‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 302 sur 622 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

lui avait proposés à Alexandrie, un mois auparavant. C'était assurément espérer contre l'espérance et se repaître de pures illusions. A cette heure, Beaulieu, atterré, réfugié autour d'Acqui avec les débris de son armée, n'en devait plus bouger qu'en apprenant l'armistice que le vieux roi de Sardaigne se vit obligé de consentir par suite de la défection autrichienne. Pis que cela, c'était lui, Beaulieu, que personne ne menaçait, qui réclamait impérativement du secours à Colli, le suppliant d'accourir avec toute l'armée du roi, à l'heure même où Colli, par la faute de Beaulieu, allait avoir sur les bras toute l'armée française '.

Excellente pour y tenir deux ou trois jours afin d'assurer la coopération de Beaulieu parleBelbo et les Bormida, la position de Ceva devenait sans intérêt, si Beaulieu ne venait pas en couvrir la gauche prête à être tournée. Colli qui alors avait « des motifs de croire Beaulieu revenu à des idées plus raisonnables *», et n'avait sans doute pas encore reçu son appel désespéré, avait donc le devoir de se maintenir à Ceva jusqu'à Iheure où il lui serait démontré que sa jonction avec son allié était devenue impossible. Cette heure allait d'autant moins tarder à sonner que les mouvements de Bonaparte, s'enracinant solidement sur les contreforts du Belbo, prévenaient de ce côté toute offensive de la part des Impériaux.

Bonaparte s'impatientait même de n'avoir pu consommer plus tôt la séparation de ses deux adversaires en s'intercalant entre eux d'une manière incoercible. Arrêté le 13 par la résistance de Provera; paralysé le 14 par les craintes que lui inspirait l'at laque deDego ; immobilisé encore presque toute la journée du 13 par le coup de main de Wukassovich, Bonaparte avait hâte de couronner ces hauteurs deMonlezemolo, dont il avait marqué l'occupation pour la journée du 13, et dont il ignorait l'évacuation par Colli. Cependant Augereau, le malin du 15, s'était avancé sur Rocca Vignale;puis « assez tard dans l'aprês-midi », il attaqua Bellegarde à Montezemolo. Le combat fut court, l'arrière-garde pié-

1. C Krcbs, d'apiés la relation Mal.ausscna aux Archives de Breil; Tliaon de Revel, p. 333; le récit du lieut' Costa de Boaurcgard. Beaulieu aurait écrit à Colli: « ÎS'attondezpas plus loiii.'lenips; c'est le moment du salut ou de la perle de Beaulieu» (Krebs, p. 404, et note 3J.

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