‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 317 sur 622 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

6. G' Riistow, p. 87 ; « peu sûrement et relativement lentement »,

tenir soit un retour offensif de Beaulieu, soit quelque acte de duplicité des Génois. Il est obligé d'avoir sans cesse un œil sur la Bormida orientale, un autre sur le Tanaro ; il est rendu prudent par le second combat de Dego, et il n'a pu se décider à une résolution définitive avant d'être certain que ses plans ne seraient plus traversés à l'improviste par quelque entreprise autrichienne. Perplexe encore toute la journée du 16, où l'élan d'Augereau se brise contre les redoutes delà Pedaggiera, il laisse la division La Harpe évoluer sur les rives de l'Erro, avec la lA" demi-brigade, fouiller avec soin le village de Sassello, lever des contributions en vin, bétail et grains. Il fait écrire à Gènes par La Harpe, une lettre « un peu gasconne » que porte un exprès, où il exagère la force et les avantages de l'armée, de façon à décourager les oligarques génois de leurs velléités de trahison sur ses derrières. L'adjudant général Franceschi suit à la Rocchetta l'exploration de La Harpe, que Masséna, toujours à Dego, doit soutenir en cas de besoin. Si La Harpe est contraint à la retraite, il devra l'effectuer sur Montenotte-Inférieur auquel Bonaparte attache plus d'importance qu'à Dego. Masséna, d'ailleurs, ira jusque Squanello, tout en ne compromettant pas ses troupes, en ne s'avançant que par échelons en soutien les uns des autres; il est autorisé à lever des contributions jusqu'à 1,000 écus, et à requérir des moyens de transport. Stengel ariive ce môme jour, avec trois régiments, à Carcare, où il laissera le plus faible et portera les deux autres sur Cairo '.

Le IG au soir, ou, pour mieux dire, dans la nuit du 10 au 17, Franceschi lui rend compte qu'on n'a pas trouvé trace d'ennemis dans tous les parages par où l'armée autrichienne s'est retirée vers Acqui. Il est donc, le 17, rassuré de ce côté, mais en partie seulement, car il ne ramène La Harpe de Mioglio pas plus loia que sur Dego où, avec l'appui de la 51« (alors 99°), il gardera ce poste et ne poussera que des reconnaissances sur sa future direction vers Mombarcaro, comme vers Acqui et vers Montenotte. La brigade Victor reflue de Ponte-Invrea sur Cairo, où reste également Stengel, dans l'attente de ses autres régiments de cavalerie en marche pour rejoindre depuis la route de la Corniche. Toujours méfiant à l'égard de Gôues, Bonaparte ordonne au général Cervoni qu'il a nommé, la veille, commandant de la place de Savone*, de

1. Bonaparte à Massihia, La Harpe, Franceschi, Cervoui, Stengc!, du 16 avril 1796 (Roi;istre du chef d'état-uiajor, G 1(J: 33 ; Arch. G.).

2. Il l'a nommé le 16 commandant de place à Toulon, mais le 17 lise ravise et lui enjoint de prendre le commandement de la place do Savone, à la place de Marmet (sans doute Marnet, colonel du 22« chasseurs) « co qui retardera de quelques jours son voyage à Toulon » (Arch. G.J.

s'assurer si les Autrichiens ont évacué Voltri et dans ce cas, d'envoyer une centaine de cavaliers, avec des lauriers aux chapeaux, qui, commandés par un « homme sage et prudent » qui les maintiendra, pousseront vers Gênes propager le bruit des grandes victoires de l'armée française; d'envoyer en même temps une reconnaissance sur Stella et d'activer l'envoi de l'artillerie, de celle do siège notamment qu'on doit débarquer à Loano '.

Il juge ces précautions indispensables pour ce jour-là, et le il, il ne donne qu'à Masséna l'ordre de se porter sur Santa-Giulietta, où il prendra la brigade Dommartin avec la 25^, et arrivera à

2 heures de l'après-midi à Mombarcaro. Sérurier place 3,000 h. à Priero; 1,500 h. le plus près possible de Ceva, et avant

3 heures de l'après-midi, il effectue sa jonction avec Masséna par Mombarcaro et Castellino. Augereau, renforcé de la brigade Rusca, descend sur les bords du Tanaro. Bonaparte se sent assez confiant, d'ailleurs, pour quitter le quartier général de Carcare où il ne laisse qu'un détachement de la S5° et de la cavalerie que l'agent en chef des fourrages, Auzou, doit approvisionner. L'adjudant général Vial transporte à Millesimo le quartier général de l'armée sous la garde d'un régiment de cavalerie et de la 55« *. Le soir môme du 17, redoublant de confiance, il porte le quartier général plus loin, à Saliceto ^ toujours escorté par la 55^ et le 2û« chasseurs.

Le 18 avril, les divers mouvements prescrits s'accomplissent, et le général Stengel envoie à Priero, pour être mis sous les ordres de Sérurier, le général Beaumont avec tous les régiments de cavalerie parvenus à Cairo et à Carcare*. Ce n'est que le 18 également que la division La Harpe, s'achcminant par Santa- Giulietta et Mombarcaro, s'installe sur l'excellente position de San-Benedetto di Belbo, d'où elle commande la longue crête montueuse entre le Tanaro et la Bormida orientale, et empêche la jonction éventuelle de Beaulieu et de Colli.

Bonaparte peut du reste ne plus éprouver de craintes pour sa ligne de communication sur Savone ; il lui est désormais possible de changer sa base d'opérations, en la faisant passer parGaressio sur Albenga et par Bardineto sur Loano ;etmême par Ormea sur Oneille.

1. Bonaparte à La Harpe, Victor, Stengel, Cervoni, au chef de la 99», de la 5u«. Ordre aussi au g"' Diijard de préparer des pièces et emplacements pour battre le camp retranché de Ceva et la redoute de la Testa-Nera, 17 avril. (Registre du chef d'étaf-major, G. 16: 33: Arch. G.)

2. Bonaparte à Masséna, Sérurier, Rusca, Vial, 17 avril. (Registre du chef d'étatmajor, G 16: 33; Arch. G.)

3. Ordre aux généraux et ordonnateur en chef que le quartier général s'installe aujourd'hui à Sahceto, 17 avril. (Registre G 16: 33 ; Arch. G.)

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