son cheval, se mêlant aux soldats qu'il exhorte, à qui il reproche leur peu de persévérance, il se met à leur tôte et les entraîne en avant. Il « francliit d'un seul bond la zone meurtrière ^» qui le sépare du village de Magliani, y pénètre, enlève à la baïonnette le Monte-Girolo et le bric del Groppo, où il se ren-

(K;ipport au Directoire, de Carcare, IG avril, Ari-li. G.) en attribue exrlusivemcnt et injustement riionnenr à l'adj»' g»' Lanusse, poui- lequel il réclame et obtient le grade de général en remplacement de Causse. Ce déni de justice est fait sans doute pour étayer la proposition de Bonaparte. L'Historique de la 4» légère alTirme que I^anusse ne parut qu'après la victoire ; ajoutons qu'il y coopéra, mais laissons en le principal mérite à Destaing. Saliceti cependant exalte aussi Lanusse (Salicetl au Directoire, n avril; Arcli. G.).

Cette même affaire de Dego fut marquée par une autre usurpation du mAme genre. Thiers ne veut entendre parler ni de Destaing, ni de Lanusse. et entraîné par sa partialité bien connue pour Lannes, il lui en reporte tout l'honneur. D'après Thiers, c'est à Dego que Bonaparte aurait pour la première fois remarqué Lannes et l'aurait fait colonel sur le champ de bataille. Il est possible que ce fTit à Dego que Bonaparte remarqua Lannes pour la piemière tois, bien qu'il se fût distingué cinq jours avant à "Voltri et trois jours avant à Montenotte. Mais il n'a pas pu le nommer colonel, d'abord parce que cette dénomination n'existait plus alors dans l'armée où elle était remplacée par celle de chef de brigade; en outre, et surtout parce que Lannes était déjà en possession de ce grade depuis le 25 déc. 1793, et était chef de la 10.5», depuis le 16 juin ITJ.j. Mais la 10.5* avait été fondue dans la IJi', et Lannes était alors sans emploi, « à la suite >'. comme Rampon à la 32», mais il n'en était pas moins titulaire de son grade. Quelques jours après, Bonaparte lui donna le commandement effectif de la 4° demi-brigade (alors 39"), dont le chef avait été tué sous Ceva, et ce fut tout. Ajoutons à la décharge de Thiers et de ses copistes que Napoléon dans ses Campaf/ries d'Italie dictées à Sainte-Hélène, a pris soin de propager et d'enjoliver encore l'héroïsme de Lannes et de Lanusse, ce qui ne nous empêche pas de dire que Lannes, aussi bien que Lanusse, aussi bien que Rampon, sont, dans l'espèce, tout bonnement de ces détrousseurs de gloire qui n'abondaient que trop dans l'armée d'Italie, favorisés qu'ils étaient par l'amitié et la complicité du général en chef. L'impartiale histoire ne doit pas sanctionner de tels actes. Si une aussi flagrante usurpation a été consacrée jusqu'à ce jour, c'est que Lannes laissa des fils puissants dont Thiers fut l'ami; Lanusse laissa un frère mort général en 1849; Rampon eut un fils député et sénateur; tandis queFornésy ne laissa que des filles non maiiées et restées obscures; Destaing fut tué en duel, prématurément enlevé, en 1801, sans laisser de postérité.

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