G' Riistow, p
enjoignit aux communes environnantes de rétalilir sur le Tanaro les ponls volants que Colii avait fait rompre après le passage de son armée. En même temps, Stengel revenant de Castellino sur Pi-iero, traversait le fleuve entre Nucetto et Ceva, afin de pouvoir déboucher par le Sud dans la plaine deLesegno, au lieu de le faire par le Nord. La division Augereau devait déboucher de Castellino contre le centre de l'armée sarde, à Niella, au confluent du Tanaro et delà Cursaglia, tandis que Sérurier, à qui incombait la tâche essentielle, devait débusquer l'aile droite piémontaise des positions de Molline et de San-Michele. Les douze ou quatorze escadrons de la cavalerie de Stengel parvenus au camp sont rangés sous les ordres de Sérurier et sous ceux de Beaumont pour courir, en cas de succès, intercepter les communications de Colli avec Mondovi. Masséna doit appuyer de Mombarcaro le mouvement d'Augereau, et la division La Harpe évolue sur les hauteurs de la vallée du Belbo guettant l'arrivée toujours à prévoir de forces autrichiennes. Augereau laisse un bataillon de la 23^', avec le général Dommartin au blocus du fort de Ceva que canonnent mollement quelques batteries de campagne^ quelques obusiers, postés sur les bries Bajoue et délia Faja; le reste de laSo'^ occupe la ligne de la Pedaggiera jusqu'à Murazzano pour relier Augereau à Masséna. La division laisse également 1,500 h. pour garder la ville de Ceva et seller avec Augereau, boucher la trouée vers Lesegno par des tirailleurs, et assurer avec Dommaitin la ligne de communications par Ormea*.
De même que l'aile gauche sarde, par une faute de Colli, demeura inactive le long du Tanaro, l'aile droite française sous Augereau et Masséna, qui devait attaquer le centre sarde à Niella, dut s'arrêter devant le cours du Tanaro gonflé par les neiges et le combat se traîna sur ce point en une longue et inutile fusillade.
La division Sérurier eut donc à supporter seule l'elTort de l'ennemi et la lutte revêtit de ce côté un caractère particulier de vivacité et d'acharnement. Il eût été plus sage d'attendre la coopération d'Augereau et de Masséna, et d'exploi-er avec soin le terrain. Mais Bonaparte, pressé de rattraper le temps perdu le 17 et le 18; impatient de refouler Colli toujours plus loin des secours de plus en plus douteux de Beaulieu ; faisant trop bon marché des obstacles que la nature lui opposait ; dédaignant
1. Lfi 3« bataillon de la 23» (alors 84»), fort de 900 h. Il y avait aussi les 17» et 29» lùirorcs (Historiques des corps ; Arcli. G.).
2. Bonaparte à Sérurier, Masséna, Augereau, Stengel, Donimarliii; 19 avril fArcli. G.l
l'avis que lui donna l'entrcpi-enant Stengel qui avait dû rétrograder devant les eaux profondes et tourbillonnantes du Tanaro, ou incomplètement éclairé sur les difficultés que cette humble rivière de la Cursaglia présentait à un passage de vive force ; Bonaparte ordonna l'attaque le 19 avril.
Sérurier partage sa division en deux colonnes, chacune d'environ 3,000 h., sous les généraux Fiorella et Guieu. Celle de droite' avec Fiorella* et Pelletier ^, s'avance de Lesegno* parles collines, entre le bric dcUe More et Corte, droit sur le pont de San-Michele. Elle est saluée, dès qu'elle paraît, par le feu des deux batteries postées à San-Michole et au castello, feu nourri qui redouble au fur et à mesure qu'elle se déploie. Sérurier, qui marchait à égale hauteur entre ses deux colonnes, à la tète d'une réserve =, appuie à droite pour soutenir Fiorella. Il s'avance par San-Paolo et Gandolfo, et s'y heurte aux grand'gardes, les trois bataillons de la Légion légère du lieutenant-colonel chevalier de Bellegarde, que commande le brigadier Civalero". Ces bataillons avaient été la veille ramenés sur la rive gauche de la Cursaglia par la timidité du général Solaro délia Cliiusa, et Colli, irrité de cette faiblesse, les avait reportés sur la live droite après avoir remplacé Délia Chiusa, « un général de cour, brave mais inexpérimenté' », par le brigadier Dichat. Les bataillons légers, debout dès l'aube, prévoyant l'attaque, ne l'attendaient plus et s'apprêtaient à manger la soupe, quand apparurent, vers 8 heures du matin, sur les hauteurs d'Ascheri les soldats de Sérurier et de Guieu. Ils jettent leurs gamelles ; leurs tirailleurs, à l'abri de nombreux châtaigniers, dirigent contre les Français une vive fusillade, assez mal ajustée d'ailleurs puisqu'elle ne tue que 8 hommes. Mais bientôt la batterie du Buon-Gesu se met de la partie et son feu efficace atteint les troupes de Guieu. Celles-ci cependant escaladent le bric délie Ciocche, et Bellegarde prescrit la retraite qui, malgré l'extrême ardeur de la poursuite de Séru-
i. Sans doute la 39« et la 83» (alors 46» et tiC") près de 3,000 h. seulement, parce que CCS deui demi-brigades sont encore incomplètes. Il dut y avoir aussi la 12* provisoire et la 22" légère (Historique; Arcli. G.).
2. « Brave homme, Corse, grand, belle figure et physionomie honnête, doux, bonnes façons » (Notes du g»' Dcsaix; Arch. G.).
3. 0 Assez igé, ligure ronde, yeux, noirs un peu enfoncés Sur la joue droite, une cicatrice profonde... lion collègue, mine un peu enjouée(Notes du g™' Desaix, Arch. G.).
4. D'après le g'i Pinelli, elle se serait portée de Mombasiglio, par Ascheri, sur Corte; l'itinéraire indi(jué par le c' Krebs paraît plus vraisemhïable, d'autant que la biigadc Fiorella n'a pas dû suivre le même chemin que la brigade Guieu sous peine de se gêner mutuellement.
:j. ]-cs grenadiers du la 39«, 3 à 400 h.
6. Civalero ou Civaleri, peut-être CIvalieri di Masio; le chevalier de Bellegarde ne doit pas être confondu avec le marquis de Bellegarde, colonel des Grenadiers-lloyaux, postés à Molline.