Henri Marmonier, p. i
4 Reconnue par tous, même par le c' Riistow (p. 110) plutôt favorable aux Autrichiens, qui constate que du 13 au 23 avril, Beaulieu n'a pas bougé, alors que CuUi soutint une demi-douzaine de combats pendant ces huit jours.
Si Beauliou l'avait voulu, il aurait pu se mettre en route deux jours plus tôt et son arrivée à Cherasco, le 23, aurait changé la face des événements. Sans être une forteresse de premier ordre, Cherasco était une ville « très forte ' ». Sa position au confluent de la Stura et du Tanaro en rehaussait Timportance ; son « enceinte bastionnée, très bien palissadée et fraisée - » , armée de vingthuit pièces de calibre, protégeait des magasins immenses', ainsi que la ville, jolie bien que trop géométriquement régulière. Avec le renfort qu'amenait Bcaulieu, Golli aurait pu tenter, non sans quelques chances de succès, la défense de ce poste.
Le 2o avril (6 floréal), vers 8 heures du matin, quand l'avantgarde de Masséna apparut vers la chapelle San-Giacomo, culbutant les avant-postes, et que la division Augcrcau, qui avait exécuté une marche de nuit, couronna, avant le jour, avec toute son artillerie, guidée par le général Dujard et par Marmont, les hauteurs de la rive droite ùLa Morra, s'apprêtant à canonner la place, le brigadier Brempt, se voyant près d'être investi, s'empressa de se conformer aux instructions de Golli *. Déjà un détachement posté à Santa-Vittoria, sous les ordres du capitaine Signoris di Buronzo ^, « effrayé de son isolement au milieu des colonnes françaises qui lui sont signalées de tous côtés" », s'est replié sur Sommariva-Perno, rompant ainsi la communication avec Alba. Brempt fait alors passer la Stura à sa ti'oupe, cavalerie en tête ' se dirigeant sur Bra. A 11 heures, les Français font leur entrée en ville, après quelques volées de canon parties des remparts ".
Le gouverneur de Gherasco, un Suisse, plus faible que traître, laissé, parait-il, sans ordres, ni même sans aucun avis, par Golli,
i. Bonaparte à La Harpe, 26 avril 1796 (Arcli. G.).