‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 319 sur 622 · Près de la source du ruisseau de Marzenasco · texte numérisé non relu

Près de la source du ruisseau de Marzenasco

6. D'après le c' Krebs (p. 412 et note S) il y aurait eu au Buon-Gesu non pas ua bataillon léger, mais deux bataillons de grenadiers Ghiusano, 412 h.

CEYA ET SAN-MICIIELE 347

le bataillon de grenadiers du capitaine Scotli. Les 8® et 9« bataillons de grenadiers (510 h.), sous les ordres du brigadier-colonel chevalier Dicliat, flanquaient San-Michele, épars sur les rives de la Cursaglia, dont ils dél'endaient le passage; une de leurs compagnies (la 2° du régiment suisse du Christ) installée dans le jardin de la casa Michelotti, avait percé des meurtrières dans les murs et enfilait de ses feux le pont sur la Cursaglia. Une batterie de quatre pièces, au lieu dit Aria del Cavallo, près du castello de San- Michele, tirait également sur les ponts de la Cursaglia, de concert avec les six pièces braquées au mamelon des Rocchini. Colli luimême se tenait sur le plateau de la Bicocca, avec une réserve de six bataillons ', dominant toute la plaine qui s'étend au pied de San-Michele jusqu'à Lesegno. Enfin deux bataillons de la Légion légère étaient jetés en avant sur les hauteurs de San-Paolo, entre les vallons de la Mongia et du Casotto, d'où ils avaient été délogés, le 17, par la marche en avant do la brigade MioUis, sur Serra et Pamparato, et où on les avait reportés, le 18, de MoUine et de Torre où ils s'étaient d'abord repliés ^

La batterie des Rocchini unissait la droite au centre qui, commandé par le général-major comte Vitale, garnissait le plateau dominant le confluent de la Cursaglia et du Tanaro, le village de Niella et les hameaux avoisinants du Castellazo et Madonna délie Casette, poussant ses avant-postes jusqu'à Prataet Lesegno^. Un régiment de cavalerie est en bataille à l'est de Niella*.

Quant à la gauche % sous le brigadier baron Brempt, avec les chasseurs de Colli, elle était trop loin pour être en mesure d'intervenir dans le combat, échelonnée depuis Cherasco jusqu'à Narzole, Briaglia et Carrù^ n'assurant sa liaison avec l'armée que

1. Deux bataillons de grenadiers de Varax, 331 h.; doux bataillons des Gardes, COO b.: un bataillon de La Tour, 182 li. ; un bataillon de Savoie, 2il h. ; total : 1,334 h. (c' Krebs, p. 412, note 4).

2. Le c' Krebs (p. 412, note 7) indique trois bataillons légers, à l'clTectif de 688 h., dont le 1=' bataillon serait arrivé de Limonc. Pour assurer la retraite de ces troupes, on avait conservé le pont de Torre sur la Cursaglia.

3. Le centre était fort, comme la droite, de 3,o00 li. environ; neuf à dix bataillons (deux d'Oneille, 480 h. ; deux de Stettler, 4o3 h. ; deux de pionniers, 341 b.; un de Savoie, 241 b. ; un ou deux des Grenadiers-Royaux, 157 ou 314 b. ; un de Mondovi ; 248 h.; total: 2,120 ou 2,277 b.); ils étaient sur les escarpements des rochers d'Arassi, cinq pièces de 8 battaient l'emplacement du pont détruit le 17 ; un bataillon de garnison autrichien, SOO h., et deux canons à Madonna dclle Casette; deux bataillons de Chablais, 440 h., sur les hauteurs de Castellazzo; des compagnies de chasseurs dispersées sur le front de ces troupes, le long de la rivière (c> Krebs, p. 412, note 1).

4. Piémont-Royal probablement venu de Mondovi, d'après le c' Krebs (p. 412, note 3l, ou aussi le régiment des dragons du Roi, arrivé de Saluées ; mais ce dernier est indiqué par le com°' Martinet, comme soutien de la droite, sur l'Ermcna.

3. 3 à 4,000 b., d'après la relation Malausséna; les pièces 299, 301, 308, des Arch. de Breil ; les Mémob'es de Thaon de Revel, p. 323 (c' Krebs, p. 411, note 3.)

