milles de Piémont (g-' Pinelli, p
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donner à sa gauche une extension considérable, ainsi que dans son désir de conserver un lien avec le corps du prince de Carignan. Il allait d'ailleurs être sous peu contraint de la resserrer sous la pression de Bonaparte.
La mission de Tliaon de Revel et de Tonso à Gènes n'avait pas abouti à un résultat plus pralique que la démarche de Colli. Ils étaient arrivés à Gênes, le 23 avril au matin, et s'étaient incontinent rendus, toujours escortés d'Ulloa, chez le chevalier Lagi'ua, 3Iinistre d'Espagne. Celui-ci les mit en rapport avec Faipoult, mais, soit que Faipoult, ayant prévu le cas, se fût mis à l'avance d'accord avec Bonaparte sur le sens des réponses à faire aux propositions du gouvernement sarde, soit que la médiation de d'Ulloa n'ait pas exercé sur lui une influence heureuse ', il opposa à Rcvel et à Tonso une fin de non-recevoir presque identique à celle que Bonaparte opposa le même jour à CoUi. Les deux plénipotentiaires quittèrent Gênes le 25 au matin, laissant au chevalier Nomis de Cossilla, ministre de Victor-Amédée à Gènes, des instructions éventuelles pour le cas où Faipoult se raviserait. En passant à Acqui, où était le quartier général de Beaulieu, ils voulurent s'entretenir avec lui et trouvèrent le vieux généralissime fort mécontent de l'attitude de la Cour de Turin. Il avait appris, sans doute par Drake, les décisions prises au Conseil du 21 avril. Le roi, sans attendre même l'issue des pourparlers engagés à la fois à Gènes et par Colli, lui avait du reste écrit pour l'informer qu'en présence de son inaction, il se voyait dans la nécessité de signer un armistice et de demander la paix. Beaulieu en avait ressenti « une vive irritation » et Thaon de Revel qui put la constater ne fut pas peu surpris d'entendre Beaulieu, à l'heure même où le Piémont était acculé par sa faute aux plus douloureuses résolutions, penser plutôt à s'en partager les dépouilles avec les Français, en s'emparant par surprise d'Alexandrie, ainsi que de Tortone et de Valenza, au heu de songer à le secourir. Revel envoya un courrier, bride abattue, porter à Turin l'avis des étranges dispositions de cet allié sur lequel on avait tant compté. Lui-même rentrait à Turin, le 20 avril dans la soirée, moins mortifié peut-être de son échec diplomatique que des singuliers sentiments dont avait fait montre Beaulieu *.
1. Les Pi('montais ont accusé Ulloa, f(m leur ntail pourtant tout dévoué, d'avoir trop laissé voir à Faipoult le désir du roi d'avoir la paix et d'avoir ainsi indirectcnieiit empêché les Français d'accorder des contlitions plus douces pour le Piémont ig"' Pinelli, p. 609). On pensera avec raison qu'il est fort douteux que Bonaparte en eût accoiili' dauties.