‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 348 sur 622 · Récit du com»' Marlinel (Arch. G · texte numérisé non relu

Récit du com»' Marlinel (Arch. G

Légion légère, cédant enfin aux assauts du général Guieu, abandonne LiGari, où le chevalier Asinara est tué. Les grenadiers de Varax-, assaillis dans leur retraite, par les demi-brigades de Meynier, dont les musiques jouent « l'air entraînant » de la Marseillaise, et menacés par de la cavalerie qui soutient Meynier, repassent le bric délia Giocca et se réfugient sous les murs de Mondovi ',

La résistance persiste encore sur un point; c'est au mamelon de Santa-Croce, bien que battu déjà par le flot des soldats de Bonaparte. CoUi veut profiter de l'obstination de ses défenseurs, ou du moins les dégager. Mais tous les corps de son armée sont si'bien morcelés, confondus; ils se pressent si éperdument sous le canon de la citadelle et vers les ponts; les routes sont tellement sillonnées de fuyards qu'il ne peut se faire entendre. Quelques troupes cependant ont encore une apparence de tenue et CoUi se propose de faire appel à leur dévouement. Elles ne doivent guère inspirer confiance ; ce sont les régiments de Belgiojoso et de Savoie, entraînés le matin dans la déroute de Vice, et encore sous l'impression de l'événement. Du reste, ce n'est plus seulement le désordre, c'est le pillage qui se déchaîne. Des soldats de tous les corps, surtout des chasseurs de Nice, se jettent pour piller dans les maisons; il faut faire feu sur eux pour les en empêcher. Cette fois, c'est bien fini, et l'infortuné général en chef, entièrement désemparé, prescrit d'évacuer le mamelon de Santa-Croce et fait fermer les portes de Mondovi que garde un piquet de dragons. Il s'abandonne alors au torrent des fuyards et passe à son tour l'EUero, sur le pont de Breo, n'ayant plus qu'une ombre d'armée où règne l'épouvante -.

Pendant la durée de cette chaude bataille, l'émoi était grand, on le conçoit, dans la population de Mondovi livrée à tous les hasards comme à tous les périls. Le gouverneur, le général chevalier Déliera di Corteranzo ^ avait eu l'imprudence, dès la

Page 1