6. Api'ès avoir couché, le 18, aux environs de ?<oveilo, elle avait passé le Tanaro au pont de Narzole; le régiment Royal-Allemand, 209 h., gardait Cherasco; les chasseurs de Colli, 337 h., occupaient Briaglia; les dix autres bataillons étaient deux

par deux compagnies de grenadiers Strassoldo qui gardaient le gué vis-à vis de La Bastia'.

De ce côté, Colli avait fait pratiquer sur les routes et les chemins de nombreuses coupures et y avait en outre disposé quelques canons. Cette position dont le front, de Vico à Niella, est d'environ dix mille pas, allait donc ôtre défendue par environ 8,000 hommes ^

L'aile droite seule et une partie du centre devaient ôtre sérieusement engagées; l'aile gauche que Colli avait eu d'abord l'heureuse pensée d'appeler en réserve à Briaglia, en arrière de la Bicocca, s'était, en vertu d'un contre-ordre, arrêtée à Carrù et allait se morfondre à défendre le cours inférieur du Tanaro que personne ne songeait à forcer.

A Mondovi enfin, pour protéger les vastes magasins de celte place, un bataillon du régiment de Tortone, et un millier de miliciens et d'hommes des compagnies franches, des cavaliers et des artilleurs* défendaient la ville et le fort*.

Bonaparte ne se rendait sans douto pas un compte exact de la solidité de la position de San-Michele et des difficultés qu'elle lui opposerait. Les eût-il connues qu'il n'en aurait pas moins prescrit l'attaque résolument. Rassuré en effet, pour quelque temps, par l'inaction de Beaulieu dans ces jours critiques où son intervention pouvait transformer la face des événements, mais préoccupé de

du rôgimeiit de Belgiojoso, 738 li. ; deux de Verceil, S93 h.; un ou deux de grenadiers, 321 11. ou 042 h. ; un ou un et demi d'Acqui, 2.j2 h. ou 38S li. ; un de Mondovi, 240 h.; un de Grenadiers-Royaux, 1^0 Ii.; une ou deux compagnies de gienadiers Strassoldo, 200 li ; une compagnie de Croates, 100 h.; deux compagnies de cliasseurs- Iraiics de La Roque, 100 h.; une compagnie de chasseurs d'Acqui, 69 h.; total: 3,154 li. ou 3,271 11. ; ils étaient répartis entre Piozzo et Carru; deux régiments de cavalerie, celui de Clialilais à Carru, celui de la Reine, entre Piozzo et JNarzole, surveillaient le cours du Tanaro, entre Narzole et l'emljouchure de l'Ellero. Le 19, la droite campait à JJovello, la gauclic vers Castello délia Volta; l'avaiit-garde avec le c' Colli à Monforte et Castello dei Meucci, se Haut par la Costera di Gavaragni ou Galvagni (c' Krebs, p 411, notes 3, 4, S et G). i. C Krebs, p. 411, note 7.

2. Le c' Riistow (p. 97) les évalue à 8,000 h.; le g»' Pinelli fp. 037) .'i 7,000 h. ; les rapports français à 12,000 b. ; le c' Krebs (p. 413) à 12 ou 13,000 b., mais il convient (p 413, note 2) que ce sont des ellectifs maxima. Si l'on ne tient compte que des combattants, déduction faite de l'aile gauche, le chiffre de 8,000 h. admis par Riistow semble assez exact.

3. Le bataillon de Tortone avait 309 h.; les cavaliers et artilleurs s'élevaient à 2,000 h. (c' Krebs, p. 413, note 2).

4. INous avons exposé l'emidacement des diverses troupes de Colli, d'après le c' Krebs, p. 411 à 413 ; le c' Rustow, p. 96 et 97 ; le g"i Pinelli, p. C48 à 650, et le récit du com"' Martiuel (Arch. G.; Mémoire 101).

défendre sa ligne d'opérations par Savone; sauvegardé au surplus par la présence de la division La Harpe sur ses derrières contre une incursion que Beaulieu, se i-avisant quoiqu'il fût bien tard, pouvait toujours l'isquer, le jeune général en chef se décidait à entamer l'exécution du plan qu'il nourrissait secrètement dès le début de la campagne, c'est-à-dire d'annihiler d'abord l'armée piémonlaise et d'amener le roi à se soumettre avant de se mettre àla poursuite des Autrichiens.

