Ibidem
Bon. 26
Certains chefs de corps étaient tellement écœurés par les scènes auxquelles ils assistaient, tels que le chef de hrigade Chambarlhac et le chef de bataillon Maugras', de la 7o% qu'ils voulaient démissionner-. Augereau, La Harpe, Sérurier éprouvaient le même découragement, le même dégoût.
Seule la division Augereau, la 4° demi-brigade en particulier, se faisait remarquer par son exacte discipline =.
Les populations pressurées, violentées, ne se faisaient pas faute de gémir ou de menacer. Le consul de Vico se plaignait qu'on ne respectât ni les personnes, ni les propriétés, et un notaire, retraçant les excès de tous genres des Français, assurait qu'une fois que les secours attendus seraient arrivés, on en ferait une « boucherie * ».
Il nest que temps d'aviser, de tenter de tarir la source du mal. Tout d'abord, il faut sévir. Bonaparte que les conclusions de Franceschi ont impressionné, se les approprie, et lance un ordre du jour sévère contre les pillards, édictant contre eux les mesures les plus rigoureuses*.
A vrai dire, ce n'est pas toute l'armée, ce n'est pas tant le vrai soldat combattant qui commet cet « horrible » pillage ; c'est surtout le mauvais soldat, le « mauvais sujet », maraudeur et poltron, qui se cache pendant la bataille et ne reparaît qu'après la victoire. C'est avec raison que Bonaparte s'en prend à ceux qui « restent en arrière du drapeau », et qu'il stigmatise « le lùche qui est toujours pillard ». « Il voit avec horreur le pillage affreux auquel se livrent des hommes pervers, qui n'arrivent à leurs corps qu'après la bataille pour se livrer aux excès les plus déshonorants pour l'armée et le nom français. »
C'est aux adjudants généraux, aux officiers, qu'il fait remonter l'origine du mal; il veut être renseigné par ses généraux sur leur moralité, surleur conduite. Sansplustarder, ilautorise lesgénéraux de division à destituer sur-le-champ, à arrêter, à emprisonner mème«, les officiers qui par leur exemple auraient autorisé le pillage. Il va plus loin ; il les autorise à faire fusiller officiers ou
\. (( Homme de trente ans, grand, mince, maigre de figure, peu d'expression, assez l)ou clief » (Notes du g»' Desaix; Arcli. G.). Antoine Maugras, né à Bellenot (Côte-d'Or), le 23 nov. 1768; clief du2« bataillon delà Côte-d'Or, 26 déc. 1793,pass'i à la H7« demi-brigade, puis à la 75"; chef provisoire de la To^, 21 déc. 1796 ; confirmé, 31 mai 1797.