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les hostilités pendant la durée des négociations'. Mais Tinvile était néanmoins formelle et Bonaparte ne s'y méprit point. Il sut toutefois dissimuler son contentement et fit toute la journée la sourde oreille, n'en poussant pas moins en avant les divisions Masséna, Augereau et Sérurier. Ce n'est que le soir du 23, à son arrivée à Carrù, qu'il se décida à répondre aux ouvertures de CoUi. Ce n'est pas qu'il éprouvât de bien gros scrupules à l'égard du Directoire, niqu'il redoutâtbeaucoup d'empiéter sur ses pouvoirs. Mais son acquiescement à la proposition de Colli entraînait la suspension de sa marche conquérante. Peut-être y avait-il là un piège qu'il fallait éventer. Il était tout au contraire très nécessaire de précipiter ses mouvements; de continuer, tant par l'occupation de nouveaux points stratégiques que par l'excitation des sentiments démocratiques dont les réfugiés piémontais lui avaient prédit l'existence, l'œuvre de terrorisation qu'il avait entreprise contre la Cour de Turin. Il était indispensable de redoubler par de nouvelles conquêtes l'elTarcment de cette Cour afin de l'amener à subir, pieds et poings liés, les conditions qu'il méditait de lui imposer. Il ne convenait point non plus de repousser absolument ces ouvertures séduisantes, et même il était sage de signifierà quelles conditions il consentirait à rechercher un terrain d'entente.
Bonaparte répondit donc à Colli avec toute la modcsiic, tout l'effacement d'un général entièrement subordonné au pouvoir civil et n'osant prendre sur lui une aussi grave détermination. «Le Directoire exécutif s'est réservé le droit de traiter de la paix; il faut donc que les plénipotentiaires du roi, votre maître, se rendent à Paris, ou attendent à Gênes, ceux que le gouvernement français pourrait y envoyer-. »
Puis, sans toutefois décliner la suspension d'armes, et tout en laissant entendre que le Directoire se montrerait « raisonnable » avec le j'oi, Bonaparte déclara qu'il ne pouvait « sur des présomptions vagues )3, renoncer Ix'névolcmcnt aux bénéfices de sa position et arrêter sa marche. Il ajouta que pour « épargner une elfusion de sang inutile et dès lors contraire à la raison », il se prêterait, si l'on mettait en son pouvoir « deux des trois forteresses de Coni, de Tortone et d'Alexandrie, à votre choix », à attendre, sans hostilités, l'issue des négociations qui pourraient s'entamer.
C'était suffisamment froid et dilatoire dans la forme et précis