En tournant ainsi, de propos délibéré, le dos à l'armée autrichienne pour s'attacher exclusivement aux pas de l'armée sarde fugitive, Bonaparte se mettait volontairement en contradiction absolue avec les intentions clairement et prolixemcnt exprimées parle Directoire; avec les instructions précises et catégoriques de Carnot qui toutes n'avaient qu'un but: s'acharner après les Autrichiens, les anéantir et n'accorder de trêve qu'après leur entière expulsion de l'Italie.

Bonaparte, il faut bien le reconnaître, avait à cet égard une appréciation plus saine, une vue plus juste des hommes, des choses et des circonstances. L'acte de désobéissance formelle qu'il méditait de commettre se justifiait amplement à ses yeux par les considérations à la fois politiques et militaires les plus pressantes. Il lui apparaissait avec évidence que l'irruption d'une armée française en Piémont amènerait fatalement à composition le vieux roi de Sardaigne, déjà ébranlé et rendu méfiant sur les secours hypothétiques dont on le leurrait sans vergogne depuis si longtemps. Ce n'était pas un mince résultat que de délacher ce prince de la coalition, de priver l'Autiichc de cet allié, d'arracher à celte puissance, avant de se retourner contre elle, ce ferlilc territoire qu'elle convoitait plus qu'elle ne le défendait, et de l'acculer ainsi à combattre seule, sans appui, dans ces plaines de Lombardie, toutes frémissantes du joug étranger.

Ne pouvait-il légitimement espérer que le seul fait de la conclusion de la paix, ou même d'un long armistice avec le Piémont, contraindrait Beaulieu à évacuer aussitôt les parcelles du territoire piémontais qu'il détenait encore, pour aller se concentrcrderrière le Pô et le Tessin, dans cette Lombardie où le puissant génie militaire de son rival lui ménageait l'emploi de tant de ruses heureuses et de mouvements décisifs? Ne pouvait-il même escompter, dans ce cas, le concours des Piémontais, pour expulser Beaulieu de leurs états, si celui-ci ne le faisait pas de son plein gré? « Devancé par la terreur qu'inspiraient ses succès rapides, armé des foudres républicaines, désormais aussi redoutables en ses mains que celles du

Vatican le furent jadis entre celles des papes'», Bonaparte no pouvait-il pas entrevoir la réalisation prochaine, par un seul succès nouveau, de ses vues les plus ambitieuses?

Enfin, et ce n'était pas assurément chez Bonaparte la considération la moins déterminante, n'était-il pas dangereux, s'il se jetait de suite sur les Autricliiens, de laisser dans son dos cette vaillante armée sarde, dont il avait éprouvé la vigueur, prête à assaillir les Français à l'instant où ils se concentreraient contre les Autrichiens? L'armée sardo-piémon taise avait fait preuve dans les récentes rencontres, malgré quelques défaillances, de telles qualités militaires que cette crainte n'avait rien de chimérique, et que mieux valait s'exposer à courir le même risque devant Bcauliou dont l'inertie n'avait plus à être démontrée, que devant les Piémontais-.

Le général Bonaparte n'en était déjà plus à redouter de se mettre en opposition ouverte avec le Directoire et de contrevenir à SCS ordres les plus nets. Bien qu'il n'eût pas acquis l'assurance que lui donna, le mois suivant, la victoire de Lodi, fort peut-être de l'assentiment de son mentor et compère Saliceti, il n'hésita pas à enfreindre les prescriptions réitérées de Carnot et à poursuivre l'exécution du plan, beaucoup plus fécond en résultats immédiats, qu'il avait conçu.

Dans la nuit du 18 au \9 avril, il donna l'ordre de forcer la position de San-Michele^. C'est la division Sérurierqui cette fois devait essuyer le feu. On l'a vue, le 17, occuper Momhasiglio; le 18, elle avait franchi la Mongia; le soir du même jour Stengel avait tenté avec 400 husssards de traverser le Tanaro aux environs de Lcsegno, mais les eaux du fleuve grossies par les pluies et la fonte des neiges, lui opposèrent un obstacle infranchissable*. Bonaparte

Page 1