‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 318 sur 622 · Ordre à Stengel, 18 avril. (Registre G 16: 33; Arch. G · texte numérisé non relu

Ordre à Stengel, 18 avril. (Registre G 16: 33; Arch. G

CCYA ET SAN-MICUELE 3+b

Pendant cette concentration à allures prudentes, le général Colli a eu tout le loisir de s'installer dans sa nouvelle position défensive sur la rive gauche de la Cursaglia. Cette position formait une sorte d'angle ou de redan, le sommet placé à San- Michele, angle dont les côtés étaient dessinés par les ailes. Un des points les plus importants de la ligne était la chapelle du Buon- Gesu, construite à 512 mètres de hauteur, au sommet d'une hutte escarpée, à cheval sur la route de San-Michele à Torre-Mondovi, dont les flancs parfois déchirés, parfois couverts de vignes ou de taillis de chênes, présentent un ohstacle redoutable. Une batterie postée au Buon-Gesu couvrait de projectiles le pont sur le torrent Casotto, croisait ses feux, sur le pont de la Cursaglia, au-dessous de San-Michele avec ceux de la batterie, placée aux Rocchini, au pied de la Bicocca ; elle commandait également les fermes dites dei Tetti di Casotto.

Le plateau de la Bicocca, haut de S90 mètres, formait l'obstacle principal. Il domine toute la chaîne des collines de la Cursaglia. Toutefois, ses pentes adoucies, couvertes de bruyères, le rendaient d'un accès facile, même à la cavalerie, si le cours torrentueux de la Cursaglia, et celui du Tanaro, aux bords à pic, ne constituaient pas en avant un fossé naturel, d'un abord presque infranchissable. Les sinuosités de ce torrent rapide, au lit encaissé et caillouteux, forment, plus encore que les hauteurs en ari-ière, un sérieux obstacle pour un assaut. Les escarpements des rochers de la rive gauche y correspondent précisément avec les points où l'étroite plaine de la rive droite s'abaisse en pente douce de façon à faciliter le passage de la rivière. Difficilement guéable, surtout au printemps, ce cours d'eau, large d'une dizaine de mètres, est ainsi rendu plus périlleux à franchir, puisque ses fortes rampes dominent la rive droite par où s'avançait l'armée française, et puisqu'on ne peut le traverser qu'en diagonale, en doublant par conséquent la longueur et le danger du trajet. Deux ponts de pierre seulement l'enjambaient; l'un à l'extrême droite de la position sarde, près de MoUine, l'autre en avant de Torre; plus au centre, deux autres ponts, l'un de bois, l'autre moitié pierre et moitié bois étaient jetés vis-à-vis San-Michele qui les domine, au sommet d'une pente de 202 mètres. C'étaient de

« méchants ponts », dont « les débouchés se trouvaient hérissés de batteries rasantes parfaitement disposées' ».

Sur la gauche coulait le Tanaro toujours rapide, à pleins bords en cette saison, presque impossible à traverser àgué. Le cours de la Mongia qui se jette dans, la Cursaglia à Lesegno, près du propre confluent de cette rivière dans le ïanaro, et le cours du torrent Casotto, qui se jette aussi dans la Cursaglia à peu près à la hauteur de Vico, traçaient un double fossé, en avant de celui, plus profond, que creusait la Cursaglia, roulant ses flots abondants et pressés^.

Colli avait rompu les ponts de Prata sur la Cursaglia et d" Arasai sur le Tanaro, et il avait disposé sa ligne de défense le long des hauteurs qui surplombent la tortueuse barrière naturelle de la Cursaglia. Elle s'étendait depuis le sanctuaire de la Madonna di Vico, à la naissance du torrent Ermena qui va se jeter dans l'EUero, jusqu'à la Niella-Tan aro, à l'ouest du confluent de la Cursaglia. Son quartier général était placé à San-Michele môme. L'aile droite^, sous le colonel chevalier Bellegarde, était en équerre face à l'Apennin et au débouché de la haute vallée delà Cursaglia, et face à ce torrent. Le colonel comte Mouroux était vers Molline, aux carrièi^es de Frabuzzi'. La neige, en avril 1796, persistait encore sur les derniers contreforts de l'Apennin qui s'abaissent vers San-Michele; aussi avait-on négligé de placer de l'artillerie sur ce point, tant on présumait que la présence des neiges empocherait toute tentative des Français. Sur l'autre rive de la Cursaglia, à Torre-Mondovi, le bataillon des chasseurs de Nice, occupait la crête. En arrière, le colonel Bellegarde, avec le régiment des Grenadiers-Royaux, était au sanctuaire môme de la Madonna, soutenu plus en arrière encore par le régiment des dragons du Roi du colonel marquis ChalTardon, campé sur l'Ermena. Une batterie, au bric Fajet*, commandait le pont de Torre et celui plus au Nord, près de la fabrique de verre et du confluent du Casotto.

A la chapelle du Buon-Gesu, le colonel Radicati di Primeglio, se tenait avec un bataillon de la Légion légère". Le général-major marquis Solaro dcUa Chiusa, occupait San-Michele même, avec

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